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Nouvelles canadiennes

sur le terrain, le travail minutieux des unités de prévention

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L’ordre du jour de la réunion est, forcément, bousculé par l’actualité. « Commençons par les perturbations survenues lundi lors des hommages »lance sans plus tarder le préfet Sébastien Jallet à la quinzaine de personnes réunies ce vendredi 20 octobre autour d’une grande table à la préfecture de l’Orne, à Alençon. « Un peu plus de 500 incidents » ont été enregistrés par le ministère de l’Éducation nationale lors de cérémonies organisées dans les écoles en l’honneur de Dominique Bernard, tué vendredi 13 octobre par un jeune radicalisé devant son lycée, et de Samuel Paty, assassiné trois ans plus tôt.

« Au niveau du département, nous avons quatre rapports, trois au collège et un en primaire », indique Delphine Maurouard, secrétaire générale des services départementaux de l’éducation nationale. Un élève  » a ri pendant la minute de silence, et a rétorqué « Je ne vais pas pleurer » quand on me réprimande » ; un autre a dit : « Il critiquait la religion, il la cherchait » à propos de Samuel Paty. Pour le cas de l’école primaire, une discussion a eu lieu avec l’élève. Pour les collégiens, des exclusions de deux à trois jours ont été prononcées. « Ce sont des comportements inacceptables » a réagi fermement le préfet, avant de demander « une évaluation du risque de radicalisation des auteurs et de leurs familles ». « Il est probable que nous en retrouverons bientôt certains dans notre cellule »il prédit.

2 601 suivis individuels par le CPRAF en 2022

Sébastien Jallet préside ce vendredi matin la cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles (CPRAF). Créées en 2014, ces rencontres mensuelles suivent, au cas par cas, les personnes identifiées ou signalées pour un risque de radicalisation islamiste. Comme prévu par le plan national de prévention de la radicalisation, déployé en 2018 par le comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), des signalements sont effectués via le numéro vert « Stop au jihadisme », par différents services publics et leurs interlocuteurs radicalisation. , ou directement par les forces de sécurité.

Une évaluation mesure ensuite le degré de radicalisation de la personne. Ceux qui adhèrent à une idéologie extrémiste et présentent un risque de danger sont inscrits au dossier d’instruction des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste puis orientés vers les « groupes départementaux d’évaluation ». Ces « GED » rassemblent chaque semaine, sous autorité préfectorale, tous les services de renseignement et de sécurité, pour une surveillance rapprochée.

Si le bilan révèle un faible niveau de radicalisation, les individus sont suivis par le CPRAF. « Ce sont des personnes qui ne sont pas dans une radicalisation affirmée ou violente, mais qui ont une pratique rigoureuse de la religion, qui ont porté atteinte à la laïcité ou aux principes républicains, ou qui ont des comportements problématiques », explique le représentant de l’Etat. Le CIPDR précise que 632 cellules se sont réunies en 2022, pour un total de 2 601 personnes et 634 familles suivies.

« Retour à la religion sur TikTok »

Dans l’Orne, une quinzaine d’individus sont sous surveillance. Autour de la table, tous les services publics sont représentés : police, gendarmerie, renseignement territorial, agence régionale de santé, caisse d’allocations familiales (CAF), Pôle emploi, l’éducation nationale ou encore les missions locales. Chaque dossier est rapidement présenté par la sécurité intérieure ou le renseignement territorial, avant d’être discuté par l’assemblée, qui discute de l’approche – éducative, sanitaire, sociale ou professionnelle – à privilégier pour « les remettre sur une trajectoire d’intégration républicaine ».

Il s’agit par exemple de ce jeune homme, repéré en 2021 parce qu’il regardait des vidéos de décapitations en Syrie, puis parce qu’il avait menacé de tuer un professeur lors de l’hommage à Samuel Paty. Un examen médical a montré qu’il souffre de troubles psychiatriques importants. Mais, depuis peu, le jeune homme semble avoir retrouvé une activité scolaire stable. UN « amélioration relative »parce que, s’il « ne montre plus de signes de radicalisation, il présente toujours des difficultés sociales »conclut le préfet, qui espère que le suivi « reste très proche ». Les maladies mentales sont très fréquentes chez les personnes encadrées par le CPRAF : à l’échelle nationale, « plus de 50% des cas » nécessitent des soins de santé mentale, indique le CIPDR.

Plusieurs jeunes femmes ont été signalées après « un changement de comportement » et particulièrement, « robe », avec l’apparition de vêtements amples et le port de voiles, voire de gants. L’une d’elles, une Française récemment inscrite à l’université, présente un « trajectoire plutôt positive ». Une autre, en revanche, réfugiée politique étrangère en France, est déscolarisée depuis l’âge de 16 ans et assiste rarement à ses réunions à la mission locale. « C’est difficile de lui trouver des stages à cause de ses vêtements », indique Lionel Corbière, le réalisateur. Une évolution qui n’est pas de nature à rassurer Sébastien Jallet, qui le place dans le « zone grise, entre pratique rigoureuse de la religion et basculement vers le radicalisme ».

Une adolescente française, dénoncée aux autorités par ses parents alors qu’elle commençait à porter des abayas et à ne plus manger de porc, a la particularité d’être « Entrez dans la religion avec TikTok », le réseau social populaire auprès des jeunes. Cependant, les services de renseignements observent que récemment « elle va moins à la mosquée, ne mange plus halal »un revirement qui améliore également « la relation avec ses parents ».

Des familles qui se séparent

Les membres du CPRAF examinent également les situations familiales, plusieurs membres d’un même foyer étant concernés. Comme cette mère, suivie depuis longtemps, qui « vit en autosuffisance » avec un de ses fils. Sa radicalité se manifeste sur les réseaux sociaux, où elle multiplie les propos antisémites. Elle a republié du contenu répréhensible après les attaques du Hamas contre Israël. « Un rapport Pharos sera fait », indique le préfet, en référence à la plateforme de signalement des contenus illicites sur Internet. Après, « Il va falloir trouver un moyen pour la sortir de sa spirale »il continue.

Le fils, un jeune adulte, « délinquant, sans activité connue »Est « sous l’emprise de sa mère ». La mission locale tente de « raccrocher » en l’aidant à passer son permis de conduire, mais il ne se présente pas aux cours subventionnés. Sébastien Jallet recommande à la mission locale d’insister, y voyant un bon moyen de l’extraire de son environnement.

Une autre famille est scrutée de près. Les deux parents, qui ont quatre enfants à charge, sont au chômage. Deux des enfants, mineurs, ont des comportements problématiques et un parcours scolaire chaotique. Si on ajoute « problèmes financiers », en raison du chômage des parents, la situation peut devenir incontrôlable, selon le représentant de l’Etat. Il sollicite une attention particulière de la part de Pôle emploi et de la CAF sur ce dossier.

Un appareil efficace

Ces mesures de prévention ont « résultats positifs », selon Sébastien Jallet. Dans l’Orne, le nombre de dossiers est stable depuis deux ans. Il y a des entrées, des gens suivis depuis longtemps, mais aussi des sorties, « quand on est convaincu qu’ils ne présentent plus de risque ». Il assure: « Ces dernières années, aucune personne suivie par le CPRAF n’a sombré dans une radicalisation pure et simple. »

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Le numéro vert « Stop au jihadisme » enregistre une hausse des signalements

Le chiffre vert stop au djihadisme est placé sous la responsabilité de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) via l’Unité de coordination antiterroriste (Uclat) depuis 2014.

Il enregistre une augmentation des signalements en 2023, avec plus de 6 000 contacts au 30 septembre contre 6 500 pour l’ensemble de l’année 2022. Des rapports intéressants donnent lieu à une enquête et un suivi de la part des services.

Les services constatent une nette augmentation des contacts depuis l’attaque du Hamas en Israël. Il s’agit souvent de signalements de messages relevés sur les réseaux sociaux et d’entreprises rapportant des propos tenus par des salariés.

Le numéro vert a ouvert un système le week-end en raison du grand nombre d’appels.

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