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Nouvelles canadiennes

Orthodoxie mondiale, le dessous des cartes

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Quelles sont les racines historiques et géographiques de l’Orthodoxie ?

Descendantes des premières communautés chrétiennes fondées par les apôtres de Jésus, les Églises orthodoxes sont nées et se sont développées en Orient. En Ve siècle, les cinq anciens sièges patriarcaux (formant « la Pentaarchie ») que sont Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem structurent l’organisation du christianisme.

Sous un aspect politique, des désaccords théologiques et liturgiques surgirent bientôt entre l’Église romaine et les autres provinces. Face à l’impasse du dialogue, le grand schisme de 1054 entérine une séparation officielle entre Rome d’une part – sous l’égide, à l’époque, du pape Léon IX (1002-1054) – et Constantinople, ainsi que la majeure partie des fidèles d’autres territoires, d’autre part.

Les différences portent alors notamment sur la théologie de la Trinité, et sur la nature de l’autorité dans l’Église. « Les orthodoxes ne comprennent pas de la même manière la primauté de l’évêque de Rome », soutient le Père Yannick Provost, prêtre orthodoxe et professeur d’histoire officiant en Bretagne. Responsable du site pastoral des Chroniques du Sycamore, il constate quand même une différence d’attitude « autour d’une forme de légalisme religieux plus ancrée dans l’ancien Empire romain d’Occident, et sans doute moins partagée en Méditerranée orientale ».

Comment sont structurées les principales Églises orthodoxes ?

Après 1054, la Pentaarchie se retrouve réduite à quatre patriarcats« continuant à bien fonctionner entre eux, comme en témoignent les échanges réguliers de lettres ou la signature de documents communs entre les évêques et les hiérarques des différentes Églises entre l’an 1000 et le XXe siècle », poursuit le Père Yannick, pour qui « le dialogue n’est certes pas parfait, mais n’implique pas d’isolement particulier ».

L’émergence d’autres Églises reconfigure progressivement le paysage orthodoxe mondial. Et notamment celle d’un acteur de premier plan : alors que le Patriarcat de Constantinople cherchait, depuis la fin du Ier millénaire, à attirer dans son giron les peuples slaves – stratégie marquée par des entreprises missionnaires, comme celle des saints Cyrille et Méthode – , l’Église de Moscou se proclame indépendante en 1448. « Son autocéphalie (1) ne sera officiellement reconnue qu’en 1589 par Constantinople, sous réserve de subventions », retrace l’historien Antoine Nivière, professeur de civilisation russe à l’Université de Lorraine. Une reconnaissance qu’il met en corrélation avec la montée en puissance d’un « État fort ». Avec près de 150 millions de fidèles – sur 300 millions répartis sur les cinq continents – le Patriarcat de Moscou, dirigé par le patriarche Cyrille avec le soutien du Kremlin, a aujourd’hui l’ascendant sur le monde orthodoxe.

« Patriarchies », Églises « autocéphales », « autonomes »… Comment comprendre leur organisation canonique ?

Moins hiérarchique que le catholicisme mais plus structurée que le protestantisme, l’orthodoxie est régie par une organisation complexe, souvent relativement méconnue en Occident. En résumé, la dénomination recouvre une communion d’Églises autocéphales (1) sur le plan juridique, mais intimement liées les unes aux autres du point de vue de la foi et de la doctrine. Si aucun dirigeant de l’Église n’a autorité sur les autres, le patriarche œcuménique de Constantinople – Bartholomée Ier depuis 1991 – est considéré comme premier parmi les pairs (« premier parmi ses pairs »); il exerce ainsi sur les autres une primauté de l’honneur – dont les modalités sont notamment contestées par les Russes depuis la fin de la guerre froide.

Plus précisément, il existe aujourd’hui une quinzaine d’Églises orthodoxes autocéphales ; ceux de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche, de Jérusalem, de Géorgie, de Chypre pour les plus anciens – les patriarcats institués lors du concile de Chalcédoine, en 451. Mais aussi d’Albanie, de Bulgarie, de Grèce, de Pologne, de Roumanie, de Russie, de Serbie, de Slovaquie et d’Ukraine pour les le plus récent. Autre particularité, deux Églises orthodoxes jouissent d’une autonomie sans être autocéphales : celles de Finlande (rattachée à Constantinople) et du Japon (à Moscou). Enfin, il existe une petite myriade d’autres églises « indépendantes ».

Quels sont aujourd’hui les liens entre les différentes Églises, et autour de quelles sphères d’influence ?

La dernière grande tentative de réunir les différentes Églises autour de la table remonte au Concile panorthodoxe de Crète de 2016, le premier organisé depuis près de mille ans. Mais à l’époque, cela s’est soldé par un succès mitigé. Quelques jours avant son ouverture, quatre des quatorze Églises autocéphales avaient renoncé à y participer, au premier rang desquelles le Patriarcat de Moscou.

Entre cette dernière et celle de Constantinople, la tension atteint un nouveau niveau en 2018, lorsque Barthélemy décide de reconnaître une Église orthodoxe indépendante en Ukraine, créant de fait une nouvelle situation schismatique… qui n’a cessé de s’amplifier depuis le début de la Seconde Guerre mondiale. invasion en février 2022 en Ukraine.

L’offensive a depuis rebattu les cartes de l’orthodoxie mondiale, créant et défaisant les jeux d’alliance.. « Si cela se manifeste parfois plus subtilement sur le terrain, les Eglises de langue grecque ont été principalement refroidies par la guerre, tandis que celles des Balkans sont restées davantage sous l’orbite de Moscou », poursuit Antoine Nivière.

Dans les anciens territoires de l’Union soviétique (Estonie, Lettonie…) où elle était fortement présente, Moscou perd du terrain. Mais il étend son influence en Afrique « où le Patriarcat d’Alexandrie – assez actif dans les missions grâce au soutien de l’Etat grec depuis cinquante ans – est fragilisé ». Derrière ces questions géopolitiques complexes, le Père Yannick met désormais en garde contre un risque mettant en cause l’unité du monde orthodoxe : celui « pour nous faire oublier que le but premier de l’Église doit rester, dans notre monde, de témoigner du message de l’Évangile ».

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Clés pour comprendre l’Orthodoxie

Orthodoxie. Une introduction de référence à l’histoire, à la foi, aux rites et à la spiritualité

par Nicolas Kazarian

Éd. Eyrolles, 2018, 176 p., 12 €

Pédagogique, cet ouvrage présente l’histoire, les fondements et les pratiques de l’Orthodoxie. Vie des premières communautés, rapport au catholicisme, doctrine, organisation canonique des Églises, liturgie, importance des icônes ou encore tradition des Pères de l’Église… Ce vaste panorama constitue un outil précieux pour mieux comprendre le monde orthodoxe, sa culture et son influence plus contemporaine. Publié quatre ans avant le déclenchement de l’offensive russe en Ukraine, il n’évite pas la question des luttes d’influence et des volontés hégémoniques du Patriarcat de Moscou au cours des dernières décennies.

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ce que vous devez vous rappeler

Une quinzaine d’Églises orthodoxes autocéphales

Descendants des premières communautés chrétiennes fondées par les Apôtres, les Églises orthodoxes sont nées et se sont développées en Orient. En 1054, le Grand Schisme d’Orient confirme une séparation officielle de l’Église de Rome.

Il existe aujourd’hui une quinzaine d’Églises orthodoxes autocéphales. Regroupant le plus grand nombre de fidèles, le Patriarcat de Moscou ne cesse de rivaliser avec celui de Constantinople pour sa primauté juridique et spirituelle depuis la fin de la guerre froide.

Depuis son déclenchement en février 2022, l’offensive russe en Ukraine a rebattu les cartes de l’orthodoxie mondiale. En perte d’influence dans les anciens territoires du bloc soviétique, Moscou cherche désormais à étendre son influence en Afrique.

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