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Nouvelles canadiennes

Les psychologues désertent le réseau de la santé en Outaouais

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Nicolas Narvaez Linares est psychologue pédiatrique. Il habite dans le secteur du Plateau à Gatineau, mais comme bien d’autres, il travaille de l’autre côté de la rivière des Outaouais, à Ottawa, où les salaires sont beaucoup plus élevés.

M. Narvaez Linares travaille principalement auprès de jeunes vivant avec des troubles neurodéveloppementaux. Après ses études en psychologie et en neurosciences à l’Université d’Ottawa, il aurait aimé redonner à sa communauté en travaillant au Québec, mais les salaires le décourageaient.

J’aimerais ça (…), mais je ne peux pas imaginer que je gagnerais environ 30 à 35 dollars de moins de l’heure pour le même service.

De plus en plus de psychologues désertent le réseau public de santé de la région. Des documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information révèlent que les postes vacants de psychologues équivalents temps plein (ETP) sans remplacement ont augmenté de 67 % entre 2019 et 2023 en Outaouais.

Nombre de postes ETC vacant sans remplacement

  • 2018-2019 : 8,7
  • 2019-2020 : 9,2
  • 2020-2021 : 15,2
  • 2021-2022 : 11,5
  • 2022-2023 : 14,5

Source : Demande d’accès à l’information du CISSS de l’Outaouais

L’écart salarial entre les deux provinces y est pour quelque chose, selon M. Narvaez Linares. Un psychologue du Québec doit mettre des années avant d’atteindre le niveau (salaire) maximum, qui n’est même pas notre niveau minimum du côté ontariense lamente-t-il.

Les psychologues du réseau public québécois peuvent gagner entre 28,33 $ et 52,88 $ de l’heure, selon le Conseil du Trésor du Québec, tandis que les offres d’emploi actuelles pour des postes de psychologue au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario ou à l’Hôpital Montfort, par exemple, offrent des salaires allant de 58,77 $ à 75,50 $ l’heure.

La liste d’attente pour une première consultation en santé mentale au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal est passée de 2 220 à 450 noms.

Photo : Getty Images/istockphoto / Valerii Apetroaiei

Mais cet écart salarial n’explique pas tout. Si Nicolas Narvaez Linares exerce à Ottawa depuis la fin de ses études il y a deux ans, c’est aussi parce que ses diagnostics sont reconnus au même titre que ceux des médecins, alors qu’au Québec, ce n’est pas le cas. cas.

Les familles, selon le diagnostic, doivent consulter leur médecin de famille ou leur spécialiste pour approuver le diagnostic.

L’Ordre des psychologues du Québec a fait de nombreuses représentations auprès du gouvernement provincial pour corriger cette situation. Sa présidente, la Dre Christine Grou, estime qu’il est grand temps que la province mise à niveautandis que la grande majorité des autres provinces et territoires autorisent les diagnostics effectués par des psychologues.

C’est aberrant car le psychologue est habilité à poser un diagnostic.

Christine Grou assise sur une chaise.

Dre Christine Grou, psychologue et présidente de l’Ordre des psychologues du Québec (Photo d’archive)

Photo : Ordre des psychologues du Québec

Le ministre responsable des Services sociaux du Québec, Lionel Carmant, dit être en discussion avec les différents ordres professionnels pour champs de pratique en expansion.

J’apprécie beaucoup l’autonomie des professionnels, c’est donc aussi quelque chose d’important que nous voulons mettre en avant pour nos psychologues et pour tous nos professionnels.

L’Ontario, un concurrent féroce

Selon le président de la Coalition des psychologues du Réseau public québécois, l’exode vers l’Ontario est une tendance majeure, qui s’est même accentuée au cours des dernières années.

C’est extrêmement inquiétant, nous ne voulons pas que cette tendance se poursuive.

Karine Gauthier estime que l’augmentation du nombre de postes vacants en Outaouais est le résultat d’un manque de reconnaissance des responsabilités et de la longue formation doctorale des psychologues. Après leurs études, les psychologues se retrouvent souvent dans une situation financière difficile. Selon elle, les conditions salariales ontariennes deviennent très attractives pour eux.

C’est vraiment une énorme différence de salaire, on parle de plus de 60 %. Dans certains hôpitaux, c’est 69 % de plus en Ontario qu’au Québec dans le réseau public, avec les mêmes prestations socialeselle explique.

Mme Gauthier affirme que les psychologues québécois sont également plus recherchés par les employeurs ontariens et qu’ils reçoivent plus fréquemment des offres d’emploi.

Karine Gauthier, présidente, Coalition des psychologues du réseau public québécois.

Karine Gauthier, présidente de la Coalition des psychologues du réseau public québécois (Photo d’archive)

Photo : Vincent Rességuier

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, le syndicat qui représente les psychologues du Québec, est en pleine négociation pour le renouvellement de sa convention collective. Le gouvernement du Québec a déjà annoncé vouloir augmenter la rémunération des psychologues du secteur public, mais les détails n’ont pas encore été rendus publics.

Nicolas Narvaez Linares invite le gouvernement provincial à poser des gestes concrets pour démontrer que la santé mentale lui tient à cœur.

Nous devons agir, si nous voulons avoir des gens pour soutenir les enfants et les adultes dans le secteur public, nous devons les rémunérer en fonction des années d’études qu’ils font.

Le ministre responsable des Services sociaux du Québec se dit conscient de ces départs massifs en Outaouais et ailleurs dans la province, mais il espère que les parties parviendront à s’entendre pour augmenter les salaires des psychologues du réseau public.

L’une de nos priorités dans les négociations consiste à améliorer et à promouvoir leur travail afin de garantir qu’ils restent aux yeux du public. (…) Il y a une grande perte, alors on ne veut pas que ça aille plus loin, on veut les garder avec nousassure Lionel Carmant.

Lionel Carmant.

Le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant (Photo d’archive)

Photo : (Sylvain Roy Roussell/Radio-Canada)

Les besoins augmentent

Alors que de nombreux psychologues quittent le navire, les demandes d’aide en santé mentale pour adultes et enfants se multiplient en Outaouais au cours des dernières années.

Selon les données du tableau de bord du gouvernement du Québec, le 12 août 2023, 1 168 adultes attendaient un premier service en première ligne. C’est 467 de plus qu’à la même date l’année dernière.

Également au 12 août 2023, 189 jeunes attendaient un premier service en première ligne, soit 24 de plus que l’an dernier.

Cette situation oblige les psychologues à donner la priorité aux cas les plus urgents, selon M. Narvaez Linares, qui s’inquiète de voir les problèmes s’aggraver.

Ces jeunes vont avoir besoin de beaucoup de services, alors que si on avait pu intervenir alors qu’il faisait jour, on n’aurait pas ces jeunes pendant plusieurs séances, pour une aide beaucoup plus sévère.précise-t-il.

Appelé à réagir, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais n’avait toujours pas répondu aux questions de Radio-Canada au moment d’écrire ces lignes.

Avec la collaboration de Marie-Jeanne Dubreuil

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