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Nouvelles canadiennes

Les wampums, symboles des alliances du XVIIe siècle à nos jours

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Objets rares aujourd’hui, les wampums étaient, au 17e et 18e siècles, au cœur de la création d’alliances entre Européens et nations autochtones. Cette fonction est une nouvelle fois remplie à l’occasion d’une collaboration inédite entre le Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, à Paris, et le Musée McCord, à Montréal.

Plus de 40 wampums sont rassemblés ici, ce qui est probablement le plus grand nombre en un seul endroit depuis des siècles ! explique Jonathan Lainey, conservateur des collections autochtones au Musée McCord Stewart et spécialiste du wampum.

Selon cet expert, les wampums – également appelés colliers wampum – étaient si importants au 17e et 18e siècles qu’il ne serait pas surprenant que plus d’une centaine d’entre eux soient présents lors d’événements marquants, notamment la Grande Paix de Montréal en 1701.

Jonathan Lainey lors d’une visite médiatique de l’exposition animée.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Gill-Couture

Pour arriver à une telle offre pour l’exposition Wampum : perles de diplomatie, qui ouvre vendredi à Montréal, les musées McCord Stewart et Quai Branly – Jacques Chirac ont dû faire appel à diverses institutions au sein desquelles les wampums étaient dispersés.

Retour à la maison

Selon les organisateurs, il aura fallu environ cinq ans pour rassembler et former des partenariats pour une exposition de cette ampleur. L’idée est née du projet de recherche entrepris sur les collections royales d’Amérique du Nord, mené par diverses institutions françaises.

Le travail entourant cette exposition comprend une part importante de recherche archivistique et d’analyse physique, qui permet d’en savoir plus non seulement sur l’origine des objets mais également sur les matériaux utilisés. Connaître ces objets uniques au monde permettra de savoir comment les restaurer, notammentexplique le responsable de l’unité Patrimoine des Amériques au musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paz Nuñez-Regueiro.

Le fruit de cette collaboration permet aux communautés autochtones de retrouver des objets offerts par leurs ancêtres il y a des siècles.

C’est le cas d’un exceptionnel collier wampum, fabriqué en 1699 par la nation abénakise et offert à la cathédrale Notre-Dame de Chartres, en France.

Une vitrine contient trois wampums et une cloche en argent.

Le wampum inférieur était fabriqué par les Abénakis en offrande à la Vierge Marie. Elle est conservée à la cathédrale de Chartres, dédiée à la Vierge, depuis 1699. En échange, la cathédrale offrit aux Abénakis la cloche d’argent visible au-dessus. Ces deux objets sont réunis pour la première fois alors qu’ils sont liés depuis plus de trois siècles.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Gill-Couture

Ce wampum est composé d’environ 10 000 perles de wampum particulièrement bien coupées et est tapissé de piquants de porc-épic teints. Il s’agit de l’un des plus beaux exemples qui existent, et c’est la première fois qu’il revient en Amérique du Nord depuis sa conception il y a plus de trois siècles.

Il en va de même pour un wampum réalisé très tard, en 1831, par des représentants des trois nations qui vivaient alors côte à côte dans la région d’Oka, soit les Mohawks, les Nipissing et les Anishinaabeg.

Ils l’ont fait pour le donner au pape Grégoire V et c’est la première fois depuis lors qu’il quitte le Vatican. Les gens de Kanesatake le savent et il leur sera beaucoup plus facile de venir le voir ici qu’en Europe.explique Jonathan Lainey.

Objets de paix, de guerre, de prestige

Bien que les wampums existent depuis des temps immémoriaux, notamment chez les nations iroquoiennes, ils ont grandement gagné en popularité après l’arrivée des outils métalliques, échangés lors des premiers contacts avec les Européens.

Un objet dans une vitrine de musée est constitué de perles de wampum blanches.

Avant l’arrivée des outils métalliques, les perles taillées étaient généralement plus grosses, comme celles que l’on voit sur cet objet.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Gill-Couture

Les outils métalliques ont complètement changé la façon dont les perles wampum étaient produites. Ils ont rendu la découpe des coquilles beaucoup plus facile et précise. Ce travail reste difficile, mais dès le début du XVIIe siècle, de véritables industries de fabrication de perles apparaissent sur la côte atlantique. Ils ont été fabriqués par milliers.

Les colliers wampum se généralisent alors, inclus comme objets de grande valeur dans les échanges diplomatiques, jusqu’à devenir indispensables à toute alliance.

Tout le monde devait se les procurer (des perles) pour fabriquer des wampums à présenter lors des réunions. Les Français et les Anglais les ont fabriqués. Dans les archives de l’époque, on a même vu mention d’une commande de 31 « colliers de guerre » devant être fabriqués au Québec. Imaginez le travail et combien cela a dû coûter cher ! (…) Mais les Français n’avaient pas le choix, car sans leur réseau d’alliances, ils n’avaient pas de pouvoir en Amériqueexplique Jonathan Lainey.

LE grand bouleversement

Ce fut le cas dans l’est de l’Amérique du Nord tout au long de l’âge d’or des wampums, le 17e et 18e des siècles. Les choses ont changé après la guerre de 1812, époque de la dernière grande alliance militaire impliquant les Premières Nations.

Petit à petit, les wampums sont ensuite tombés dans l’oubli, même si certains continuent de se transmettre de génération en génération.

Le 19e siècle, c’est le grand bouleversement en termes de rapports de force. C’est la création du Canada, la réserve, la Loi sur les Indiens, les pensionnats (pour les autochtones) qui commencent. Tous ces facteurs contribuent à ce que l’on accorde de moins en moins d’importance au wampum.explique Jonathan Lainey.

Un jour, des collectionneurs commencèrent à s’intéresser à ces objets et à les collectionner. De nombreux Autochtones qui possédaient des objets historiques de leur famille ont été contraints de les vendre à des fins de subsistance.

Les ethnologues de l’époque considéraient les wampums comme les reliques d’une race vouée à disparaître.

Aujourd’hui, la plupart des wampums conservés dans les musées d’Amérique du Nord proviennent de ces collections et leur origine est, dans la plupart des cas, perdue. Cependant, les travaux visant à les identifier se poursuivent en partenariat avec différentes nations autochtones.

Cinq wampums dans une exposition.

Un exemple de plusieurs wampums présentant des symboles de paix ou d’alliance : mains liées, lignes reliant diverses formes géométriques, etc.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Gill-Couture

Il est certain qu’une exposition comme celle-ci suscite l’intérêt des Premières Nations. Il n’est pas impossible que certaines personnes venant la voir aient des informations sur des objets. Ce serait génialindique le conservateur montréalais.

L’exposition Wampum : perles de diplomatie est exposée au Musée McCord jusqu’au 3 mars 2024. L’entrée est gratuite pour les membres des communautés autochtones.

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