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Nouvelles canadiennes

Les diocèses africains face au refus de renvoyer des prêtres en mission en Occident

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Début octobre, Mgr Michael Miabesue Bibi, évêque de Buéa (Cameroun), a suspendu du même coup deux prêtres de son diocèse. La raison ? Malgré les rappels répétés de sa part, les deux hommes  » ne sont pas revenus du diocèse de Charlotte (États-Unis), où ils avaient été envoyés comme Fidei Donum, pour assumer leurs nouvelles fonctions dans leur diocèse d’incardination ».

L’Afrique cherche sa place au sein de l’Église universelle

Cette situation n’est pas nouvelle. Il y a quelques semaines, le Père Kennedy Akwo du diocèse de Mamfé, toujours au Cameroun, annonçait son « démission » sur les réseaux sociaux et sa décision de rester aux Etats-Unis où il avait été envoyé en mission. Il y a un peu plus longtemps, en 2018, Mgr Ignace Bessi, alors président de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire (Cecci), dénonçait déjà le phénomène de « des prêtres sans attaches, errant dans les diocèses du vieux christianisme en Occident »s’attaquant ainsi à ces prêtres africains qui refusent de retourner dans leur diocèse d’origine.

Coopération missionnaire

L’envoi de prêtres diocésains comme missionnaires dans d’autres régions du monde remonte à l’encyclique Fidei donum (1957) du pape Pie XII. Il encourage la solidarité missionnaire à la fois en envoyant des prêtres dans les zones manquant de pasteurs et en finançant l’évangélisation dans les zones défavorisées. Six décennies plus tard, de nombreux prêtres africains sont envoyés en mission en Occident dans le cadre de la coopération missionnaire entre deux diocèses. Rien qu’en France, environ 2 500 prêtres issus de diocèses africains sont en mission.

Les termes des accords missionnaires entre diocèses africains et occidentaux, concernant l’accueil des prêtres africains, sont multiformes. « La pratique actuelle propose des accords de coopération d’une durée de trois ans, renouvelable une seule fois », explique Mgr Ignace Bessi, archevêque de Korhogo, en Côte d’Ivoire. Le prêtre envoyé en mission reçoit une rémunération équivalente à celle de tous les prêtres du diocèse qui ont la même charge.

Mais « il arrive que le diocèse d’accueil fournisse au diocèse d’envoi des dons sous forme de cotisations de messes ou d’aide à la pastorale diocésaine », précise Mgr Bessi. Par ailleurs, il est parfois demandé au prêtre missionnaire de reverser une partie de son salaire.

L’aspect financier de ces échanges est dénoncé – dans un article publié par La Croix Africa – par le père jésuite Ludovic Lado, qui s’inquiète des dérives d’un tel modèle. « Quand l’argent entre en jeu dans la coopération missionnaire, quels sont les enjeux ? »il s’interroge avant de déplorer ça « envoi en mission en Occident (soit) largement perçu dans les cercles cléricaux comme un privilège dont seuls quelques favoris locaux pourraient bénéficier..

« Je ne suis pas venu en France pour devenir riche »

Bien entendu, tous les prêtres envoyés en Occident ne refusent pas de revenir. « Je ne connais aucun prêtre africain en mission en Occident qui refuse de rentrer au pays malgré l’injonction de son évêque », assure le Père Adéchina Samson Takpé, prêtre du diocèse de Dassa-Zoumé au Bénin. En mission en Allemagne depuis 2017, il met en garde contre « des généralisations abusives ».

Le père Émile Dione, prêtre sénégalais en mission en France, n’en connaissait qu’un. « Ici à Morlaix, on m’a parlé du cas d’un ancien prêtre camerounais qui a coupé le lien avec son diocèse »il témoigne. « A la fin de sa mission, il a refusé de rentrer chez lui. Il fut donc sanctionné par son évêque et son diocèse d’accueil. »

Pour le prêtre sénégalais d’une soixantaine d’années, hors de question de rester dans le Finistère à la fin de sa mission. « Je ne comprends pas comment on peut désobéir à son évêque, trahir sa vocation à vivre en Occident »déplore-t-il, estimant que ce type de comportement est de nature à renforcer la stigmatisation dont sont parfois victimes les missionnaires venus d’Afrique.. « Personnellement, je quitterai la France dans deux ans avec les mêmes vêtements, le même sac à dos pour conduire la même vieille voiture dans mon diocèse, il ajoute. Je ne suis pas venu ici pour devenir riche. »

Pourquoi refuser de revenir ?

Pour le père Lado, c’est cette question économique qui est la cause principale du refus de certains de rentrer chez eux.  » La condition matérielle du prêtre africain en mission en Occident est de loin supérieure à celle des confrères restés en Afrique, ce qui suscite de nombreux désirs », souligne-t-il. Un constat corroboré par Mgr Bessi. « En réalité, le contact avec l’Occident et ses mille facilités financières peut détourner le cœur de ceux qui, faute de solidité basée sur la prière, finissent par tomber sous le charme du Mammon de l’iniquité »il soupire.

Mais est-ce la seule raison ? Pour le père Vast-Amour Adjobi, en mission en France depuis dix ans, ces situations surviennent lorsqu’il y a une trahison de confiance de la part du prêtre, ou un manque de bienveillance ou de transparence de la part de l’un des deux évêques. Comme la situation de ce prêtre ivoirien en mission en France qui a requis l’anonymat. « Dans mon cas précis, j’ai été très déçu par mon évêque. Je n’ai pas l’intention d’y retourner quoi qu’il arrive. S’il le faut, je vivrai sans papiers et je travaillerai au noir car rentrer serait la pire des choses. »

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