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Nouvelles canadiennes

Un bâtiment inondé à plusieurs reprises, construit dans le lit d’un ancien ruisseau

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Le Square Cartier, un projet de la Société d’habitation et de développement de Montréal, a été inondé pas moins de dix fois depuis sa construction, dont quatre cet été lors de pluies torrentielles.

Changement climatique, densification urbaine : plusieurs causes peuvent être en jeu. Le projet de loi a également découvert que le bâtiment avait été construit sur un ancien cours d’eau, avec l’autorisation de la Ville.

Et ce sont les copropriétaires qui en paient le prix : leur immeuble n’est plus assurable. Rien qu’en 2022, ils ont payé collectivement 750 000 $ pour payer les réparations.

Lors de pluies torrentielles, l’eau s’écoule violemment de la rue jusqu’au rez-de-jardin, en plus de refouler à l’intérieur des appartements du 1451, rue Parthenais, transformant les douches et les lavabos en mini-geysers.

Corvée collective pour les habitants, qui doivent vider l’eau des couloirs.

Photo : Jonathan Mitchell

Armés de pelles, les habitants doivent à chaque fois pousser l’eau dans les couloirs, parfois en pleine nuit. L’opération est devenue une triste routine.

Pour le dire franchement, c’est vraiment de la merde qui arrive, donc c’est très désagréable et très difficile à vivre.

Certains égouts du quartier ont plus de 120 ans, ce qui explique en partie le problème. La ville peut envoyer un camion pour les vider en cas de tempête, mais il est souvent trop tard pour arrêter l’eau.

Cependant, les autres bâtiments du quartier ne sont pas nécessairement inondés à chaque fois. Pour quoi?

L'eau s'écoule de la rue jusqu'au rez-de-jardin, puis par les portes et fenêtres du bâtiment.

L’eau s’écoule de la rue jusqu’au rez-de-jardin, puis par les portes et fenêtres du bâtiment.

Photo : Jonathan Mitchell

Une explication possible est enfouie dans les archives de la Ville de Montréal : le Square Cartier a été construit dans le lit du ruisseau Saint-Martin, qui coulait autrefois dans ce secteur avant d’être comblé vers 1870.

Cette information n’a pas été prise en compte par les autorités municipales qui ont autorisé, en 2007, la construction de rez-de-jardin à cet endroit car, à l’époque, l’étude hydrologique n’était pas une étape obligatoire pour l’obtention d’un permis.

Un facteur aggravant, selon l’expert en hydrologie urbaine Jean Luc Martel. Ce sont des événements météorologiques qui dépassent la capacité du réseau. On a donc des ruissellements de surface qui s’accumulent. Et malheureusement, le bâtiment se trouve dans un endroit particulièrement vulnérable.

1451, rue Parthenais, à Montréal.

1451, rue Parthenais, à Montréal.

Photo : Radio-Canada

Un projet phare

Le Square Cartier était pourtant un projet phare de la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), la branche immobilière de la Ville. Sa conception est alors fortement médiatisée, car le projet était censé redynamiser le quartier industriel de Sainte-Marie, autrefois surnommé le Faubourg à m’lasse.

L’objectif était aussi d’offrir des condos abordables. Or, c’est tout le contraire qui s’est produit, explique Daniel Vaudrin, qui siège au conseil d’administration du syndicat des copropriétaires. Pour effectuer les réparations nécessaires, le syndicat a dû imposer des cotisations spéciales allant de 3 000 $ à 10 000 $ par unité.

Il y a des gens qui vont dans les banques alimentaires pour se procurer de la nourriture. C’est vraiment difficiledit-il à bout de nerfs.

Un homme d’une cinquantaine d’années debout dans un condo jonché d’objets.

Juan Munizaga est complètement désemparé par les inondations répétées de son condo.

Photo : Radio-Canada

C’est ridicule. On vit comme des animaux, dans l’inconnu, dans le désordrepoursuit Juan Munizaga, dont l’appartement n’avait pas été réparé lors de notre visite. Nous ne pouvons pas nettoyer, car qu’allons-nous nettoyer, le ciment ?

Quelques portes plus loin, chez Mélissa Salija, le sous-sol est condamné. Les sacs en plastique lui servent de garde-robe, par crainte d’une inondation qui pourrait survenir à tout moment.

Impossible de dormir car les murs sont encore ouverts. On a de la poussière, des bruits des voisins, déplore-t-elle. Depuis notre visite en mai, l’appartement de Mme Salija a été inondé à plusieurs reprises.

Une femme debout dans une pièce complètement détruite par une inondation.

Melisa Salija implore la Ville de Montréal d’intervenir.

Photo : Radio-Canada

À court d’options

SHDM rejette toute responsabilité, puisqu’il n’est pas responsable de la conception ou de la construction des bâtiments, qui sont confiés à un promoteur-entrepreneurqui, de son côté, avait la responsabilité d’obtenir les autorisations et les permis de construire de la Ville et de s’assurer que le bâtiment est conforme aux normes en vigueursoutient le porte-parole du SHDMJustin Serra, par email.

Il est toutefois impossible de poursuivre l’entrepreneur engagé à l’époque par le SHDM : Construction Beau-Design a fait faillite peu après la construction de l’immeuble et ses propriétaires sont aujourd’hui décédés.

Livrés à eux-mêmes, les résidents actuels tentent depuis des années de rendre leur immeuble résilient en installant des clapets anti-retour, en surélevant les armoires de cuisine et en remplaçant les planchers de bois par des carreaux de céramique, moins perméables.

Tout cela à nos frais. Combien cela coûtera-t-il de se protéger de la Ville ? s’interroge Daniel Vaudrin, qui anticipe que tant que les problèmes d’égouts ne seront pas résolus, l’eau reviendra les hanter.

Un homme, l’air découragé, tient un parapluie devant un terrain vague.

Daniel Vaudrin siège au conseil d’administration du Syndicat des copropriétaires du 1451, Parthenais.

Photo : Radio-Canada

Selon un rapport d’expert indépendant rédigé après l’une des inondations de 2020 et obtenu par Le projet de loi, le bâtiment est conforme aux codes du bâtiment. C’est une surcharge du système d’aqueduc de la Ville qui est la cause la plus probable du sinistre, dans ce cas précis.

Pour obtenir réparation, les copropriétaires ont donc déposé un recours contre la Ville.

L’administration Plante, qui conteste cela, a refusé de nous accorder une entrevue à ce sujet, malgré des demandes répétées.

De leur côté, les copropriétaires du 1451, rue Parthenais ont interrogé à plusieurs reprises les élus sur le sujet. Interrogée par Melisa Salija lors d’un conseil municipal en octobre dernier, sa conseillère d’arrondissement, Sophie Mauzerolle, a répondu que la situation échappait au contrôle des élus.

C’est terrible de devoir vous dire ça, mais je préfère être transparent. On sait qu’avec le changement climatique, ce risque d’épisodes va devenir de plus en plus fréquent.

Les élus de la Ville ont toutefois reconnu lors d’autres rencontres qu’une conduite d’eau principale datant de la fin des années 1800 devait être changée près du Square Cartier, ce qui réduirait les risques d’inondation de 50 %. Ces travaux, d’une valeur d’au moins 30 millions de dollars, n’ont toujours pas démarré.

Impasse

Les copropriétaires ont tenté de proposer d’autres solutions à la Ville, comme la construction d’un parc inondable à proximité pour récupérer les eaux de pluie. Cette solution est utilisée ailleurs à Montréal, mais aucun terrain ne serait disponible près du 1451, rue Parthenais.

Mercredi dernier, la mairesse Valérie Plante annonçait qu’elle envisageait de transformer les rues de la métropole en rues d’éponges pour améliorer la perméabilité des sols, sans préciser quels secteurs seront ciblés.

Il y a des endroits dans la ville où, chaque fois qu’il pleut, ils sont inondés. Je dois changer de territoire, je ne peux pas le laisser pareil, ils ne sont plus assurables. C’est incroyablement triste de voir des gens venir pleurer dans un conseil de quartiera déclaré le maire lors d’un événement du Conseil des relations internationales de Montréal.

Pendant ce temps, la construction a explosé dans le secteur Sainte-Marie ces dernières années et d’autres bâtiments ont été inondés. L’expert en sinistre embauché par le syndicat des copropriétaires, Linda Collin, parle d’une impasse.

On se retrouve avec une densification en hauteur, qui va multiplier le nombre d’occupants pour un même quartier. Il est donc évident que le système ne peut pas fournir. Tant que la Ville n’apporte pas de changements, ce sont les copropriétaires qui devront investir pour se protéger davantage.elle croit.

Une femme à lunettes dans un couloir tenant un cartable.

Linda Collin est une experte en réclamations de copropriété.

Photo : Radio-Canada

Devenus compagnons d’infortune, les copropriétaires attendent avec impatience la prochaine crue. Certains ont vécu pendant des mois dans des appartements moisis et ne l’ont découvert qu’au début des travaux de réparation.

Qu’allons nous faire? Je ne sais paslaisse tomber Juan Munizaga. Nous ne pouvons pas vendre, avec tous ces incidents qui surviennent. Nous sommes pognées ici.

Avec la collaboration de Carole Pelka, Nancy Desjardins et Andrée-Anne Perreault

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