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Sport

Les voyous sont-ils de retour ? | Vous avez vu?

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En Italie, un commando de supporters du club de l’AC Milan s’en est pris à des supporters du Paris Saint-Germain à la veille d’une rencontre entre les deux clubs. Un supporter français a été poignardé et deux autres ont été blessés.

A Naples, 300 ultras allemands, à la veille du match de l’équipe de Berlin contre celle de Naples, ont vandalisé certains quartiers de la ville. A noter : les 300 supporters avaient tous une apparence très athlétique et étaient tous habillés de la même façon, pour ne pas être identifiés. La presse italienne n’hésite pas à en parleractes de commando.

Il y a quelques semaines, c’est le bus de l’équipe de l’Olympique Lyonnais qui a été attaqué à coups de pierres par des hooligans, blessant certains joueurs et leur entraîneur.

Ces faits sont loin d’être isolés. Depuis plusieurs mois, on assiste à des bagarres entre supporters dans les stades et à l’extérieur des enceintes sportives. Dans les tribunes, ceux désignés comme hooligans scandent des cris homophobes et racistes et brandissent des banderoles et des drapeaux sans équivoque. On peut y voir des insignes néo-nazis ou ceux rappelant, de triste mémoire, les esclavagistes confédérés.

Face à cette recrudescence des violences armées et des affrontements, on peut se demander si les hooligans des années 1980 sont de retour.

Un petit flash-back. En 1985, la tragédie du Heysel sensibilise. Le 29 mai prochain, le stade belge s’apprête à accueillir la Coupe des clubs champions européens entre le club italien de la Juventus Turin et le club anglais de Liverpool. Quelque 60 000 personnes sont entassées dans le stade.

drame au stade du Heysel en 1985

Photo : afp via getty images / DOMINIQUE FAGET

Avant le coup d’envoi de la finale, des supporters anglais envahissent la tribune des supporters italiens et des échauffourées commencent. Une panique s’ensuit. Les Italiens s’échappent tant bien que mal et tentent de courir vers le terrain. Certains finiront écrasés, piétinés et étouffés à mort. Soudain, on découvre l’ampleur du drame : 39 personnes sont mortes et 600 autres ont été blessées.

Les gouvernements tenteront de mettre en œuvre une série de mesures, telles que l’établissement d’une liste internationale de supporters indésirables (qui seront interdits d’accès aux stades), la limitation de la vente d’alcool dans les stades et l’imposition de peines de prison sévères contre les provocateurs.

Pourtant, près de 40 ans plus tard, force est de constater que la gangrène est toujours présente dans les stades et à l’extérieur lors des manifestations sportives.

Alors qui sont ces fauteurs de troubles hautement organisés ?

Sébastien Louis est un spécialiste des comportements radicaux des supporters en Europe. Il est également l’auteur du livre Les Ultras, les autres protagonistes du football publié en 2017. Contacté au Luxembourg par Radio-Canada Sports, il explique qu’il faut différencier les groupes de supporters radicaux.

En Europe, il y en a trois, souligne-t-il. Il y a (d’abord) l’école du hooliganisme anglais. Ils se rendent au stade pour affronter d’autres hooligans.

Il y a les Ultras italiens, qui sont là pour créer de l’ambiance dans les stades, mais qui acceptent aussi l’idée de violence. Ce n’est pas au cœur de leur démarche, mais cela fait partie de leur mode d’action.

Enfin, nous avons un modèle balkanique, gréco-turc, qui est une synthèse des deuxil ajoute.

Le spécialiste insiste sur le fait que violence et football ont toujours été étroitement liés.

C’est un vieux couple ! En Italie, le premier championnat a lieu en 1898, devant à peine une centaine de spectateurs. A cette époque, il y avait très peu d’équipes, très peu de matches. Malgré tout, dès 1904, des incidents de violence se produisent. Les spectateurs, qui sont des aristocrates, qui ont parié de grosses sommes, envahissent le terrain pour attaquer l’arbitre, car ils pensent que c’est à cause de lui qu’ils ont perdu leurs paris.

Un hooligan hongrois dans les tribunes

Un voyou hongrois

Photo : Getty Images / Lars Baron

Sébastien Louis explique pourquoi ces groupes de supporters appellent à la violence dans les stades et à l’extérieur des tribunes.

C’est un match dans le match qui se joue. Les supporters radicaux veulent eux aussi être les protagonistes du match. C’est donc dans et hors des tribunes que les hooligans affronteront leurs adversaires. Ils veulent démontrer que physiquement, ils peuvent l’emporter contre eux. Les Ultras interviendront aussi si on vient les provoquer.

Aux yeux du spécialiste, ce qui s’est passé dans les rues de Milan, entre Milanais et Parisiens, était annoncé.

Les Parisiens présents étaient tout sauf des touristes venus assister au match. Ils savaient très bien que le quartier des Navigli est le lieu de rencontre de la jeunesse milanaise. Ils avaient même publié sur les réseaux sociaux qu’ils étaient là et qu’ils attendaient les hooligans milanais. Et quelques membres de la Curva Sud, une centaine, se sont mobilisés pour y faire face.

Conformément à la croyance populaire, on pourrait croire que ces hooligans sont issus de milieux défavorisés, à la recherche d’une famille ou d’une confrérie. Sébastien Louis est catégorique : on retrouve tous les horizons dans ces groupes organisés.

Les Ultras du PSG

Le groupe des Ultras du Paris St Germain

Photo : afp via getty images / FRANCK FIFE

Vous seriez surpris de voir des avocats, parmi eux des chefs d’entreprise. D’ailleurs, l’un des dirigeants du groupe parisien est directeur de banque. La seule chose qui les caractérise, c’est leur âge : ils ont entre 20 et 40 ans. Je peux vous donner l’exemple de la Suède, qui a son lot de hooligans. Et bien là, on parle même de mixité sociale. On peut trouver parmi eux des membres de l’extrême droite comme de l’extrême gauche, et on a même des individus qui ont d’autres origines ethniques, et qui sont acceptés s’ils savent donner un coup de poing.

Alors, quelles sont les solutions? Le spécialiste des partisans radicaux en Europe estime que le FIFA et leUEFA devrait desserrer le cordon de la bourse.

Il faudrait créer un laboratoire qui rassemble des chercheurs comme des ethnologues, des sociologues, des historiens… et ensuite établir un lien avec les autorités pour réduire les violences et les tensions, dit-il. Nous devons en effet marcher sur deux jambes : une jambe qui est la prévention et une jambe qui est la répression. Cela ne sert à rien d’allonger les peines. En Italie par exemple, on peut être banni des stades pendant 10 ans et pourtant la violence continue.

Aujourd’hui, nous avons suffisamment de législation ; il faut se donner les moyens de l’appliquer pour apaiser les tensions. Il faudrait prendre de l’argentUEFA et le FIFA financer de véritables laboratoires de recherche qui permettent de trouver des solutions.

Il ajoute qu’une formation spécialisée devrait être dispensée aux policiers.

Il ne faut pas oublier d’offrir une véritable formation aux policiers qui travaillent dans ces domaines, car trop souvent, ils ne sont pas formés pour ce type de situation et ce type d’individus. On l’a encore vu hier (mercredi) soir, en Italie, où la police aurait pu intervenir plus rapidement si elle avait pris la peine, comme je l’ai fait, de suivre ces groupes sur les réseaux sociaux.

Comme l’a déclaré l’ancien collègue du Devoir Jean Dion : Le sport, c’est aussi du hooliganisme, des énergies considérables canalisées vers la bêtise.

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