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Nouvelles canadiennes

L’Orient, un festival de senteurs

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Cet automne, à l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris, les parfums nous mènent par le bout du nez. Dès l’entrée, on sent de jolis moucharabiehs en céramique pour découvrir les matières premières utilisées en Orient depuis l’Antiquité. Ici, les arômes puissants du musc, considéré dans le Coran comme l’odeur du paradis et pourtant dont l’origine n’est guère poétique : il provient des glandes d’un chevrotain himalayen ! Rassurez-vous : aucun animal n’a été maltraité pour l’exposition, l’arôme est désormais issu de molécules de synthèse.

A côté, une bouche d’argile exhale des larmes d’encens oliban, cette résine précieuse que les caravanes de chameaux transportaient à travers la péninsule arabique dès le 1ereuh millénaire avant JC. Plus loin, plongées dans la pénombre, trois installations interactives n’attendent que notre souffle pour déclencher un tourbillon de pétales et diffuser le délicat parfum de fleurs d’oranger, de roses ou de safran. Le parcours du visiteur est ainsi ponctué de surprises parfumées qui entretiennent sa curiosité jusqu’à la sortie.

Cette approche sensorielle ne manque pas d’audace. De nombreux musées se sont déjà cassé le nez avec des expositions « parfumées ». « C’est infiniment complexe, car chacun perçoit les odeurs à un seuil différent. Trouver le bon dosage est une question de savoir-faire. », assure Mathilde Castel, docteur en muséologie et membre du conseil scientifique de l’exposition « Parfums d’Orient ». La déception des institutions est souvent à la mesure du coût des investissements, comme lors de la rétrospective consacrée à Élisabeth Vigée Le Brun au Grand Palais en 2013, dont la porte d’entrée dégageait un parfum de roses. « Les visiteurs se plaignaient d’abord de ne rien sentir puis, après s’être adaptés, que l’odeur était trop forte ! »se souvient Mathilde Castel.

Dix ans plus tard, les dispositifs techniques se sont améliorés. Dès la conception de l’exposition, les deux commissaires Agnès Carayon et Hanna Boghanim se sont entourées de professionnels talentueux : le parfumeur Christopher Sheldrake, collaborateur depuis trente ans de Serge Lutens, et le jeune studio Magique, spécialisé dans la mise en œuvre technique de projets artistiques liés à l’odorat. . Leur mission : accompagner le discours scientifique de manière éloquente et parfumée tout en évitant « l’effet Sephora », cette « overdose de senteurs » qui rend parfois malade les clients des parfumeries.

Sur le modèle de la Cité du vin de Bordeaux et de son « buffet des cinq sens », les équipes de Magique se sont concentrées sur des installations permettant de limiter la propagation des odeurs. « Concrètement, on fait passer l’air à travers des perles de parfum solide. Cela évite la propagation des micro-gouttelettes qui saturent l’espace et permet de sentir distinctement chaque odeur. », explique Marie Vialle, designer chez Magique. De minutieux travaux d’entretien sont prévus pendant toute la durée de l’exposition, notamment pour remplacer les cartouches des diffuseurs cachées dans les cimaises et les céramiques odorantes qui se dégraderont au fil des jours.

Pour Christopher Sheldrake, cette collaboration avec un musée est une première et un défi majeur, tant sur la forme que sur le fond. « Le berceau de la parfumerie orientale se situe autour de l’Arabie heureuse », comme l’écrit Strabon, un vaste territoire qui s’étend du bassin méditerranéen jusqu’à l’Éthiopie, la péninsule arabique et l’Iran. Comment trouver les points communs de toutes ces cultures, goûts et histoires ? », a demandé le parfumeur. Lui-même a longtemps puisé dans le riche imaginaire oriental pour façonner des parfums enivrants aux noms évocateurs : « Ambre sultan », « Cuir maure », « Fumoir turc », « Sarrasins »…

Pour la « table du parfumeur », l’un des temps forts de l’exposition, il s’est posé en historien en reconstituant le kyphi, parfum mythique dont les recettes étaient inscrites sur les parois des tombeaux égyptiens. L’élégante installation en métal cuivré décompose trois étapes de sa fabrication : on sent dans un premier cornet un mélange de myrrhe, de mastic pistache et de genévrier ; puis le cocktail auquel ont été ajoutés de la cannelle et du jonc parfumé, et enfin du miel.

Cet appareil ludique constitue une bonne illustration de la complexité du métier de parfumeur, qui puise dans une palette de près d’un millier d’ingrédients pour composer son « jus » final. Christopher Sheldrake termine en beauté ce voyage olfactif avec une création personnelle, « Secret d’alcôve », dont chaque visiteur peut déposer une goutte au creux de son poignet. Un parfum rosé, fruité et musqué, aux légères notes de bois de oud, de safran et d’ambre… La quintessence du parfum oriental, en somme.

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