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Transat Jacques Vabre : l’esclavage, l’autre route vers le café

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La Transat Jacques Vabre, qui relie depuis 1993 Le Havre aux Antilles ou au continent américain selon les éditions, est aussi appelée « la Route du Café », en lien avec son sponsor ainsi qu’au parcours emprunté, proche de celui de le commerce triangulaire synonyme d’esclavage.

« Il y a 300 ans, un marin empruntait la Route du Café : le capitaine Gabriel De Clieu, à bord de son navire, deux petits caféiers, direction la Martinique », lit-on dans la communication de la Transat Jacques Vabre 2023. « L’un de ses sa descendance s’apprête à faire le même croisement, pour l’occasion, on lui a offert un caféier.

Une histoire mise en contexte par Anaïs Gernidos, guide touristique sur l’histoire coloniale du Havre et membre de l’association Mémoires et Partages. « Notre histoire en tant que peuple noir est invisible. Je n’ai rien contre le TJV ou les skippers, j’aime beaucoup l’ambiance, mais cette fête a pour but de faire croire qu’il n’y a pas de problèmes avec notre histoire.

« Le café est un esclavage, il fallait du travail gratuit. C’est un crime d’arracher les gens à leurs terres», répète-t-elle au bord du quai des Antilles au Havre, devant les monocoques prêts au départ.

« La Normandie a bénéficié du commerce triangulaire. Les débardeurs débarquaient le café sur les quais en face», raconte M.moi Gernidos, désignant les bâtiments en briques rouges réaménagés : « C’étaient des hangars pour le café, le coton, le tabac, le sucre… ».

« Crime »

Interrogé sur l’opportunité de célébrer ce parcours, le directeur général de la course, Gildas Gautier, intervient : « Je n’étais pas au courant de cette polémique, nous organisons un événement sportif, c’est une réalité, mais je » ne le sais pas. ont une grande connaissance de cette période », mentionne dans un paragraphe du dossier de presse de l’événement.

Egalement contactée, la marque de café Jacques Vabre n’a pas répondu.

Et Anaïs Gernidos souligne que « les esclaves ont enrichi les familles qui ont bâti leur prestige social et leur pouvoir politique sur ce crime. Maires, députés, chevaliers, les noms de ces familles sont honorés sur les plaques disposées dans les rues du Havre.

« Les dernières traces visibles au Havre » de cette histoire, selon Éric Saunier, maître de conférences en histoire moderne à l’université du Havre. Les maisons financées par le commerce triangulaire ont été détruites par les bombardements de 1944, « mais elles attirent toujours les touristes à Honfleur ».

En fait, toute la Haute-Normandie profite de ce commerce : « Les armateurs habitaient au Havre, les équipages des navires négriers à Honfleur, leurs financiers et assureurs à Rouen. »

« Les navires négriers quittaient le Havre vers les côtes africaines et l’Angola actuel pour une campagne de remplissage des navires, puis ils se dirigeaient vers les Petites Antilles, c’est-à-dire la Martinique et la Guadeloupe, mais surtout vers Domingue (Haïti) », rappelle l’historien.

Arrière-petite-fille d’esclave

« Le Havre a été choisi comme port de débouché français du café et une bourse mondiale du café s’y est créée au XIXe siècle.e siècle », explique l’enseignant, « au total on estime que près de 200 000 esclaves ont été « transformés » par les navires normands. Sur toute cette période, Le Havre est le deuxième port négrier de France, Honfleur le septième.

La mortalité est dramatique : « Elle est très variable, mais elle est estimée à environ 10 %, moins importante d’ailleurs que celle des marins blancs peu habitués au climat lors de la traversée, durant laquelle il a fallu préserver les esclaves, car ils étaient argent’.

Une fois sur place, les chiffres s’inversent. « A la plantation, en moyenne, l’espérance de vie d’un esclave est de sept ans », explique M. Saunier, « dans les raffineries surchauffées au rythme effréné, la mortalité est très très élevée, ils sont obligés de renouveler l’atelier chaque année ». .

« Si cette histoire me touche, c’est aussi parce que je suis originaire de Martinique, arrière-petite-fille d’esclave », conclut Anaïs Gernidos. « Tout au long de mon enfance, je me suis demandé d’où je venais, mais on ne le saura jamais. »



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