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Nouvelles canadiennes

Les opposants au Synode sur l’avenir de l’Église à l’offensive

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Premier barrage public contre le Synode. Un « congrès international » est organisé à Rome le 3 octobre, à la veille de l’ouverture de l’assemblée convoquée par le pape pour réfléchir sur l’avenir de l’Église, sur un thème évocateur : «La Babel synodale». Parmi les intervenants figure le cardinal américain Raymond Burke. Il s’est distingué ces dernières années par son opposition ouverte à François. Que ce soit à travers son « Dubia » (doutes) remettant en cause l’exhortation apostolique Amoris laetitia en 2016, après le Synode sur la Famille, ou encore sa critique virulente, en 2019, du document de travail du Synode sur l’Amazonie, qu’il accusait de contenir « les erreurs » Et « hérésies ».

Plus récemment, le cardinal Burke a signé la préface d’un essai au titre très explicite : Le processus synodal. Une boîte de Pandorerédigé sous forme de questions et réponses par deux militants conservateurs, le chilien José Antonio Ureta et le péruvien Julio Loredo de Izcue.

« La synodalité et son adjectif, synodal, sont devenus des slogans derrière lesquels est à l’œuvre une révolution pour changer radicalement la compréhension que l’Église a d’elle-même, conformément à une idéologie contemporaine qui nie une grande partie de ce que l’Église a toujours enseigné et pratiqué. « , condamne ainsi le cardinal américain, qui voit le chemin synodal allemand comme un épouvantail. L’ouvrage, largement diffusé, fait partie d’une opération de lobbying visant à discréditer le Synode lancée par le pape.

 » Le livre explique que le processus synodal est en train de démolir l’Église Mère, résumé Blandine Chelini-Pont, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Aix-Marseille, spécialiste de l’Église catholique américaine. Selon les auteurs, les néomodernistes et les forces de gauche triomphent dans l’Église actuelle, accusée d’être sous la coupe des théologiens de la libération. »

Un discours aux accents de guerre froide, fidèle aux origines de l’organisation qui a auto-publié l’ouvrage, le puissant lobby « Tradition, Famille et Propriété », déjà accusé d’abus sectaires. «  Ce réseau a été fondé au Brésil au début des années 1960, comme bouclier contre les prétendues influences du communisme sur l’Église. A ses débuts, il s’est opposé au Concile Vatican II, et aujourd’hui il se mobilise contre le Synode.note le chercheur.

Ce livre n’est pas le seul coup porté au Synode sur la synodalité. A l’approche de la première session, les voix les plus critiques se font entendre. En janvier, l’archevêque émérite de Philadelphie (États-Unis), Mgr Charles Chaput, a décrit dans la presse le processus synodal comme » imprudent  » Et « sujet à manipulation ».

« Le Synode soulèvera des questions qui, selon ces évêques, ont déjà été définitivement résolues par Jean-Paul II ou Benoît XVI : le rôle de la femme dans l’Église, le mariage, la sexualité… »souligne Massimo Faggioli, historien des religions et professeur de théologie à l’université Villanova, près de Philadelphie.

La lettre pastorale envoyée en août par l’évêque de Tyler, au Texas, à ses fidèles en est un parfait exemple. « Ceux qui proposent de changer ce qui ne peut l’être cherchent à réquisitionner l’Église du Christ, et ce sont eux les vrais schismatiques. », écrit sans détour Mgr Joseph Strickland, évoquant notamment la question de l’ordination des femmes prêtres. La véhémence du texte était surprenante, d’autant plus que l’évêque venait de recevoir une visite apostolique du Vatican pour des soupçons de mauvaise gestion financière et de problèmes de gouvernance.

Toutes ces critiques radicales visant le Synode viennent principalement d’outre-Atlantique. Massimo Faggioli n’est pas surpris. « C’est un contexte différent de celui de l’Europe », souligne le théologien. Aux États-Unis, le protestantisme domine depuis des siècles et l’Église catholique est jeune. Toute tentative de changement du catholicisme apparaît donc suspecte, voire comme une hérésie ou un virage vers le protestantisme. » Cardinal Burke, Mgr Chaput, Mgr Strickland… Toutes ces voix anti-synodales et très critiques envers François, bien que très actives, restent marginales, même sur le continent américain.

Pour autant, leurs discours peuvent-ils disqualifier le processus synodal aux yeux des fidèles ou des observateurs, voire influencer les votes des participants ? Ils peuvent aussi trouver un écho parmi les catholiques critiques à l’égard du Pape en Europe et particulièrement en France, même si ce Synode, et ce qui devrait en résulter, suscite un certain scepticisme qui dépasse les rangs les plus conservateurs.

Le réseau Tradition, familial, immobilier dispose de moyens importants et d’une stratégie bien établie. En 2022, sa succursale américaine a déclaré à elle seule plus de 17,7 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon le Journaliste national catholique. Ces fonds ont permis de traduire Le processus synodal. Une boîte de Pandore en huit langues, et de l’envoyer massivement aux séminaristes, prêtres et évêques.

De quoi influencer les fidèles, observateurs et commentateurs du Synode. « Nous vivons dans une ère de post-vérité, où nous croyons ce que nous voulons croire. Les catholiques ne sont pas à l’abri de cela, et la lecture de cet ouvrage pourrait les préparer à ne pas accorder de crédit à ce qui se passe au Synode. »s’inquiète Massimo Faggioli. « Il n’est pas facile de contrer les idées de conspiration contre l’Église ou de complot hérétique qu’elles contiennent. »

D’autant que ces discours critiques, teintés de complotisme, sont les plus visibles sur les réseaux sociaux. Bien qu’à la tête du petit diocèse de Tyler, Mgr Strickland est suivi par plus de 145 000 personnes sur X (anciennement Twitter). « L’approche synodale semble aussi vieille que l’Église, et le pape ne fait pas une révolution qui la détruirait. Mais sur le Web, la religion est plus radicale que dominante. Les internautes sont plus susceptibles de tomber sur des blogs réexpliquant ce qu’est la tradition catholique et dont les auteurs affirment être ceux qui la respectent., décrit Blandine Chelini-Pont. Ces discours anti-synodaux ne devraient pas avoir de réel impact sur les votes des 364 membres de l’Assemblée synodale, auxquels s’ajoute le Pape. Le chercheur de l’Université d’Aix-Marseille souligne que, « Même s’ils ont probablement tous reçu le livre, ils ont été choisis en fonction de leur propre engagement sur ces questions ».

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