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Nouvelles canadiennes

Soleils Atikamekw : mettre en lumière un fait divers dans l’ombre des non-dits

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Avec son nouveau film Soleils AtikamekwLa cinéaste Chloé Leriche retrace le fil d’un drame non résolu : en 1977, cinq corps sont retrouvés dans une camionnette au milieu d’une rivière, au nord de Saint-Michel-des-Saints et de Manawan.

La communauté indigène reconnaît les siennes, cherche des réponses auprès de la police, en vain. Quarante ans plus tard, Soleils Atikamekw jette un nouvel éclairage sensible sur ce sujet événement. Le film est présenté en compétition nationale du Festival du nouveau cinéma, les 5 et 8 octobre.

Événement plutôt queaccidentprécise Chloé Leriche d’emblée, parce que nous ne savons pas ce qui s’est passé. Jusqu’à aujourd’hui, l’enquête reste inachevée. La Sûreté du Québec (SQ) a rejeté la seule preuve qui aurait permis de porter des accusations : la déclaration du témoin, soutient le directeur.

Dans ce deuxième long métrage, qu’elle a produit, écrit et réalisé elle-même, Chloé Leriche a choisi de montrer l’invisible et l’indicible : l’inertie policière, la douloureuse recherche de la vérité malgré tout, le sentiment d’injustice et le deuil des familles, impossible.

Je voulais montrer la violence de l’indifférence.

Si cette histoire fait partie de la mémoire atikamekw, personne n’en parle, a constaté la réalisatrice, racontant la fois où elle a été invitée à un repas avec la famille d’une des victimes.

Je me tourne vers la petite fille pour lui demander de me décrire sa grand-mère, et tout le monde se tait. Son nom n’avait pas été prononcé depuis plus de 20 ans.

Pour le cinéaste trifluvien, ce tabou fait office de révélation. Avec Soleils Atikamekwelle propose de faire témoigner, de parler, de bousculer les non-dits, de briser les silences.

La cinéaste Chloé Leriche et l’actrice Lise-Yolande Awashish

Photo : Radio-Canada / Maud Cucchi

De la conception cinématographique jusqu’à la présentation finale, le défi était de taille : reconstituer à bonne distance une partie délicate du passé atikamekw. Allochtone, Chloé Leriche assure avoir souvent demandé l’accord des familles concernées, notamment afin de qu’ils valident chacun des acteurs pour les rôles.

Racisme systémique

La réalisatrice, qui a travaillé au Wapikoni Mobile, avait déjà tourné à Manawan avec son précédent long métrage. Avant les rues (2016), sélectionné à la Berlinale. C’était l’époque de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Plusieurs membres de la communauté l’ont alors interrogée sur ce fait divers datant de 1977, dont plus personne ne parlait. Ils m’ont dit qu’il fallait faire quelque chose, se souvient le cinéaste. C’était un exemple frappant de racisme systémique.

L’actrice Lise-Yolande Awashish abonde dans le même sens : originaire d’Obedjiwan, au nord de Manawan, elle n’avait jamais entendu parler de ce drame avant de se joindre au tournage. Ce n’est que lorsque j’ai annoncé que j’allais jouer dans le film que ma famille a commencé à en parler.elle partage.

Lise-Yolande Awashish incarne Lucie, une Atikamekw qui a perdu un fils dans la tragédie du 25 juin 1977. L’actrice a pu la rencontrer lors du tournage. Elle m’a dit qu’elle avait eu un choc, qu’elle était ailleurs lors des événements, confie l’actrice. Plusieurs membres de la communauté atikamekw évoquent également ce trou de mémoire après le drame, raconte Chloé Leriche.

Accompagnement

La réalisatrice dit avoir veillé à prendre toutes les précautions nécessaires pour accompagner les comédiens pendant leur travail, et les spectateurs après les projections qui ont déjà eu lieu au sein de la communauté. Après le film, il y a eu un cercle de partage de leurs expériences. Comme pour les huttes de sudation, il suffisait de prononcer le mot porte pour arrêter le visionnage.

Une grande partie de la communauté impliquée dans le tournage se rendra à Montréal pour la première du film jeudi soir, accompagnée d’une cérémonie de purification. Une quinzainesoignants sera également présent en support aux spectateurs, annonce le réalisateur.

A la veille de la première, et sept ans après le lancement du projet, Chloé Leriche commence tout juste à respirer (un peu). Rien que de voir le processus de guérison commencer – et il n’est pas terminé – j’ai déjà un sentiment de paixpartage-t-elle, en espérant une sortie en salles au printemps 2024.

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