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Nouvelles canadiennes

Quand l’arrivée d’un bébé tourne au cauchemar : la dépression post-partum a laissé une dizaine d’orphelins au cours des 10 dernières années au Québec

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Touchant des milliers de parents chaque année, la dépression post-partum est encore une maladie taboue et honteuse qui a causé plusieurs drames familiaux et laissé une dizaine d’orphelins au cours des 10 dernières années au Québec.

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«Je me suis dit que ça arrive aux autres», avoue Alicia Doyon, qui se remet d’une grave dépression post-partum qu’elle n’avait jamais vue venir. J’allais à la rivière avec mon bébé. (…) J’étais très déconnecté.»

Même si la naissance d’un bébé est l’un des plus beaux moments de la vie de tout parent, l’adaptation ne se déroule pas toujours comme prévu. Environ un quart des mères et 10 % des pères sont touchés chaque année par la dépression post-partum au Québec, un problème médical encore tabou et méconnu qui entraîne plusieurs personnes dans une sombre spirale.

Par ailleurs, les problèmes de santé mentale en période périnatale coûtent 1,5 milliard de dollars par année au Québec (absentéisme, hospitalisation, impacts sur le bébé, etc.), estime un regroupement de médecins et de groupes spécialisés dans une lettre envoyée au gouvernement en avril dernier.

«Les dangers du post-partum sont vraiment banalisés», déplore une Montréalaise dont l’ex-conjoint s’est suicidé en 2017.

« Je ne comprends pas comment une société peut abandonner ainsi des femmes et des enfants dans leur moment d’extrême vulnérabilité. Cela me dépasse un peu.

Une douzaine d’orphelins

Au cours des dix dernières années, le Bureau du coroner a enregistré huit cas de suicide chez des mères souffrant de dépression post-partum. L’un d’eux a même tué son bébé avant de mettre fin à ses jours.

Une dizaine d’enfants sont désormais orphelins. D’autres cas récents pourraient même s’y ajouter (2022), puisque les signalements sont complétés plus d’un an après le décès.

«C’est tellement triste, on se dit : le système s’est échappé», réagit à chaque fois Marie-Claude Dufour, directrice générale du Réseau des centres de ressources périnatales du Québec. Nous n’avons pas réussi à aider cette personne en détresse. (…) Cela nous touche au cœur, nous avons encore un long chemin à parcourir.»


Quand l'arrivée d'un bébé tourne au cauchemar : la dépression post-partum a laissé une dizaine d'orphelins au cours des 10 dernières années au Québec

Marie-Claude Dufour, directrice générale du Réseau des centres de ressources périnatales du Québec à Lévis.

Photo Stevens LeBlanc, Journal de Québec / Agence QMI

Par ailleurs, le nombre de suicides liés au post-partum est probablement plus élevé, estime Valérie Samson, infirmière consultante en médecine materno-fœtale, à l’hôpital Sainte-Justine.

« Je ne serais pas surpris s’il y en avait plus. Mais il n’y a pas vraiment de suivi à ce sujet car il faut faire le lien entre un problème de santé mentale grave en période postnatale et le suicide », souligne-t-elle.

« Les gens ont encore du mal à imaginer qu’une mère puisse volontairement mettre fin à ses jours, alors qu’elle est censée vivre ses plus beaux moments. »

Honte, manque d’accès aux services, méconnaissance des symptômes : il existe toutes sortes de raisons pour lesquelles les parents ne reçoivent pas d’aide. Les signes apparaissent dans les mois qui suivent l’accouchement (jusqu’à deux ans), mais aussi souvent au cours de la grossesse.

Symptômes de la dépression post-partum

  • Fatigue
  • Tristesse profonde
  • Larmes
  • Anxiété
  • Insomnie
  • Hypervigilance
  • Désintérêt pour votre enfant
  • Obsessions
  • Irritabilité
  • Isolement
  • Pensées suicidaires

Certains facteurs augmentent le risque d’en souffrir

  • Problèmes de santé mentale antérieurs (dépression ou anxiété)
  • Événements stressants récents
  • Instabilité familiale (violence, pauvreté)
  • Difficulté à allaiter

«C’est comme une défaite», résume Mme Samson.. L’écart entre la réalité qu’ils ont vécue et celle qu’ils avaient imaginée a de quoi créer une grande détresse. »

D’ailleurs, de nombreuses femmes qui ont toujours tout réussi dans leur vie jusqu’à l’arrivée du bébé sont touchées par la dépression.

« Les mères ont honte lorsqu’elles viennent nous voir parce qu’elles pensent que tout devrait bien se passer. Ils se sentent jugés par leur entourage», déplore M.moi Du four.

Selon les dossiers du coroner, plusieurs des mères qui se sont suicidées ont demandé une aide psychologique, mais cela n’a clairement pas suffi.

« Elle ne se sentait pas du tout suivie ni aidée », raconte Matthew Lalonde-Therrien, dont l’ex-conjoint s’est suicidé en 2016, alors que leur bébé avait neuf mois.

Ces décès provoquent inévitablement des drames au sein de la famille, en premier lieu du père endeuillé qui se retrouve avec un bébé à prendre en charge.

S’échapper de l’hôpital

En 2017, une femme de 33 ans hospitalisée dans un service psychiatrique à Sainte-Justine a même réussi à sortir de sa chambre pour commettre l’irréparable.

« La déception liée à la césarienne, la culpabilité ressentie par l’échec de l’allaitement conduisant souvent à un sentiment d’incompétence maternelle en plus de l’extrême fatigue ressentie en période périnatale (…) ainsi que l’anxiété secondaire à son coût monétaire. les inquiétudes sont autant d’éléments qui auraient pu contribuer à provoquer une dépression post-partum », écrivait la coroner Lyne Chouinard dans un rapport de 2016.

TÉMOIGNAGES

Le Réseau des centres de ressources périnatales du Québec a recueilli l’été dernier divers témoignages qui démontrent que les stigmates entourant le post-partum sont encore bien réels. Voici quelques-uns

  • « J’ai trouvé que mon médecin manquait beaucoup de sensibilité à mon égard pendant ma grossesse alors que j’étais très déprimée, j’avais des pensées suicidaires et je mangeais peu. »
  • « Lorsque les parents aux prises avec des problèmes de santé mentale en parlent, certains pensent encore qu’avoir un bébé devrait être tout à fait rose. »
  • « Il n’est pas mal vu d’éprouver des problèmes de santé mentale pendant la période périnatale, car c’est censé être une période tellement belle que les parents n’ont pas le droit d’être épuisés. »
  • « La notion de performance est très forte ces dernières années. Souvent, les parents s’imposent cette pression et les réseaux sociaux contribuent à la propager.»

« C’est normal d’être fatigué »

Par ailleurs, plusieurs mères déplorent également avoir des difficultés à obtenir l’aide des professionnels de santé, et se voient raconter des banalités comme : « ça va aller » ou « c’est normal d’être fatiguée ».

« Tout le monde n’a pas le savoir-faire pour accueillir la souffrance et la douleur. Ils sont débordés, les excuses ne manquent pas », souligne M.moi Dufour, qui estime que la formation des professionnels de la santé doit être améliorée pour assurer une meilleure prise en charge de la santé mentale.

Actuellement, le réseau de la santé prévoit une visite à domicile d’une infirmière quelques jours après la sortie de l’hôpital. La mère doit également consulter un médecin pour un examen physique deux mois après l’accouchement. Aucun autre suivi n’est proposé dans l’immédiat.

« Ce n’est définitivement pas suffisant », réagit le DD Tuong-Vi Nguyen, psychiatre spécialisé en soins périnatals au Centre universitaire de santé McGill.

«Il devrait y avoir des services de santé mentale périnatale au Québec dans un système différent, qui puisse réagir avec souplesse et plus rapidement.»

Plus tard cet automne, le ministre délégué aux Services sociaux, Lionel Carmant, annoncera 5 millions de dollars par année pour l’aide en santé mentale aux nouveaux parents. Parmi les mesures, les visites à domicile et les appels postnatals seront augmentés, apprend-on Le journal. Le ministre a refusé notre demande d’entretien avant l’annonce officielle.

Depuis la pandémie, l’anxiété et l’isolement ont également contribué à accroître la détresse, notent plusieurs médecins. La pression des réseaux sociaux est également forte pour de nombreux parents.

« Nous ne voyons pas les images de la mère qui pleure parce qu’elle est épuisée de ne pas dormir. Mais on verra la dame bien habillée avec ses enfants vêtus de blanc. Qui fait ça ? C’est un fléau, et cela contribue certainement à une image biaisée de la maternité », souligne M.moi Samson.

  • Écoutez l’entrevue d’Alicia Doyon, une maman de 33 ans qui souffrait de dépression post-partum, à l’émission de Sophie Durocher via Radio QUB :
Pas de pilule miracle

Récemment, les États-Unis ont annoncé l’arrivée sur le marché d’une nouvelle pilule spécifiquement destinée au post-partum. Bien qu’il accueille favorablement ce nouveau médicament, un psychiatre de Sainte-Justine estime qu’il faut investir davantage dans l’information et l’éducation des parents.

« Il ne faut certainement pas penser que c’est le balle magiqueque ce sera la panacée et que cela résoudra tout », souligne le Dr Martin St-André, chef de la clinique de psychiatrie périnatale de Sainte-Justine.

En avril dernier, un regroupement de médecins et des groupes spécialisés en soins périnatals ont écrit au ministre Lionel Carmant pour demander de meilleurs services aux parents. Nous souhaitons entre autres voir la création d’un protocole provincial de dépistage et de référence en santé mentale pour la période périnatale et que cela soit reconnu comme une activité médicale prioritaire.

Malgré tout, les professionnels de santé constatent une amélioration des soins post-partum ces dernières années.

« On peut se réjouir des progrès, il ne faut pas se contenter de se contenter de voir le verre à moitié vide », assure le Dr St-André. Il y a beaucoup de travail qui est fait. »

De plus, l’hôpital Sainte-Justine a mis en place l’année dernière la trousse Grande Ourse pour les nouveaux parents. Prônant la bienveillance et l’auto-compassion, le document vous aide à mieux prendre soin de votre propre santé mentale pendant la grossesse et après l’accouchement.

«Ça a changé le parcours de nos patients», se réjouit Valérie Samson. Il y a un manque de connaissances sur les ressources disponibles, c’est parfois surprenant.»

Déjà, le projet prend de l’ampleur et d’autres hôpitaux partagent l’outil sur leur site.

« En tant que société, nous avons un rôle à jouer, car banaliser les émotions difficiles contribue à la culpabilité des parents quant aux émotions qu’ils peuvent ressentir », estime-t-elle.

(!) Où demander de l’aide ?
  • À l’accueil psychosocial de votre CLSC
  • Aux urgences d’un hôpital
  • D’un médecin de famille
  • Dans un centre communautaire périnatal
  • Tel-Aide : 514-935-1101
  • Infos sociales : 811
  • Ressources communautaires et sociales : 211

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