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Nouvelles canadiennes

Les jeunes abandonnent-ils Justin Trudeau ?

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A 17 heures, la salle est déjà pleine. Les chaises sont retirées pour laisser entrer davantage de militants. La musique démarre, les discours s’enchaînent. Puis celui que tout le monde était venu voir entre sur scène, le sourire aux lèvres, les manches retroussées. Des jeunes, certains qui ne sont même pas en âge de voter, scandent son nom : « Justin ! Justin! Justin! »

Au congrès du Parti libéral du Canada à Trois-Rivières samedi dernier, on semblait avoir retrouvé, un instant, l’enthousiasme et la vitalité de 2015. Lors de ces élections charnières, qui ont marqué le grand retour des libéraux au pouvoir, la firme Nanos a estimé que 38 % des électeurs âgés de 18 à 29 ans ont soutenu les troupes de Justin Trudeau, contre 23 % pour le Parti conservateur du Canada.

Mais depuis – à l’extérieur du Palais des congrès de Trois-Rivières bien sûr – la réalité a quelque peu changé. On assiste même à un retournement de situation assez inhabituelselon le fondateur des plateformes 338Canada et Qc125, Philippe J. Fournier, également analyste d’enquêtes.

Prenez par exemple le dernier sondage Léger. Le parti de Pierre Poilievre recueille 38 % des intentions de vote à travers le pays chez les jeunes. LE NPD suit, avec 26 %, devant les libéraux, à 21 %. À pareille époque l’an dernier, Léger plaçait les conservateurs en troisième position, avec 25 % de soutien, comparativement à 29 % pour les libéraux.

Historiquement, on remarque qu’il s’agit de partis progressistes, comme le NPD, les libéraux et les verts, qui s’en sortent bien auprès des jeunes, fait valoir Philippe J. Fournier. Stephen Harper n’a jamais eu de bons résultats avec eux, même lorsqu’il a remporté ses élections.

Justin Trudeau, lors du congrès de l’aile québécoise des libéraux fédéraux, à Trois-Rivières, samedi dernier

Photo : La Presse Canadienne / Graham Hughes

Mais voilà, la tendance a changé depuis plusieurs mois. Sondage après sondage, les conservateurs arrivent en tête des intentions de vote des 18-34 ans, explique M. Fournier.

D’où vient ce nouveau soutien au parti de droite ? Les troupes de Pierre Poilievre aiment dire qu’elles vont aller chercher des électeurs qui ne s’intéressaient pas à la politique auparavant ; un phénomène plausible, mais difficile à quantifier, selon Philippe J. Fournier.

Ce qui est clair, ajoute l’analyste du sondage, c’est que le soutien à NPD et le Bloc québécois n’ont pas reculé considérablement au cours des derniers mois, tandis que les libéraux ont perdu du terrain.

On pourrait donc faire un lien direct entre la montée des conservateurs et le déclin des libéraux, estime M. Fournier. Peut-être y a-t-il des électeurs traditionnellement libéraux, un peu plus jeunes, qui sont charmés par le message de Pierre Poilievre (…) qu’il martèle sans cesse sur le coût de la vie.

les jeunes au sous-sol de leurs parents

Ce message sur le coût de la vie a commencé à émerger lorsque Pierre Poilievre était candidat à la course à la direction du Parti conservateur.

Vidéo après vidéo, rassemblement après rassemblement, il a parlé de ces trentenaires qui vivaient toujours dans le sous-sol de leurs parents, incapable d’aller ailleurs. Et l’image, aujourd’hui, semble avoir trouvé un écho auprès de nombreux électeurs, y compris certains qui ne sont pas traditionnellement associés au Parti conservateur.

Sur le campus de l’Université d’Ottawa, nous rencontrons par exemple Mohamed Yatera, 18 ans, qui étudie pour devenir ingénieur.

Un jeune homme est assis dans la bibliothèque avec son ordinateur portable.  Il discute avec un de ses amis.

Mohamed Yatera, à la bibliothèque de l’Université d’Ottawa, avec un de ses amis

Photo : Radio-Canada / David Richard

Il a grandi dans la capitale fédérale. Sa famille, d’origine malienne, a voté à plusieurs reprises pour les libéraux par le passé, mais la difficulté pour de nombreux jeunes adultes à trouver un logement pourrait pousser Mohamed vers la droite.

Les prix de l’immobilier ont trop augmenté. Les impôts aussi. C’est pourquoi je pense que nous nous dirigeons vers le côté plus conservateur.

L’élève aime le style ferme par Pierre Poilievre. Il estime surtout que le leader comprend les enjeux de sa génération. J’ai beaucoup d’amis qui étaient du côté libéral au début, mais avec le temps, en ce moment, ils se demandent s’ils veulent voter conservateur.il a dit.

D’ailleurs, l’association des Conservateurs de l’Université d’Ottawa, établie sur le campus universitaire, a vu le nombre de ses membres augmenter de près de 50 % au cours des derniers mois.

Un jeune homme se tient dans un couloir et regarde la caméra.

Le président de l’association des conservateurs de l’Université d’Ottawa, Levi Cottingham, a constaté une augmentation du nombre de membres dans son club au cours des derniers mois.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Richer

Même les jeunes citadins expriment leur intérêt pour Pierre Poilievre. Pour de nombreux étudiants, il est important de vivre au cœur des villes, mais cela est devenu si inabordable que beaucoup recherchent d’autres voies politiques pour résoudre le problème.explique le président des conservateurs de l’Université d’Ottawa, Levi Cottingham.

A lire et à écouter :

Le risque de miser sur les jeunes

Miser sur le soutien des jeunes électeurs n’est pas sans risques pour un parti politique. Il s’agit d’un groupe, constate Philippe J. Fournier, qui a des comportements plus volatils et qui ne sort pas toujours voter le jour du scrutin.

C’est également un groupe qui, bien que préoccupé par le coût de la vie, se soucie toujours des questions environnementales. Un sondage publié à la fin de l’été par Abacus Data a montré que 28 % des électeurs de la génération Z plaçaient le changement climatique parmi leurs trois principales priorités.

Toutefois, Pierre Poilievre n’a toujours pas présenté de plan global de lutte contre les changements climatiques ni d’objectif qu’il souhaiterait atteindre en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Frédéric Arcand, un jeune militant rencontré lors du congrès libéral fédéral à Trois-Rivières, l’a également souligné à Radio-Canada. Les jeunes savent très bien que l’environnement est un enjeu majeur. Ne rien faire n’est pas une solutionil a dit.

Pierre Poilievre devant les caméras.

Le chef conservateur Pierre Poilievre n’a pas encore indiqué quelle est sa cible en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Photo : La Presse Canadienne / Sean Kilpatrick

Si l’attrait de Pierre Poilievre auprès des jeunes se consolide, le leader pourrait être de plus en plus poussé à s’engager sur la question climatique.

Cependant, il ne s’agit pas uniquement de promettre ; encore faut-il pouvoir tenir parole. Philippe J. Fournier note qu’en période de forte inflation, les électeurs ont souvent tendance à blâmer les gouvernements pour le coût de la vie. Selon lui, il y a beaucoup de rage et de colère dans le message de Poilievre. (Il dit ça) si ta vie est mauvaise en ce moment, c’est à cause de la taxe carbone, c’est à cause des libéraux et de leurs dépenses.

Cependant, si le leader conservateur arrive au pouvoir et est incapable de changer la situation économique des jeunes, le soutien de ces derniers pourrait être très éphémèreprévient M. Fournier.

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