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Nouvelles canadiennes

« Les assassins de Dominique Bernard et Samuel Paty ne sont pas des étrangers, mais nos anciens élèves »

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Dominique Bernard, professeur de lettres à la cité scolaire Gambetta-Carnot d’Arras, est décédée poignardée par un islamiste le 13 octobre 2023. Ce drame survient trois ans après l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie au collège du bois d’aulne de Conflans. -Sainte-Honorine (Yvelines). Le même étonnement nous frappe, la même douleur nous saisit. C’est surtout la même question qui nous tourmente. Pour quoi ? Pourquoi eux ?

Il s’agit tout d’abord de Samuel Paty et Dominique Bernard. Deux hommes cultivés, généreux, engagés corps et âme dans leur métier d’enseignant. Pourquoi ont-ils été tués ?

En 2020, certains avaient insinué que Samuel Paty avait mal conçu, ou maladroitement dispensé, son cours sur la liberté d’expression. De viles critiques avaient été lancées depuis le Collège de France, efficacement relayées par des réseaux amis. Mais on sait aujourd’hui que cet enseignant expérimenté a longuement élaboré son cours, et maîtrise parfaitement l’art d’en transmettre le sens et le contenu aux étudiants – avec tout le tact requis. Il a été tué parce qu’il avait pleinement accompli une mission qui dégoûte tous les obscurantistes : développer l’esprit critique de ses élèves.

Rejoindre l’école de la République

Dans le cas de Dominique Bernard, personne n’a osé blâmer la victime, tuée en voulant protéger ses élèves et collègues. L’assaut était brutal, imparable. Si, en 2020, l’institution était restée sourde aux alertes lancées par Samuel Paty, à chaque heure du compte à rebours qui devait conduire à sa décapitation, on ne peut ici rien lui reprocher. A travers l’assassinat de Dominique Bernard, c’est lui-même, comme l’école de la République, que le fanatique a cherché à atteindre.

Ce sont aussi les assassins de Samuel Paty et Dominique Bernard. Ils étaient souvent présentés comme des étrangers, des demandeurs d’asile déboutés qui n’avaient pas leur place sur notre sol. Mais la terrible vérité est qu’Adboullakh A. et Mohammed M.sont nos anciens étudiants. Depuis leur petite enfance, ils sont scolarisés dans notre école publique. Pourquoi ont-ils tué ?

L’école incapable de s’intégrer ?

Parce que l’école aurait été incapable de les intégrer à la citoyenneté républicaine ? En 2020, cette hypothèse (ou ce diagnostic) a précipité un gigantesque effort de réarmement intellectuel et moral : le plan de formation « laïcité et valeurs de la République » est déployé dans l’ensemble de l’éducation nationale depuis 2021, des initiatives pédagogiques ont été lancées partout et soutenues. , une multitude d’acteurs travaillent à la réalisation de guides, livres, vidéos… L’établissement promet un soutien sans faille aux enseignants et personnels d’encadrement (équipes « valeurs de la République » dans chaque académie, systèmes de signalement des atteintes à la laïcité, renforcement des liens avec la police et la justice, etc.).

Ce projet majeur ne fait pas l’unanimité. Certains critiquent sa gestion « par le haut », excessivement bureaucratique, dogmatique et uniforme. D’autres, beaucoup moins nombreux, désapprouvent le sens même de la démarche adoptée. Mais l’éducation nationale est avant tout affectée par un doute sur sa capacité à remplir la mission qui lui est assignée : « Outre la transmission des connaissances », précise le code de l’éducation, « La Nation fixe la mission première de l’école de partager avec les élèves les valeurs de la République ».

Preuve d’obscurantisme

Comment l’école peut-elle  » partager «  les valeurs de la République à des étudiants convaincus par les autres que leur devoir est de les haïr ? Le tueur d’Arras, dans la vidéo qu’il a enregistrée avant son acte, avait ces mots glaçants : «J’ai fréquenté vos écoles pendant des années et des années. (…) Vous m’avez appris ce que sont la démocratie et les droits de l’homme et vous m’avez poussé en enfer. » Quel enseignant n’a jamais perçu que la laïcité, l’égalité entre les êtres humains, le respect de la liberté de conscience de chacun étaient rejetés avec virulence par certains élèves, au nom de valeurs concurrentes ?

Bien entendu, l’école ne relèvera pas à elle seule un défi lancé à l’ensemble de notre société. Mais ce qu’elle peut faire, à son échelle, c’est aller chercher les étudiants là où ils se trouvent : embourbés dans le mensonge, enfermés dans les bulles cognitives des réseaux sociaux, pris dans la toile d’idéologies religieuses abrutissantes et liberticides. La promotion des valeurs de la République doit quitter le ciel des idées, pour répondre pas à pas aux contre-discours dont se nourrissent quotidiennement les jeunes.

Pourtant, l’éducation morale et civique, l’éducation aux médias et l’enseignement de la religion restent les parents pauvres de notre système éducatif. Faut-il repenser le contenu de ces cours ? Changer la manière dont ils sont livrés ? S’appuyer davantage sur des partenaires associatifs ou issus d’autres mondes professionnels (avocats, créateurs de contenus numériques, etc.) ? Si vous devez récupérer les étudiants « où ils sont », ces questions ne peuvent plus être tranchées par des groupes réunis au ministère. Ils doivent être débattus par tous ceux qui, chaque jour, travaillent devant et avec les étudiants. Ouvrons les États généraux pour qu’ils puissent parler.

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