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Nouvelles canadiennes

L’hydre à deux têtes et la pornographie

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L'hydre à deux têtes et la pornographie

Le 27 septembre 2022, un rapport parlementaire au titre évocateur, « Porno : l’enfer de la déco », avait conduit le gouvernement à promettre des mesures efficaces pour bloquer l’accès des mineurs aux sites pornographiques, mais aussi pour garantir que les criminels qui opèrent dans l’industrie pornographique – proxénètes, escrocs, exploiteurs, tyrans et nombreux violeurs – soient poursuivis et mis hors d’état de nuire. chemin. Il y a un an, ce rapport avait été publié dans un contexte d’opinion publique vigilante, puisqu’il avait été précédé en 2020 d’une série de mises en examen liées à un réseau porno amateur, qui avaient donné lieu à une série d’enquêtes journalistiques très suivies. Rien n’a changé depuis, ou presque, si ce n’est que dix-sept des hommes concernés par l’information judiciaire de 2020 seront prochainement jugés pour viol collectif, traite d’êtres humains en bande organisée ou encore proxénétisme aggravé. Le blocage de l’accès aux sites pornographiques n’a finalement pas eu lieu. Des millions d’enfants continuent de regarder du porno et les femmes continuent d’être exploitées, humiliées et violées. Un nouveau rapport sur la pornographie, réalisé par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), a été publié le 27 septembre 2023.

Il suffit de jeter un œil à certains chiffres avancés par les auteurs dudit rapport pour avoir la nausée : 90 % des contenus pornographiques diffusés sur les plateformes spécialisées présentent des actes de violences non simulés contre les femmes. Parmi ces vidéos, 55 % des Français et 51 % des garçons de 12 ans en consomment chaque mois (59 % des garçons de 14 ans et 65 % des garçons de 16 ans).

Pourquoi les choses n’avancent-elles pas plus vite ? La société dans laquelle nous vivons met constamment en garde contre les violences sexuelles, la dignité du corps d’autrui, etc. Mais cette même société est marquée par un érotisme omniprésent, par une exacerbation de la tension sexuelle, par une marchandisation (et donc par une normalisation) de fantasmes – j’ai l’impression d’être un vieux con quand j’écris ça, mais bon, c’est quand même très juste : il suffit de regarder les publicités et les réseaux sociaux. L’adolescent que j’étais se souvient encore très bien de la publicité pour Opium de Saint-Laurent qui ornait l’abribus devant sa résidence. Nous vivons dans un monde qui ne sait ni qui il est ni où il vit. Hydre à deux têtes, dont l’une surexcite les adolescentes tandis que l’autre les incite à porter un regard chaste et désexualisé sur les filles.

Mais qu’est-ce que le monde, sinon tous ceux qui, l’habitant, façonnent son visage ? C’est-à-dire le reste d’entre nous. Si le monde est consumériste, injuste, polluant, violent, esclave de l’argent et de ses fantasmes sexuels, en un mot mondain, à qui la faute ? Pourtant, la tentation est grande, et banale, de se dissocier du « monde », d’une manière de vivre et de penser qui ne correspond pas à l’absolu auquel nous revendiquons. « Nous sommes dans le monde mais pas du monde »on entend parfois chez les chrétiens, selon un résumé un peu hâtif du chapitre 17 de saint Jean : « Je ne prie pas pour que vous les retiriez du monde, mais que vous les préserviez du Malin. Ils n’appartiennent pas au monde, tout comme je n’appartiens pas au monde. » Si Jésus a prié pour que ses disciples soient tenus à l’écart du Malin, c’est parce qu’ils ne l’étaient pas encore. Si donc, en tant que chrétiens, nous « nous n’appartenons pas au monde », cela ne signifie pas que nous sommes parfaitement libérés du péché qui gouverne et asservit le monde, mais plutôt que nous sommes faits pour devenir libres comme le Christ. Si nous prétendons encore renouveler la face du monde, commençons par nous prémunir des sordidités du Mal, sur nos écrans ou ailleurs. Tout en espérant que les pouvoirs publics, de leur côté, tiendront leurs promesses.

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