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Nouvelles canadiennes

« Les quêtes spirituelles peuvent désormais concerner l’écologie ou le business »

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Qu’est-ce que le projet Forum 104 à Paris ?

Depuis quarante ans, Forum 104 est à l’écoute de la manière dont nos contemporains vivent leur quête intérieure. Avec ses 300 associations membres, qui proposent des conférences, des ateliers, des méditations de toutes traditions, elle accueille des « chercheurs de sens », sans a priori, en s’appuyant sur leurs propres convictions religieuses. C’est un laboratoire idéal pour observer les pratiques spirituelles, qui n’ont cessé de se diversifier.

Comment ont-ils évolué en France ?

Le Forum 104 a été lancé en 1984 dans le but d’un dialogue interreligieux, s’ouvrant notamment à des quêtes de sens importées d’Orient, imprégnées de bouddhisme et d’hindouisme, avec des cadres et des référents identifiés. Au cours des années 1990, ces quêtes se sont individualisées, empruntant à telle ou telle religion selon leurs besoins. Cette personnalisation « à la carte » un peu anarchique s’est orientée assez vite vers le développement personnel. Déjà, le besoin de cohérence de vie, de réconciliation intérieure et de pacification se fait sentir, en résonance avec le New Age hérité des années 1960 et de la psychanalyse. On le voit dans les années 2000 avec des personnalités comme Simone Pacot et elle Évangélisation des profondeurs ; la Maison Tobie, tentant d’allier pratiques de méditation orientales et respect du christianisme, ou encore lectures de la Bible par la psychanalyste Marie Balmary.

Sont-ils toujours d’actualité ?

En partie. Mais depuis le début du XXIe siècle, du 11 septembre jusqu’aux crises actuelles, la prise de conscience est devenue plus collective. On retrouve désormais une recherche d’intériorité là où on ne l’attendait pas, en dehors des pratiques traditionnelles : dans l’écologie, dans le discours sur la responsabilité sociale des entreprises ou dans le domaine du patrimoine. On assiste à un retour à des expériences vivifiantes : l’expérience de la nature, la création de tiers-lieux qui permettent de rencontrer des personnes très différentes.

Le corps est présent dans de nombreuses pratiques : de la danse à la poterie en passant par les méditations avec postures. Cette dimension corporelle est-elle importante ?

C’est central. Les gens ont hâte de le trouver. Surtout les chrétiens ou ceux qui ont fui le christianisme à cause de cette désaffection envers le corps. Cela rejoint également le besoin de cohérence et de cohésion. La spiritualité n’est plus perçue comme une approche philosophico-théologique, il existe un fort besoin d’incarnation.

Parallèlement, on assiste depuis quelques années, et particulièrement chez les jeunes et sur les réseaux, à la résurgence de pratiques comme l’astrologie et le tarot, aux résonances païennes. Comment analyser la nouvelle vitalité de ces pratiques ?

Les crises suscitent cet enthousiasme. Les personnes au profil très rationnel ont besoin d’injecter une part d’irrationalité dans leur vie, et donc de croyance, qu’elle soit de nature complotiste ou spirituelle. C’est quelque chose d’assez constant dans la sociologie des religions : chaque fois qu’il y a des crises, il y a des réflexes pour expliquer ce qui nous arrive par le surnaturel. Cela nous permet de nous soulager mentalement d’un monde trop abrupt alors qu’il n’est que rationnel, où nous sommes confrontés à notre seule responsabilité.

Comment expliquer le besoin de sacré que nous sentons grandir chez nos contemporains ?

L’encyclique Laudato si » du pape François nous a ouvert les yeux sur le fait que nous pouvions articuler la spiritualité avec notre relation avec la nature. Plus que l’écologie, c’est une éco-spiritualité, avec une recherche de globalité et de cohérence. C’est un trait frappant des quinze dernières années : la volonté d’abolir les divisions, comme celle entre vie professionnelle et vie privée. Une tendance au travail avant même le télétravail. La fracture entre vie physique et vie spirituelle emprunte le même chemin. Cela démontre un besoin d’accomplissement qui veut faire fi des étiquettes. Grand patron ou SDF, on a tendance à regarder d’abord la personne en face de soi.

Quelle est la place du christianisme dans cette recomposition ?

À une époque où des personnes risquent de se perdre, il est important de se rappeler dans quel rocher nous sommes enracinés. Le Forum 104 réaffirme aujourd’hui sa dimension de lieu chrétien, plus dans l’écoute que dans la profession. Cette position peut, nous semble-t-il, réconcilier un certain nombre de personnes avec l’Église. Nous ne voulons surtout pas devenir un lieu où les gens viennent durcir leur foi chrétienne, un lieu de nouveaux dogmes..

Y a-t-il des précautions à prendre dans ces zones ?

Nous sommes face à des publics « chercheurs », donc hypothétiquement influençables. Il existe un supermarché spirituel qui peut devenir une forme d’abus de faiblesse lorsque certaines personnes se retrouvent accablées par la maladie, le divorce, la faillite ou la perte d’un être cher. Ils ont tellement besoin d’un peu de répit qu’ils peuvent devenir encore plus crédules. Notre point de vigilance est la question suivante : cela peut-il nuire aux personnes ou à leurs proches ? S’agit-il d’approches qui rapprochent ou éloignent les gens ?

Comment s’y retrouver parmi toutes ces propositions ?

Venez voir, pour comprendre la variété des quêtes et réaliser qu’il existe d’innombrables chemins possibles. Celui qui se rend au Forum 104 n’est pas un consommateur de spiritualité mais vient apporter son témoignage. Parler pour dire ce que nous recherchons, de quoi nous souffrons, quelles sont nos aspirations. Et puis écoutez ceux qui ont trouvé leur voie et qui peuvent inspirer. Chacun est amené à construire son propre chemin, qui est toujours plus important que le but !

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