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Malheureusement, l’Antarctique a rattrapé l’Arctique

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Publié le 10 novembre 2023 à 13h05

Pendant des décennies, nous avons vu l’Arctique fondre visiblement. Le dérèglement climatique que cela provoque est déjà clairement visible. L’Antarctique semblait assez stable. Mais maintenant, de nouvelles observations du satellite Copernicus Sentinel-1 montrent que le continent sud perd également beaucoup de glace et rapidement. Celui qui a un peu ralenti le réchauffement climatique entre désormais dans la danse.

Daphné Buiron est glaciologue et docteur en géosciences de l’Université de Grenoble. Elle est également l’auteur du livre Vivre en Antarctique. Elle a toujours été passionnée par ce continent. Elle y a passé un an il y a quelques années sur la base française de Dumont d’Urville. Mme Buiron ne s’est pas arrêtée là puisqu’elle a également effectué des voyages au Groenland et des voyages dans l’Arctique. La différence entre les deux pôles de la Terre est, au fond, la raison pour laquelle la fonte des calottes glaciaires ne se produit pas au même rythme, rappelle-t-elle.

L’Arctique est une banquise posée sur un océan et entourée de terres. L’Antarctique, c’est le contraire, explique le scientifique. Nous avons 3 000 à 4 000 mètres de glace posées sur la terre ferme et entourées de plates-formes de glace qui reposent sur l’océan. L’Antarctique a toujours été beaucoup plus stable, car il y a beaucoup plus de glace qu’au pôle Nord et il y fait beaucoup plus froid. Sur le plateau de ce continent, il fait en moyenne -30°C en été et -50°C en hiver. C’est également là que la température la plus basse sur Terre a été enregistrée, -89,2°C en 1983. Mais avec le réchauffement de l’océan Austral, l’Antarctique est désormais un acteur important du changement climatique mondial.

Il existe désormais plusieurs similitudes entre nos deux pôles. Leur réchauffement a une grande influence sur la circulation océanique, qui à son tour a un impact sur le climat. Les courants-jets des deux hémisphères sont également modifiés par la fusion des pôles. Chaque année, on assiste à une fonte saisonnière des glaces. Pendant la saison froide, la glace se reforme, mais elle est plus fine, plus fragile, plus vulnérable et moins efficace pour ralentir le changement climatique mondial.

Tout comme les glaciers du Groenland, ceux de l’Antarctique sont infiltrés par les eaux de fonte estivale. Cette eau se trouve à la base des glaciers et agit comme un lubrifiant qui accélère leur mouvement vers la mer, créant des icebergs de plus en plus gros, qui se détachent de la banquise continentale. De plus, la chaleur permet des chutes de neige plus importantes. Ce poids supplémentaire sur la glace contribue également à cette accélération. Selon Copernicus, les plates-formes tabulaires de l’Antarctique ont perdu 40 % de leur superficie au cours des 25 dernières années. Ceux-ci jouent un rôle crucial dans le ralentissement du mouvement des glaciers. Non seulement le continent fond plus vite, mais le mécanisme qui pourrait ralentir la perte de glace est en train de disparaître.

La faune de nos pôles est également fortement affectée par le réchauffement climatique. Cette année, en Antarctique, 10 000 poussins de manchots empereurs sont morts à cause de la fonte des glaces marines. Selon Daphné Buiron, la banquise est partie trop tôt. Les poussins n’ont pas eu le temps de muer et possèdent ainsi leur plumage imperméable. Ils sont tombés à l’eau et sont morts de froid. Mme Buiron raconte que lors de son voyage en Alaska cet été qui s’est terminé à Alert Bay en Colombie-Britannique, la population autochtone de ce village lui a dit que les stocks de saumon sont très faibles. Le saumon constitue la principale source de nourriture de cette communauté. Non seulement le réchauffement et l’acidification de l’eau de mer réduisent le nombre de saumons, mais les ours bruns qui migrent, faute de nourriture, mettent en danger la population car ils les rencontrent désormais plus fréquemment sur les rives de la rivière où les habitants pêchent. Pour les habitants de ce village, c’est une catastrophe, car ils associent leur bonne santé aux effets bénéfiques de la consommation de ce poisson.

J’ai interviewé un aîné d’un village proche du cercle polaire arctique, se souvient Mme Buiron. Il a vécu toute sa vie sur la banquise. Il y chasse et le connaît comme sa poche. Il sait, par expérience, comment se comporte la glace et où il est risqué de s’aventurer. L’année dernière, il a traversé la glace à deux reprises, car celle-ci fondait plus vite que d’habitude ces dernières années. Contrairement à l’Antarctique, le pôle Nord est très peuplé. Tous les villages ont été construits au bord de l’eau. Mais aujourd’hui, l’érosion causée par le manque de glace et l’effondrement du pergélisol met ces communautés en danger. Plusieurs ne peuvent être sauvés et devront être relocalisés, souligne-t-elle.

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