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Nouvelles canadiennes

L’Opéra de Lille, les airs juvéniles d’un théâtre centenaire

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Où Edgar P. Jacobs, le célèbre auteur de bande dessinée, créateur de Blake et Mortimer, a-t-il brillé comme baryton en 1929 ? Où Édith Piaf a-t-elle donné son dernier concert, le 31 mars 1963 ? Où, en 1986, le réalisateur américain Robert Altman a-t-il réalisé Les progrès du râteau, Le chef-d’œuvre de Stravinsky ? A ces trois questions, il n’y a qu’une réponse : à l’Opéra de Lille. Un tel quiz pourrait soulever bien d’autres questions, tant, en cent ans d’existence, ce théâtre situé au cœur de la capitale du Nord a vécu une histoire riche.

Sa directrice actuelle – depuis 2001 -, Caroline Sonrier (rare femme à présider aux destinées d’une institution lyrique), a souhaité programmer une saison anniversaire à l’image du lieu: hommage sans nostalgie au passé, ancrage dans la région lilloise, audace artistique. Ce dernier point a été puissamment illustré par la nouvelle production de Don Giovanni de Mozart, confié au réalisateur Guy Cassiers. Débordement de chair et de sang, appétit sans limite d’un séducteur destructeur et autodestructeur.

Dans la fosse, la chef d’orchestre Emmanuelle Haïm, au meilleur de son talent, a retrouvé le public nordiste auquel elle est fidèle depuis 2004. Cela fait en effet près de vingt ans que la musicienne et son Concert d’Astrée sont en résidence. à l’Opéra de Lille. « Le casting vocal, avec plusieurs rôles assumés par de jeunes chanteurs, a été bousculé par cette vision radicale de Guy Cassiers, mais aussi merveilleusement soudé dans un joyeux travail d’équipe. »témoigne Caroline Sonrier.

Résumant ainsi la conception de l’art lyrique que la scène lilloise défend et diffuse, dans un enthousiasme collectif, sur scène et dans la salle. Il convient d’y ajouter une forte ambition écologique, l’établissement (premier opéra de France) ayant obtenu en mars 2021 la certification internationale ISO 20121, attestant d’une « une gestion socialement et écologiquement responsable ». Lors de son inauguration, le 7 octobre 1923, le Grand Théâtre de Lille remplace définitivement la salle Lequeux, détruite par les flammes vingt ans plus tôt. « Ad Alta per Artes », autrement dit « Au sommet grâce aux arts », » lit-on sur le fronton de l’édifice, conçu par l’architecte Louis-Marie Cordonnier, maître du régionalisme flamand. Remarquable, la forêt de plus de 1 000 pieux en béton armé assurant la stabilité du bâtiment, ainsi que les équipements prévus pour le protéger des dangers d’incendie, dont une pompe capable de rejeter 3 000 litres d’eau par minute…

La façade de style néoclassique – Cordonnier avait une grande admiration pour Charles Garnier et Viollet-le-Duc –, l’élégance des proportions, le charme du foyer largement ouvert sur l’escalier d’honneur et les déambulatoires, confèrent à l’édifice une « physionomie » accueillante. Comme il est facile de s’orienter avant ou après le spectacle et pendant les entractes ! Jusqu’à la guerre de 1940, les événements se succèdent autour d’un répertoire éclectique, de Mozart à Berlioz et de Verdi à Debussy, en passant par Pelléas et Mélisandecréé à Paris en 1902, qui fit sa première à Lille en 1927… Malgré la crise économique des années 1930 qui fragilisa l’institution, l’Opéra de Lille inaugure ses émissions radiophoniques le 15 décembre 1932, avec le troisième acte de La Walkyrie, par Wagner.

Mais, à partir de janvier 1941, le théâtre fut réquisitionné par les occupants, qui programmèrent des artistes d’outre-Rhin pour le public allemand, jusqu’à ce que les Alliés le restituent aux Lillois le 4 septembre 1944. Il faudra cependant attendre 1946. qu’une œuvre lyrique ait été à nouveau produite, le Faust de Gounod, avec la basse André Pernet dans le rôle de Méphisto… Par la suite, les périodes favorables alternent – Le vaisseau fantôme de Wagner, en 1957, dans une mise en scène de Pierre Nougaro, le père de Claude – et diverses crises, tant financières que politiques, tandis que le bâtiment se dégrade peu à peu.

Une campagne de travaux débute au printemps 2002, pour un budget de 17,5 millions d’euros. Le 9 décembre 2003, la réouverture s’inscrivait dans le cadre des festivités de « Lille Capitale Européenne de la Culture ». Désormais labellisé Théâtre Lyrique d’Intérêt National (depuis 2017), l’Opéra se veut plus que jamais ouvert à tous, créateurs et spectateurs. Concerts du mercredi, séances « Happy Days » et « Happy Times » pour les familles, ateliers de pratique vocale « Finoreille », couronnés par une représentation sur la scène de l’Opéra… et bien d’autres initiatives sont source de rajeunissement pour la salle centenaire.

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