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Nouvelles canadiennes

« Le travail de mémoire, une responsabilité envers les victimes »

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La Croix : Pourquoi est-il nécessaire de se pencher sur cette question du travail de mémoire ?

Laëtitia Atlani-Duault : Le travail de mémoire s’inscrit dans la continuité des travaux de la Ciase, qui ont marqué un tournant dans la société française. La force de la Commission Sauvé, c’est d’avoir été nourrie et d’être restée au plus près de la parole des victimes, qui ont fait émerger une autre vision de l’Église. En effet, les victimes ne se contentent pas de rapporter des faits, elles apportent également une expertise sur l’Église, sa gouvernance, sa doctrine et ses relations avec la société. Dans leurs témoignages, on découvre à la fois la « banalité du mal » et son caractère systémique, rendu possible par un détournement voire un véritable détournement de l’autorité et du sacré par les agresseurs.

Si ces analyses ont pu être produites, c’est notamment parce que la parole des victimes a été placée au cœur du processus via les auditions menées par les membres de la commission et les courriers reçus, avec leur analyse et la co-construction de les recommandations auprès des victimes.

Cette méthode a laissé des traces. En effet, en les écoutant pour apprendre d’elles et en mettant en avant leur expertise sur les violences qui les ont frappées ainsi que sur le système qui a permis ces violences, la Ciase a ouvert une nouvelle voie, que les associations de victimes comme l’Église en France souhaitent emprunter. poursuivre avec la création d’un lieu de mémoire.

Pourquoi les victimes de violences sexuelles dans l’Église ont-elles besoin de ce travail de mémoire ?

LE D. : Elle est essentielle au processus de réparation et constitue un devoir de responsabilité envers les victimes. Elle confirmera une fois de plus la centralité de leurs propos et reconnaîtra la responsabilité des assaillants et de l’institution dans les erreurs commises en son sein. Elle constituera enfin un appel à la vigilance puisque, comme on le voit, les violences sexuelles dans l’Église n’appartiennent malheureusement pas qu’au passé. Ce sera le cas tant que des réformes institutionnelles – sur ce qui fait de cette violence une violence systémique – ne seront pas menées.

Un lieu de mémoire pour les victimes est donc absolument indispensable, aux côtés d’autres modes de réparation. Car il ne faut pas oublier que les personnes qui ont témoigné devant la Ciase demandent avant tout justice, que ce soit devant les tribunaux ou via les deux commissions d’indemnisation qui ont été créées (Inirr et CRR) par l’Église en France, et qui sont tout aussi essentielles. si nous parlons de réparation.

Ce travail mémoriel relève-t-il aussi de la responsabilité de l’Église ?

LE D. : Cette responsabilité est reconnue par l’Église en France depuis plusieurs années déjà. En mars 2021, un rapport de l’Assemblée plénière des évêques constatait la création d’un lieu de mémorial et, du côté des victimes, une association avait, dès lors, mené un projet de lieu de mémoire. La même année, le rapport Ciase recommandait également la création d’un «mémorial des victimes, tangible ou virtuel»et a noté que le choix de sa forme doit appartenir aux victimes.

À quoi pourrait ressembler ce lieu de mémoire ?

LE D. : C’est à cela que sert la journée d’étude. Quelles formes, quels lieux, avec qui ? Doit-il s’agir d’un lieu tangible ou virtuel ? Une multiplicité de lieux ? Des journées de commémoration ? Des assiettes ? Des moments dédiés ? Toutes ces questions démontrent la difficulté de se fixer sur un projet, et l’importance d’y réfléchir ensemble, en s’inspirant également de ce qui se fait à l’étranger. La journée d’étude au Centre de Sèvres est aussi là pour pousser à sa mise en œuvre concrète, et accélérer le processus, au-delà des mots.

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