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Nouvelles canadiennes

Souvenirs amers d’un punk au Parlement

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« Ma mère me disait souvent, lorsque j’étais adolescente et que j’essayais de la convaincre que tout allait bien dans tel ou tel projet que j’élaborais : « Catherine, je te connais. Vous ne voyez pas le danger. En fait, je ne voulais pas le voir. J’ai adoré l’aventure et j’ai vite compris que cela se faisait sans police d’assurance. »

L’extrait arrive à la 73e des 372 pages de Les têtes brûlées : carnets d’espoir punkqui sera publié lundi chez Lux Éditeur.

Quelque 25 ans plus tard, la mère de Catherine Dorion a utilisé la même phrase à l’égard de sa fille, tout récemment. En lisant un passage du livre imprimé en double exemplaire et jeté à la poubelle.

« Oui, elle me l’a dit! » Elle l’a lu, elle a commencé à avoir peur et elle a essayé de me parler», a raconté en riant Mme Dorion, en entrevue avec Le soleil.

Rendez-vous au centre communautaire Monseigneur-Marcoux, dans le quartier Maizerets, à Québec, où elle habite. C’est ici qu’elle suit ses cours de danse en ligne et de « cha-cha à avaler ». Pour son grand bonheur.

L’ancienne députée de Québec solidaire dans la circonscription de Taschereau, au centre-ville, a redécouvert sa vie d’artiste et d’auteure depuis son départ de la politique il y a un peu plus d’un an.

On a beaucoup parlé de peur au cours de l’entretien. La peur qu’elle avait avant, pendant et après son passage à l’Assemblée nationale du Québec. Surtout la peur qu’elle n’a plus.

« Les conséquences qui accompagnent le livre ? Ceux qui ressemblent à ce que j’ai déjà vécu ne me font plus peur. Je sais ce que c’est et je ne vois pas que cela pourrait être pire que ça. De ce côté, le chemin est fait. Mais oui, j’ai un peu peur d’affronter le projecteursquand même », admet-elle.

«Le râle des chroniqueurs»

Mme Dorion affirme que personne n’est prêt à devenir « le hochet des chroniqueurs ». Comme elle l’a été pendant de nombreux mois lorsque ses vêtements et ses déclarations inflammables ont fait d’elle un sujet récurrent et rentable pour les médias.

Quatre années en politique à un rythme qui a conduit à l’épuisement professionnel.

Mais si c’était à refaire, elle le referait.

« Je suis très fier de ce que j’ai fait ! Rien n’est parfait, mais je ne regrette absolument rien. En brisant le spectacle qui sert de distraction, je me suis brisée aussi, j’en garderai des cicatrices», avoue Mme Dorion.

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<p class=Catherine Dorion sera à Tout le monde en parleDimanche. (Yan Doublet/Le Soleil)

«Mais les connaissances et l’expérience que j’ai acquises pour y arriver, je ne vois rien d’autre qui aurait pu m’apporter cela. Je me sens en train de crier solidement maintenant. J’ai moins d’énergie, mais je n’ai plus peur. J’ai vraiment moins peur. Je me dis : si c’est le pire qui puisse arriver… Est-ce le maximum de leur pouvoir ? »

Cela recommence avec une série d’interviews sur son livre qui paraît samedi.

Deuxième vitesse dimanche, sur le tournage de Tout le monde en parle. Sa seule autre participation à la populaire émission télévisée date de novembre 2019, au lendemain des tempêtes médiatiques successives provoquées par son désormais légendaire sweat à capuche et sa photo d’Halloween déguisée en « député standard ».

La « mafia » Nadeau-Dubois

Dans son livre, Catherine Dorion nomme rarement les personnes avec qui elle a travaillé à Québec solidaire. Mais beaucoup de Gabriel Nadeau-Dubois et un peu de Manon Massé.

Elle dénonce haut et fort l’empreinte autoritaire que laisse sur le parti le leader parlementaire et co-porte-parole masculin Nadeau-Dubois. Lui et son entourage seraient surnommés la « mafia » au sein de QS.

Son besoin de contrôle l’emporte sur ses convictions, affirme-t-elle.

« Pour lui, c’est mitigé. Je ne pense pas qu’il ait de mauvaises intentions», a déclaré l’auteur et ancien homme politique dans une interview.

Mme Dorion décrit M. Nadeau-Dubois comme quelqu’un qui « excelle » dans le « frogling » et qui a « le talent, la capacité et le désir de s’engager dans ces pressions émotionnelles et ces négociations de pouvoir ».

« Le parti sans chef est en passe de devenir un parti où l’influence d’un seul homme est à la fois infiniment réelle et infiniment taboue », dénonce-t-elle au fil des pages.

Il illustre leur relation à l’époque :

« Il s’agit plutôt de deux combattants qui, pris dans une même tranchée, hyper stressés par l’arrivée massive et discontinue des bombes et des explosions, se disputent sur la réponse à donner et réalisent, ce faisant, qu’ils ne se battent pas pour le bien. même chose du tout. (…) Du fond de notre tranchée, une chose est désormais claire : nous ne nous aimons pas beaucoup. »

Mme Dorion affirme être consciente de l’impact que pourraient avoir ses attaques et révélations contre M. Nadeau-Dubois sur lui et le parti qu’elle représentait. Mais il estime que cela illustre un problème plus répandu dans de nombreux lieux de travail.

«Je ne pense pas qu’il s’agisse uniquement de Gabriel, des critiques», veut-elle nuancer. C’est pourquoi l’attaque n’est pas une attaque. Je voulais que ça reste une façon de dire les choses pour fertiliser notre réflexion sur comment ne pas se perdre en chemin.

« De toute évidence, les acteurs multimédias seront ravis de basher QS, note Mme Dorion. Les gens vont voir exactement ça ! Mais si je pense que ça n’arrive pas, je ne dis plus rien et je ne fais plus rien. Je fais confiance aux lecteurs. Comme auparavant, je faisais confiance à ceux qui prenaient le temps d’écouter une vidéo ou un discours particulier dans son intégralité, au-delà de la friture dans la ligne des commentaires. »

Catherine Dorion travaille à la création d'une pièce de théâtre documentaire inspirée de son nouveau livre.

Elle assure qu’au moment d’écrire le livre, « je n’avais plus de colère » envers Gabriel Nadeau-Dubois.

Ni aucun ressentiment envers Manon Massé. Même si celui qu’elle admirait tant ne la défendait pas comme elle l’aurait espéré.

« Les circonstances signifiaient que nous n’aurions pas pu être aussi proches que nous l’aurions été (dans d’autres circonstances). Je n’ai jamais douté de sa sincérité, ni même de sa radicalité », assure-t-elle.

Transposé au théâtre

Catherine Dorion entretient des amitiés sincères au sein de la délégation QS. Mais il n’est pas question de s’immiscer dans l’actualité du parti. Pas même en tant que simple membre.

«Je pense que je n’ai pas renouvelé ma carte (de membre QS). Je veux redevenir artiste, libre de ce genre d’attachement. »

Catherine Dorion

L’exercice présenté dans le livre s’est avéré « douloureux, mais nécessaire ». Et pendant qu’elle y est, elle travaille désormais à en faire une pièce de théâtre documentaire pour 2025. Elle en sera l’interprète principale. « Une sorte de J’aime Hydromais plus froussard », promet-elle.

Sciences po 101 : traité d’insubordination à l’usage du monde réel est déjà programmé trois soirées au Grand Théâtre de Québec, en février 2025, et trois soirées à la Place des arts de Montréal, en avril 2025.

Pour le futur? Elle ne dit non à rien. Pas même pour se présenter en politique. Mais pas avant 60 ans. Elle en a 41.

Fin de la page 151

Quelque temps plus tard, sous la pression, le président de l’Assemblée nationale proposera, à cause de ma petite personne seule, des modifications du code vestimentaire : pas de vêtements de sport, qui comprennent des t-shirts, des sweats à capuche et d’autres trucs. Il soumettra le règlement au vote. Je voterai pour, comme un idiot. Choisir mes batailles. Apparaître moins. Efface moi.

Dans les années qui suivirent, certains membres des deux plus grands partis se plaignirent encore régulièrement de ma tenue vestimentaire en tant que président. Protégés par l’anonymat, ces courageux défenseurs du bon chic s’en prendront à mon legging qui semble être en tissu denim ou se rebelleront contre ce t-shirt que l’on aperçoit sous ma veste. Cela nous obligera à chaque fois à examiner attentivement la nature du tissu. Des souvenirs me sont revenus de cette école privée où mon père m’avait inscrit après avoir entendu dire que mon professeur de cinquième à l’école publique ne sentait pas bon (j’adorais ce professeur et je n’avais jamais remarqué son odeur, mais sa très belle longue barbe m’a vraiment plu). Dans ma nouvelle école primaire privée, réservée aux filles, nous remettions des papiers punitifs à celles qui ne respectaient pas le code vestimentaire. Chemisier hors jupe ? Papier. Des collants non réglementaires ? Papier. Une fois, ils m’ont donné un papier parce que j’avais des bas noirs et des bas bleu marine aux pieds. J’ai été élevé par une mère célibataire qui se débrouillait, travaillait comme une folle pour y arriver et avait d’autres soucis que de s’assurer que personne ne mélangeait le noir et le bleu marine.

Vers la fin du mandat, des collègues de mon parti me diront parfois : « Vous avez un manteau un jean… changez-le pour une veste, on ne veut pas être dégoûté. » Et j’obéirai. Nos adversaires n’auront plus besoin de critiquer et de réprimer, nous le ferons nous-mêmes docilement entre nous. C’est ainsi qu’on finit par tout intérioriser : d’abord le regard et la manière de parler, puis, tranquillement, le sérieux et le rationnel, pour ne pas paraître négligé par l’émotion, et enfin, cerise sur la coupe glacée, le pragmatisme ou le réalisme, ces camisoles de force dans lesquelles on écrase le courage et on étouffe les possibilités. Nous ne sommes pas des licornes, après tout.

En fin de compte, peut-être après une décennie, c’est la pensée même qui aura été mise à mort dignement pour éviter d’être accusée de mauvais comportement par l’autorité médiatique.

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Gn Ca local

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