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Nouvelles canadiennes

Pour le Pape, « le Synode n’est pas un projet de réforme »

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Rome

De notre envoyé spécial

Longue procession de tous les participants au Synode, traversant la place Saint-Pierre, laïcs en tête. C’est l’image symbolique qui restera de la messe très solennelle d’ouverture du Synode sur l’avenir de l’Église catholique, mercredi 4 octobre. Les tenues colorées des laïcs, qui pour la première fois dans l’histoire ont obtenu le droit de vote un synode, contraste avec l’uniformité des aubes blanches et des chasubles traditionnelles des évêques et des cardinaux. Mais tout le monde, clercs et « simples fidèles », a pris place à la droite du pape François.

La célébration, qui s’est déroulée dans la matinée sur la place Saint-Pierre baignée d’une lumière crue, en présence de plus de 20.000 fidèles, a été l’occasion pour le pape de rappeler ce qu’est le Synode qu’il a lancé. Et surtout ce qu’il n’est pas et ne doit absolument pas être. « Nous ne sommes pas ici pour diriger une réunion parlementaire ou un plan de réforme » il a immédiatement attaqué.

Pour mener ces projets titanesques, qui nécessitent une remise en cause de la culture interne de l’institution, « Nous n’avons pas besoin d’un regard immanent, fait de stratégies humaines, de calculs politiques ou de batailles idéologiques. Tout cela n’a servi à rien. », a balayé le Pape. Il a insisté à plusieurs reprises : « Le véritable protagoniste du Synode est l’Esprit Saint. »

Et d’appeler les participants à laisser leur « idéologies » à la porte de la salle Paul-VI, où ils se retrouveront pendant quatre semaines pour travailler en groupes sur des thèmes aussi cruciaux que le mode de prise de décision dans l’Église, la place de la femme et la formation des prêtres.

Alors que le Synode suscite, selon les courants internes à l’Église, des espoirs et des craintes quant aux réformes auxquelles il pourrait donner lieu, François a également rappelé ce qui constitue, selon lui, le véritable enjeu du processus, citant là son prédécesseur Benoît XVI. «Dieu s’est montré (au monde, NDLR), mais comment pouvons-nous aujourd’hui apporter cette réalité à l’homme, pour qu’elle devienne salut ? »

En effet, l’Église catholique, particulièrement confrontée à une crise de crédibilité et de vocations, est divisée sur le chemin à parcourir pour rester audible dans le monde. Face à des situations qui divisent les catholiques, comme la bénédiction des couples homosexuels ou l’accueil des migrants, le pape a plaidé, ce mercredi 4 octobre, pour une Église qui place au cœur de son message un ministère pastoral d’accueil et de miséricorde. UN « Église dont le joug est facile »qui n’impose aucun fardeau et qui répète à tout le monde : « Venez, vous qui êtes fatigués et opprimés, venez, vous qui vous êtes égarés ou qui vous sentez loin, venez, vous qui avez fermé les portes de l’espérance : l’Église est là pour vous. »

Dans son homélie, François a donné une méthode et un modèle : saint François d’Assise, commémoré le 4 octobre. « À une époque de grande lutte et de division, il n’a critiqué personne », « mais il prit les armes de l’Évangile : humilité et unité, prière et charité ». « Faisons de même » » enjoignit l’évêque de Rome.

Il a également dressé, dans son homélie, une liste de « tentations dangereuses »face aux défis et difficultés qui attendent l’institution catholique, à l’aube d’un projet crucial : « Être une Église rigide, qui s’arme contre le monde et regarde en arrière ; être une Église tiède, qui se soumet aux modes du monde ; être une Église fatiguée, repliée sur elle-même. »

Au fond, François cherchait à tout prix à dépolitiser l’Assemblée synodale pour l’ancrer dans une dimension essentiellement spirituelle : « Les moments où il y a le plus de fruit dans les Synodes sont ceux où il y a une atmosphère de prière » a-t-il ajouté dans son homélie, allant au-delà de son texte.

La raison pour laquelle il voulait le « pères et mères synodaux » effectuer, avant le début de leurs travaux, une retraite de trois jours, à 15 km de Rome (lire ci-contre). « Le Saint-Esprit brise souvent nos attentes pour créer quelque chose de nouveau, au-delà de nos prédictions et de notre négativité. »a assuré François, qui invite plus que jamais les acteurs du processus à s’appuyer sur la force de la prière.

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