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Nouvelles canadiennes

Qimmik, dans les blessures du Grand Nord québécois

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Avec Qimmikle journaliste et romancier innu Michel Jean met en lumière la tragédie des tueries de chiens de traîneau chez les Inuits du Grand Nord québécois dans les années 1960. Une histoire déchirante qui parle de traumatisme, mais qui met aussi en lumière la résilience des populations de cette région.

Entre 1960 et 1970, les policiers du Québec ont décimé un à un plus d’un millier de chiens de traîneau au Nunavik. À l’époque, le gouvernement obligeait les communautés inuites à s’installer dans des villages. Pour y parvenir, nous avons éliminé les canidés nordiques (ou « qimmiq » en langue inuktitut) que les peuples autochtones de l’Arctique considèrent comme leurs égaux.

Le meurtre a profondément perturbé le mode de vie des Inuits et a créé un fort sentiment de colère qui perdure encore aujourd’hui.souffle Michel Jean dans une interview, ajoutant que cette politique d’acculturation a été menée il y a seulement une soixantaine d’années.

Le drame historique est la toile de fond de Qimmik, un roman contemplatif au réalisme minimaliste que l’écrivain a mis plusieurs années à construire. Les époques se chevauchent. Ils mettent en scène, d’un côté, une jeune avocate nommée Ève qui s’engage à défendre un Inuk accusé du meurtre de deux policiers de la Sûreté du Québec, et de l’autre, Saullu et Ulaajuk, un couple d’une autre fois. épris de liberté.

Dans mon livre, je ne prends pas parti et je ne blâme personne. Je ne cherche pas quelqu’un à blâmer. Je montre une situation simplement basée sur des faits. C’est au lecteur de faire son propre voyage.

Inuits sur un traîneau tiré par des chiens. (Photo d’archives)

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

L’écrivain, membre de la communauté de Mashteuiatsh, aime partager à sa manière les histoires de différentes nations. Il cite Joséphine Bacon : Si nous ne racontons pas nos histoires, qui le fera à notre place ?

Les nationalistes identitaires disent toujours qu’Ottawa est en grande partie responsable des problèmes concernant les Autochtones. Cependant, le massacre des chiens et les politiques coloniales au Nunavik ont ​​été menés par le Québecil dit.

La révélation Koukum

Michel Jean a toujours voulu écrire des livres, mais le déclic est venu un peu tard, avoue-t-il. Il avait 40 ans et travaillait à Indiquerune émission diffusée à Radio-Canada. Un soir, alors que j’étais seule au bureau, je me suis dit : « Hé, je n’ai jamais écrit », ça a fait l’effet d’un détonateur. J’ai donc commencé à écrire pendant mon temps libre.

C’est en 2019 que le journaliste né à Alma va véritablement s’imposer comme écrivain avec la publication de Koukumune histoire intimiste sur le parcours atypique de son arrière-grand-mère Almanda Siméon, traumatisée par la sédentarité forcée, tout comme les Inuits de Qimmik.

Il a fallu que je remporte un prix en France pour que les médias québécois commencent à parler de ce livre, dont la sortie quelques mois plus tôt était restée quasiment inaperçue.se souvient le romancier, sans amertume.

Koukum connaîtra un grand succès au Québec, les lecteurs étant intrigués par cette nouvelle plume plébiscitée en France. Voilà ce qui prouve la grande ouverture de la population québécoiseprécise Michel Jean. Lorsque les gens se rendent compte que les histoires autochtones font aussi partie de leur histoire, alors on ressent une grande curiosité et un grand désir d’en savoir plus.

Michel Jean est présentateur à TVA, le seul Autochtone à occuper ce poste au Québec. Au cours de sa carrière de journaliste qui l’a amené à travailler pour plusieurs réseaux d’information de la province, il se souvient d’une époque pas si lointaine où révéler son identité n’était pas bien acceptée par ses collègues ou par la hiérarchie.

Tous mes amis et parents savaient que j’étais Innu, mais je n’en parlais pas au travailil confirme. Parce que ce n’est pas quelque chose qui vaut une tape dans le dos.

« Michel, personne ne s’intéresse aux histoires indiennes » : j’ai entendu cette phrase au moins une fois dans toutes les rédactions où j’ai travaillé.

LE mauvaises blaguesparfois ouvertement racistes, des préjugés ou simplement l’incapacité à trouver un emploi s’il révélait qu’il était autochtone aura longtemps ralenti les revendications identitaires de Michel Jean. L’homme préfère vivre en paix.

J’ai commencé à en parler ouvertement lorsque ma grand-mère est décédée en 2010. Elle était comme mon lien avec la famille, ayant été élevée en dehors de la communauté.

Un homme debout.

Michel Jean demeure le seul présentateur de nouvelles autochtone en poste au Québec.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Se demandait alors le romancier. Quelle est la part indigène qui a survécu en lui ? Il a raconté ce retour aux sources dans son magnifique livre Atuk. Dans une interview, il met en avant un épisode en particulier, celui où il rencontre pour la première fois une de ses tantes, quelques heures après les funérailles de sa grand-mère.

Elle voulait me parler. Elle m’a dit : « Tu as l’Indien en toi. Je t’ai déjà vu dans des situations où les gens autour de toi se mettent en colère, mais tu es toujours calme, c’est ça l’Indien !

En dix ans, la situation des Autochtones au Québec a considérablement évolué, mentionne-t-il. Depuis, il y a eu le dépôt du rapport de la Commission de vérité et réconciliation, la mise en lumière du système des pensionnats et le décès de Joyce Echaquan, une mère Atikamekw qui a perdu la vie en 2020 à l’hôpital. de Joliette dans des circonstances troublantes. La tragédie de Joyce Echaquan a contribué à ouvrir les cœurs et les yeuxil observe.

L’auteur de 63 ans, qui ne souhaite pas s’identifier comme militant, affirme qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, notamment dans les médias québécois, en ce qui concerne l’embauche des Autochtones. Je vois des débouchés, notamment à Radio-Canada. Mais une ouverture n’est pas une porte ouverteil tempère.

Pour Michel Jean, la reconnaissance des peuples autochtones implique une présence accrue dans la vie économique du Québec, à tous les niveaux. Quand j’ai débuté dans le métier, il n’y avait pas beaucoup de femmes dans les médias. Les institutions ont mis en place des mesures en faveur des femmes. Cela a corrigé une profonde injustice. Les peuples autochtones ont également droit à leur place.

Qimmik est en vente en librairie depuis le 18 octobre.

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