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Nouvelles canadiennes

Un Nobel « de littérature »

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Dès qu’il a appris que le prix Nobel de littérature lui allait, jeudi 5 octobre, le Norvégien Jon Fosse, 64 ans, a voulu donner du sens au choix de l’Académie suédoise. « C’est une récompense pour une littérature qui se veut avant tout littérature, sans aucune autre considération », note-t-il dans un communiqué. Aucune autre intention, en effet, que de servir son art chez cet auteur d’un « un travail immense (…), qui consiste en une somme de pièces de théâtre, de romans, de recueils de poésie, d’essais, de livres pour enfants et de traductions », comme le rappellent les jurés.

Pour preuve, son dernier roman, L’autre nom, une « septologie » dont les deux premières parties ont été publiées en France en 2021 (1). Dans ces 500 pages qui consistent en une seule phrase ponctuée uniquement de virgules, l’ancrage du récit dans le temps – quelques heures – et dans l’espace – la côte sud-ouest de la Norvège – importe peu.

Ce qui compte, c’est le flux de conscience d’Asle, peintre et personnage principal, que le lecteur suit de près dans la découverte de son homonyme, seul et alcoolique, qui vit dans la grande ville voisine. Est-ce l’empathie qu’il développe pour son double, l’homme qu’il aurait pu être ? – et les questions que soulève cette découverte sur la transcendance, le salut et l’altérité. C’est la foi de ce héros catholique comme de son auteur qui, né dans une famille d’inspiration piétiste, s’est converti au catholicisme en 2013.

« Ce n’est pas un roman porté par une intrigue mais par un langage, des ressassés, un souffle, explique Jean Mattern, directeur éditorial chez Christian Bourgois. C’est ce qui est unique chez Jon Fosse. »

Auteur d’une trentaine de pièces de théâtre, Jon Fosse, qui a commencé à écrire à 24 ans après des études littéraires, accède à la notoriété en Europe dès 1999. Cette année-là, le Français Claude Régy met en scène Quelqu’un viendra au théâtre des Amandiers. Une étape décisive pour celui qui deviendra l’auteur dramatique le plus joué du Vieux Continent, bien qu’il reste peu lu, notamment en France. En 2003, Isabelle Carré joue dans Et la nuit chante, au Théâtre du Rond-Point. En 2010, Patrice Chéreau réalise Rêve d’automne au Louvre, dans le salon Denain.

Ses textes peuvent paraître difficiles d’accès. « On est dans une économie de mots très forte, des textes très fins avec des dialogues qui se résument à »oui, non, mais » et ses personnages n’ont pas de noms mais des fonctions, » concède Claire Stavaux, sa rédactrice à L’Arche. Mais c’est très fluide si on se laisse emporter. »

Un avis partagé par le traducteur de L’autre nomJean-Baptiste Coursaud : « D’un point de vue linguistique, ce n’est pas une langue difficile. Il fonctionne avec un lexique réduit à l’essentiel et avec un langage immédiat. Le traduire, c’est désapprendre à traduire et renoncer à l’effet. Mais ce n’est pas non plus un système de pensée compliqué. Il faut se laisser captiver par sa voix, c’est comme une incantation, une prière. »

La présence, l’absence, la mémoire, l’intangible sont ses thèmes favoris, moins directement énoncés que suggérés par ses écrits dans « un langage épuré, répétitif et minimaliste »continue Claire Stavaux. « Cela donne une voix au silence et une présence à la solitude. » Une profondeur métaphysique qui assure une dimension fortement intemporelle et universelle à son œuvre.

Alors que les pronostics misaient sur la romancière russe et opposante au Kremlin Lioudmila Oulitskaïa, l’Académie a-t-elle pour autant renoncé à un prix politique en choisissant Jon Fosse ? « Pour moi, c’est un auteur politique, estime Claire Stavaux. Il s’agit de l’humain dans le corps social, même minime : la famille, le quartier. N’est-ce pas l’essentiel ? »

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