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Entreprise

Pas de mouchoirs dans le sac violet ?

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Faits

Le site Internet de la Ville de Québec demande en effet de ne mettre que les déchets alimentaires dans le sac violet dont le contenu est destiné au Centre de biométhanisation de l’agglomération de Québec (CBAQ). Là, nos déchets organiques sont placés dans des « digesteurs anaérobies » où des bactéries, en l’absence d’oxygène, les transforment en méthane, essentiellement du gaz naturel mais sans être une énergie fossile. La partie solide qui en sort est utilisée comme compost ou engrais.

« Pour savoir ce qu’il y a dans le sac violet, précise la Ville, il suffit de se poser la question : est-ce comestible ou fait-il partie de quelque chose qui se mange ? Selon ce critère, il est donc clair que les « Kleenex », les serviettes et les essuie-tout ne doivent pas être inclus.

Mais voilà, le même site Internet mentionne aussi qu’en plus de 86 600 tonnes de déchets alimentaires par année, le CBAQ peut également traiter 96 000 tonnes de « biosolides (…) provenant de l’usine de traitement des eaux ». Il s’agit essentiellement de la partie solide des eaux usées, une fois que l’eau elle-même a été éliminée et purifiée. Or, le papier toilette constitue une part importante de ces « solides » – entre 30 et 40 %, cela varie d’une étude à l’autre.

Ce n’est pas un problème en soi : la plupart des études montrent que les bactéries qui peuplent les digesteurs anaérobies transforment très bien le papier toilette, ce qui n’est pas très surprenant puisque les principaux composants chimiques du papier, la cellulose et la lignine, qui dans le bois agissent à peu près comme une « brique » » et « mortier », pour ainsi dire, sont des molécules naturelles que les bactéries dégradent depuis la nuit des temps. Il apparaît que la lignine est plus résistante à la dégradation en l’absence d’oxygène (comme dans les digesteurs), mais pas suffisamment pour dire que le papier toilette ne se « biométhane » pas bien.

Alors pourquoi devrait-il en être autrement pour les mouchoirs, les serviettes et les essuie-tout ? Et bien il n’y a pas de raison : ils sont constitués essentiellement des mêmes molécules que le papier toilette et se transforment tout aussi bien dans les digesteurs. Cela s’applique également au compostage : la ville de Calgary, par exemple, qui composte au lieu de produire du biogaz, accepte tous ces papiers. (Il faut cependant noter ici que contrairement aux gros tas de compost industriel, les petits composteurs domestiques n’atteignent pas les températures nécessaires pour tuer les agents pathogènes. Dans ces cas-là, il vaut sans doute mieux ne pas les mettre dans ses mouchoirs souillés de fluides corporels. )

Le porte-parole de la Ville de Québec Jean-Pascal Lavoie m’a confirmé que le CBAQ est parfaitement capable de traiter les mouchoirs, les serviettes, etc. C’est pour simplifier le message que la Ville a choisi de s’en tenir à « ce qui se mange ou fait partie de quelque chose qui se mange ».

« Le problème, dit-il, c’est que cela a semé la confusion chez les utilisateurs et ouvert la porte aux questions des citoyens qui se demandaient s’ils pouvaient utiliser du papier ciré, parchemin ou aluminium. (…) Nous avons préféré éviter les risques de contamination de l’intrant avec du papier ciré, sulfurisé et aluminium en autorisant d’autres types de papier comme le papier de soie et les torchons.”

Cette « confusion » a été constatée lors du projet pilote qui a eu lieu en 2020, mais M. Lavoie n’a pas été en mesure de fournir des données (par exemple, sur le contenu des sacs violets) qui l’auraient démontré.

Verdict

L’animateur avait raison : l’usine de biométhanisation est parfaitement capable de traiter des mouchoirs et des serviettes. C’est pour des raisons de communication que Québec a décidé de demander à ses citoyens de s’en tenir à « ce qui se mange ou fait partie ».

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