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Nouvelles canadiennes

Les soignants, un coût autant qu’un atout pour l’entreprise

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« Sur les soignants, l’entreprise est confrontée à un déni autant qu’à un tabou », résume Jean-Manuel Kupiec, conseiller à la direction de l’Ocirp, un organisme de protection sociale engagé de longue date auprès des « soignants », ces personnes qui viennent en aide à un proche malade, handicapé ou dépendant.

Un déni, « parce que les salariés osent encore rarement parler de leur situation dans l’entreprise », il continue. Seuls 25 % en ont parlé dans un contexte professionnel, contre 52 % qui refusent d’en parler, selon la dernière édition du baromètre de l’Observatoire Ocirp de l’aide aux salariés (1). « C’est aussi un tabou, car l’entreprise elle-même semble craindre d’ouvrir le dossier », il assure. « Mais ce déni et ce tabou s’aggravent à mesure que le choc démographique du vieillissement va bouleverser l’ensemble de la société, et donc les entreprises. »

Le baromètre Ocirp souligne ainsi toute l’ambiguïté des entreprises sur le sujet : si 89% des directeurs des ressources humaines (DRH) affirment que la situation des soignants est un sujet prioritaire dans leur entreprise et 73% qu’ils s’estiment suffisamment informés sur la question, 53 % d’entre eux pensent que c’est aussi un « un sujet tabou » et 55% à reconnaître que le nombre de soignants n’est pas suffisamment bien évalué dans l’entreprise. Ce qu’observent les collaborateurs aidants, dont seulement 67% considèrent le sujet important dans leur entreprise, et 37% considèrent que leur service RH est suffisamment informé…

« Les responsables RH donnent une impression de maîtrise, mais c’est une boîte de Pandore qu’ils ne veulent pas ouvrir de peur de se confronter aux conséquences du vieillissement. » regrette Jean-Manuel Kupiec. « Or, toutes les études soulignent que nous serons appelés à être soignants plusieurs fois au cours de notre vie. »

Selon une étude des ministères sociaux, 9,3 millions de Français sont soignants en France. « Et comme on ne construit presque plus de maisons de retraite, les personnes âgées dépendantes seront hébergées à domicile », rappelle Patricia Ardillier, directrice de TH Conseil, qui accompagne les entreprises dans l’intégration du handicap. Un quart des salariés de plus de 50 ans sont confrontés à une maladie chronique : cela signifie que, potentiellement, autant de conjoints seront appelés à les aider. » Avec des effets importants sur la vie de ces soignants. Selon le baromètre Ocirp, 57 % d’entre eux constatent un impact sur leur charge de travail mental, 50 % sur leur équilibre de vie, et autant sur leur santé.

Les conséquences sont également fortes sur le travail lui-même : 45 % des salariés aidants déclarent que leur situation a un effet sur l’organisation de leur travail, 44 % sur son efficacité et 43 % sur sa qualité. « Selon une étude de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), les salariés bienveillants consacrent en moyenne 22 heures par semaine à leur proche : il faut qu’ils soient absorbés et cela a forcément un impact sur le travail », souligne Patricia Ardillier. Les démarches administratives, par exemple, ne peuvent se faire que pendant la journée, donc nécessairement pendant les heures de travail. »

« En tant que psychothérapeute, j’ai aussi pu constater les effets de la charge mentale sur les soignants » continue-t-elle. Elle constate ainsi les conséquences sur la santé, quand 51% des soignants déclarent avoir déjà renoncé à consulter un médecin, le plus souvent par manque de temps. Plus d’un quart (29%) admettent également avoir pris un ou plusieurs arrêts maladie.

« Que ce soit en termes de santé, d’efficacité, de productivité ou d’absentéisme, l’assistance génère des coûts cachés pour les entreprises. » souligne Nathalie Chusseau, professeur d’économie à l’université de Lille. Si les études sur la question sont rares en dehors du monde anglo-saxon, le chercheur s’est attaché à estimer ces « coûts cachés ».

« Au niveau macroéconomique, les aides coûtent aux entreprises privées entre 24 et 31 milliards d’euros, elle croit. Pour une entreprise d’une centaine de salariés, cela représente un surcoût de l’ordre de 10 % de sa masse salariale. »

« C’est d’autant plus dommageable pour les entreprises que négliger l’aide coûte plus cher que de proposer des solutions pour améliorer la prise en charge des soignants. » assure-t-elle, soulignant comment les compétences acquises par les soignants pourraient bénéficier à leur entreprise. « L’empathie, l’écoute, l’organisation, la résistance au stress, les compétences complexes comme la gestion budgétaire ou la coordination de multiples acteurs sont des atouts sous-exploités par les entreprises. » elle explique.

Mais aujourd’hui, la validation des acquis de l’expérience (VAE) ne concerne que les compétences acquises dans le domaine de l’assistance à la personne. Il suffit de dire qu’il est peu attrayant pour les salariés qui n’envisagent pas une carrière d’infirmière auxiliaire ou d’aide-soignant. « Tant que nous ne sortirons pas du déni et du tabou, nous ne réussirons pas » tempête Jean-Manuel Kupiec qui plaide pour une meilleure information des responsables RH et, surtout, « Libération de la parole en entreprise ».

« On constate que, lorsqu’ils acceptent de parler de leur situation, 44 % des salariés aidants se tournent vers leurs collègues, 31 % vers leur manager, mais seulement 14 % vers les RH et 7 % vers les institutions représentatives du personnel. note-t-il. Il appelle donc à la mise en place d’un système de « émulation par les pairs »où d’autres salariés, formés ou ayant été eux-mêmes soignants, pourraient jouer le rôle de « tiers de confiance » informer et guider les soignants dans leurs démarches.

« Réunir salariés, direction et syndicats pour co-construire des solutions peut être un moyen d’instaurer une véritable dynamique d’entreprise en impliquant chacun sur un sujet qui peut toucher chacun, quel que soit son âge ou son niveau hiérarchique. « , développe Patricia Ardillier, également présidente d’Humaninnov, une plateforme engagée pour l’innovation sociale en entreprise.

« Les responsables RH ont donc tout intérêt à s’impliquer dans l’accompagnement » poursuit-elle en soulignant tous les bénéfices en termes de performance, de fidélité des salariés à l’entreprise qui les a accompagnés, mais aussi en termes de responsabilité sociale d’entreprise (RSE). « Il est d’autant plus important que soit mise en place la taxonomie sociale et sociétale des entreprises, qui permettra d’intégrer dans leur bilan leur impact positif en la matière. »

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