Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Nouvelles canadiennes

Un atterrissage en douceur… ou brutal ?

[ad_1]

Il y a ces experts, menés par l’investisseur François Trahan, qui prédisent le pire : une grave récession, une chute des marchés de 35% d’ici deux ans, notamment. Et nombreux sont les autres économistes qui parlent d’un simple atterrissage en douceur, les États-Unis étant même sur le point, selon eux, d’éviter la récession. Qui a raison alors ?

Difficile de trancher puisque le contexte économique est particulièrement complexe à décrypter depuis les bouleversements provoqués par la pandémie. Et la plupart des experts se trompent et sous-estiment les incertitudes et l’ampleur des événements imprévus.

Selon Sylvain Leduc, vice-président de la Réserve fédérale de San Francisco, en visite Zone économique Lundi soir, aux Etats-Unis, il y a eu un très grand changement en termes de perspectives au cours de la dernière année. L’économie, comme nous le constatons, se porte très bien. L’inflation a diminué de moitié depuis juin 2022. Une amélioration donc bien concrète, sans qu’elle n’ait créé de pertes d’emplois majeures aux Etats-Unis..

Selon lui, l’économie américaine pourrait très bien éviter la récession et, pour reprendre l’expression conventionnelle, un atterrissage en douceur est le scénario le plus probable. Autrement dit, l’économie ralentit ou, au pire, atteint un point de stagnation, avec une légère hausse du chômage, l’inflation revient à 2% et le soleil continue de bien briller.

Les marchés tirent la sonnette d’alarme

Toutefois, les marchés financiers envoient des signaux différents. L’inquiétude est palpable. Les actions sont en baisse depuis la mi-septembre, de 6 à 8 %. Les gains du Dow Jones et du TSX en 2023 ont été complètement effacés. Si l’on exclut les sept plus grandes entreprises du S&P 500 (Amazon, Meta, Alphabet, Nvidia, Microsoft, Apple et Tesla), la croissance du marché américain est tout simplement nulle.

De plus, les taux obligataires augmentent. Les taux d’intérêt sur les obligations d’une durée de 10 ou 30 ans sont à leur plus haut niveau depuis 2007, les acteurs du marché s’attendant à ce que les taux d’intérêt restent élevés encore plus longtemps, en raison de l’inflation persistante.

Un cycliste passe devant le bâtiment de la Réserve fédérale à Washington, DC, États-Unis. (Photo d’archives)

Photo : Reuters / CHRIS WATTIE

Le taux des obligations à 10 ans aux Etats-Unis est passé de 3,3 à 4,74% en seulement six mois. Au Canada, il est passé de 2,75 à 4,15 % au cours de la même période. Le taux à 30 ans aux Etats-Unis a touché 5% pour la première fois depuis 16 ans. Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, insiste depuis un certain temps sur le fait que nous devons nous préparer à vivre plus longtemps avec des taux plus élevés.

Quand on regarde les prévisions de la Fed, a encore déclaré lundi Sylvain Leduc, nous prévoyons peut-être augmenter les taux de 25 points de base supplémentaires, peut-être d’ici la fin de l’année, selon les données.

Le principal problème reste une inflation élevée. Alors que l’inflation n’est pas assez faible et que les attentes inflationnistes des entreprises et des particuliers restent élevées, les banques centrales restent ouvertes à l’idée d’augmenter encore leurs taux d’intérêt. C’est vrai aux États-Unis et c’est encore une possibilité du côté canadien.

En laissant entendre que les taux pourraient encore augmenter, les banques centrales cherchent à provoquer un ralentissement plus important de la demande afin de faire baisser les prix. Mais cela pourrait provoquer une récession qui serait plus profonde, plus longue et plus dure.

Nicolas Vincent, gouverneur adjoint de la Banque du Canada, a déclaré, lors d’une conférence à Montréal mardi, que les entreprises ont aussi une part de responsabilité en matière d’inflation en augmentant leurs prix plus souvent qu’auparavant. Il existe un risque de cercle vicieux si tous les maillons de la chaîne de production s’influencent mutuellement et continuent de se mettre sous pression.

Des attentes auto-réalisatrices

Le problème fondamental réside donc dans la possibilité d’un désancrage des anticipations inflationnistes. Autrement dit, si l’on s’attend à des prix élevés, les entreprises proposent des prix élevés, puisque la demande reste là. L’anticipation de prix élevés alimente l’inflation. Cette inflation auto-réalisatrice alimente ainsi une forme de spirale inflationniste, dont il devient difficile de sortir.

Dans ces circonstances, l’inflation ne revenant pas à 2%, il ne devrait pas être surprenant que nous puissions avoir de nouvelles hausses du taux directeur au Canada, même si l’économie ralentitnous a confié, mardi soir, l’économiste et sénateur indépendant Clément Gignac Zone économique.

Rien de rassurant, sachant que la quasi-totalité des emprunteurs devront renouveler leur contrat hypothécaire d’ici 2026 au Canada. Comme l’expliquait cette semaine le professeur Paul Beaudry, ancien gouverneur adjoint de la Banque du Canada, les ménages doivent se préparer à un ajustement financier important lorsque les taux d’intérêt fixes et variables seront plus élevés que prévu.

Les économistes, qui prévoyaient des baisses de taux pour fin 2023, repoussent désormais leurs prévisions à 2024. Certains semblent penser qu’il faudrait même attendre jusqu’en 2025.

Des inégalités croissantes

Le problème avec les hausses de taux de la Banque du Canada, c’est qu’elles entraînent une augmentation des inégalités au pays.

Selon Statistique Canada, au deuxième trimestre de 2023, les ménages appartenant aux 40 % les plus pauvres ont vu la valeur nette de leurs actifs diminuer de 1,3 %. Parallèlement, les 20 % les plus riches ont vu leur valeur nette augmenter de 2,7 %. L’écart entre les plus riches et les moins aisés s’est creusé de 0,6 %, l’une des plus fortes augmentations de l’histoire.

Beaucoup de ménages parmi les plus riches n’ont plus ou n’ont jamais eu de prêt hypothécaire. La hausse des taux ne les concerne pas. Les ménages âgés de 35 à 55 ans sont à leur tour les plus touchés, car leur endettement augmente rapidement.

Plusieurs incertitudes…

À tout cela s’ajoute une série d’incertitudes qui pourraient faire chavirer l’économie :

  • L’incertitude politique sur le financement des activités de l’État par le Congrès américain ne fera que croître dans les semaines à venir, à 13 mois de l’élection présidentielle. Le républicain Kevin McCarthy, président déchu de la Chambre des représentants, s’est efforcé de trouver un accord permettant la poursuite du financement des activités de l’État. Son licenciement crée une incertitude pour l’avenir du Congrès.

  • Une éventuelle grève prolongée dans le secteur automobile est toujours une possibilité. De plus en plus de travailleurs sont en grève et bénéficient du soutien du président des États-Unis, Joe Biden.

  • Un prix du pétrole qui pourrait atteindre 100 dollars le baril semble possible dans les semaines à venir alors que les Russes et les Saoudiens réduisent leur production pour exercer une pression à la hausse sur les prix. La hausse du prix du pétrole est nécessairement inflationniste.

  • Le ralentissement de la Chine est en cours et va se poursuivre.

  • La baisse de l’épargne des citoyens et la chute de la confiance des consommateurs pourraient entraîner un ralentissement de la consommation.

Il n’est donc pas certain que le taux d’inflation puisse revenir rapidement à 2 %. Et il n’est pas sûr non plus, dans ces circonstances, que les banques centrales cesseront d’augmenter leurs taux.

Nous entrons dans une zone complexe où l’économie ralentit, où l’inflation reste élevée et où les ménages commencent à ressentir sérieusement les effets des hausses de taux depuis un an et demi. Cela signifie que l’atterrissage économique actuel pourrait être bien plus difficile que prévu.

[ad_2]
journalmetro

Back to top button