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Nouvelles canadiennes

Stades, sponsorings et grands événements : au Rwanda, le sport pour reconstruire son image

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A Kigali, le chantier du stade national Amahoro est incontournable. L’imposante structure prend visiblement du volume au sommet d’une des nombreuses collines de la capitale rwandaise.

À la fin des travaux, en 2024, la salle aura pratiquement doublé sa capacité d’accueil pour atteindre 45 000 places, son aspect vétuste appartiendra au passé et elle pourra présenter d’importants matchs internationaux.

Juste à côté se trouve un petit amphithéâtre multifonctionnel de 10 000 places, dont la construction a été achevée trois ans auparavant. La BK Arena accueille lors de notre visite un festival de basket organisé par le président des Toronto Raptors, ainsi que des concerts. Avant cela, les finales de plusieurs championnats continentaux de basket-ball y étaient organisées ainsi que le 73e Congrès de la FIFA.

La construction de la BK Arena et la construction d’autres infrastructures sportives sont une vitrine des ambitions (du pays)» déclare Aurore Mimosa Munyangaju, ministre rwandaise des Sports.

Une stratégie ingénieuse

A l’instar de l’Arabie Saoudite et du Qatar, ce petit pays situé au cœur de l’Afrique tente de faire du sport l’un des piliers de sa transformation. Toujours associée au génocide des Tutsi de 1994 et confrontée au manque de ressources naturelles à exploiter, elle a développé une stratégie nationale pour reconstruire son image de destination sportive et touristique.

Cette évolution que vous voyez aujourd’hui fait partie de cette ligne d’action, de cette vision de développement du gouvernement post-94. » déclare Michaella Rugwizangoga, qui a travaillé à l’élaboration de la stratégie sportive du Rwanda.

Ce dernier chapeaute la division dédiée au tourisme au sein du Conseil de développement du Rwanda (RDB), l’organisme gouvernemental dédié à la coordination du développement économique du pays. C’est le même qui a choisi de délier les cordons de la bourse pour lancer ces grands projets et aussi relier le pays à trois des plus grands clubs de football d’Europe, à savoir Arsenal, le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich. Du jamais vu pour un pays du continent africain.

Nous parlons d’accords évalués à des dizaines de millions de dollars par an, de sorte que le slogan Visiter le Rwanda apparaît sur les maillots et/ou dans les stades de ces équipes anglaises, françaises et allemandes qui comptent chacune des dizaines de millions de supporters.

Le tourisme est aujourd’hui pour le Rwanda l’un des secteurs clés de l’économie. Cela représente 10 % du produit brut (intérieur). C’est aussi (notre) première source de dollarsdit-elle pour justifier la stratégie.

La question qui s’est posée était de savoir comment attirer plus de visiteurs vers notre destination et quoi de mieux que le sport.

Un Rwanda Ouvert pour les affaires

Le Rwanda est surnommé le Singapour de l’Afrique en raison de son économie florissante.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

Bien qu’il figure toujours parmi les pays les plus pauvres de la planète, le Rwanda a acquis la réputation d’être l’une des économies à la croissance la plus rapide du continent africain. C’est pour cette raison qu’on le surnomme le Singapour de l’Afriqueplusieurs intervenants nous l’ont rappelé.

La pandémie a ralenti la croissance économique fulgurante de ces dernières années, mais elle s’élève toujours à 7,2 % pour la dernière décennie, selon les données de la Banque mondiale.

Sur le terrain, les investisseurs et les entrepreneurs ressentent l’ouverture du Rwanda aux affaires. Levi Johnson, un Américain de Denver, dans le Colorado, s’y installera prochainement pour superviser la construction d’un nouveau complexe sportif et récréotouristique auquel s’est associé le président des Raptors, Masai Ujiri.

On a l’impression que les systèmes sont défaillants en Afrique, qu’il y a de la corruption ou que le processus est tout simplement inefficace. Ce n’est pas le cas au Rwanda, assure-t-il. Ici, il n’y a pas d’adversaires, il y a des alliés, un peu partout. Et cela n’existe tout simplement pas ailleurs en Afrique.

Il y a 10 ans, le Rwanda n’était sur le radar de personne. Si les gens reproduisent ce qu’ils font ici et suivent leur modèle, il y aura cinq ou six Kigali supplémentaires qui apparaîtront.

Nathalie Munyampenda, une Rwandaise qui a travaillé au Canada avant de s’installer à Kigali, partage l’optimisme de Levi Johnson à l’égard des politiques gouvernementales, d’autant plus qu’elle est baignée dans le monde sportif, étant propriétaire d’une équipe locale de basket-ball.

A chaque fois qu’on nous parle (d’investissements massifs dans l’industrie du sport), on se dit : « Ah ça va donner quoi ? » Là, ça ne fait même pas cinq ans et on se dit : « Oh, ça fait quand même beaucoup ! »répond celui qui est également président de l’université Kepler de Kigali.

Elle souligne que le pays n’a pas seulement investi dans ses stades, il a également acquis un nouveau parcours de golf de haute qualité à Kigali, commandé à l’ancien joueur vedette Gary Player.

Le Rwanda a également misé gros sur le cyclisme, son sport national. La capitale a récemment été désignée hôte des Championnats du Monde de l’Union Cycliste Internationale (UCI) en 2025. Ce sera la première fois que cette grande compétition se déroulera en Afrique.

Le Rwanda, leur avantage, c’est qu’ils pensent toujours en termes d’écosystème.

Une approche tant vantée…

Le chantier du stade national Amahoro est imposant.  Il domine l'horizon.

Difficile de rater l’imposant stade national Amahoro qui prend encore plus d’importance à Kigali.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

Il est encore trop tôt pour dire si les millions de dollars investis par le gouvernement rwandais apporteront suffisamment de bénéfices à l’économie locale à long terme, mais Lindsay Krasnoff, experte en diplomatie sportive et professeure adjointe à l’Université Institut Tisch pour le sport mondial de l’Université de New York, salue l’ingéniosité du pays.

La combinaison de ces deux approches (diplomatie sportive et tourisme) est terriblement intéressante (…) elle démontre un peu de créativité. Cela a certainement attiré l’attention sur le Rwanda. Aujourd’hui, on en parle à travers le prisme de la diplomatie sportive, alors qu’il y a 5 ou 10 ans, ce n’était pas du tout le cas. elle croit.

Depuis que le Rwanda s’est engagé dans cette voie, Lindsay Krasnoff note que d’autres pays ont emboîté le pas ou, à tout le moins, repensé leur façon de voir le sport et la présentation des événements.

L’Egypte est l’un des pays hôtes des matches de la Ligue africaine de basket-ball, au Caire. Le Sénégal est un autre pays qui a commencé à accueillir des événements. Il présentera notamment les Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2026 (…) Le Maroc est un autre exemple intéressant, bien qu’un peu différent. Il a récemment obtenu le droit de présenter la Coupe du Monde de la FIFA 2030 avec l’Espagne et le Portugal. souligne-t-elle.

…et critiqué

Si elle considère le Rwanda comme un cas d’étude intéressant pour des pays plus petits en termes de diplomatie sportive, elle rappelle que le gouvernement n’est pas sans tache.

Dans un contexte plus large, il néglige les problèmes et défis très réels auxquels est confronté le peuple rwandais et certains des journalistes qui visitent le pays.

Les deux hommes marchent côte à côte lors d'une cérémonie d'inauguration des travaux à Kigali, au Rwanda.

Masai Ujiri (à droite) des Raptors de Toronto considère le président rwandais Paul Kagame (à gauche) comme un exemple à suivre lorsqu’il s’agit d’investir dans le sport.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Guillemette

Selon un récent rapport d’Amnesty International, le gouvernement est accusé d’avoir violé les droits de nombreux journalistes et opposants politiques critiques à l’égard du président Paul Kagame. Ce dernier dirige le pays d’une main de fer depuis la fin du génocide contre les Tutsis.

Des personnes ont été victimes de disparitions forcées, arrêtées, détenues et assassinées pour avoir exprimé leurs opinions. affirme l’organisation américaine Freedom House, qui estime, dans son rapport annuel 2022-2023, que les droits et libertés des habitants du pays sont au même niveau que ceux des Qataris.

Il était également impossible de discuter à micro ouvert avec les habitants de Kigali de la stratégie sportive du pays. La plupart d’entre eux nous ont dit qu’ils étaient mal à l’aise, craignant des représailles.

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