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Nouvelles canadiennes

Le choc post-traumatique de l’ancienne députée Catherine Dorion

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Dans un livre coup de poing où elle fustige tant les médias que les méthodes politiques, son ancien chef et son ancien parti, l’ancienne députée solidaire de Taschereau, Catherine Dorion, raconte sa période difficile en politique, dont elle est extirpée par un choc post-traumatique.

Après son départ de la « jungle politique », celle qui a siégé comme députée de Taschereau, de 2018 à 2022, a dû faire une pause de six mois pour reprendre pied. Elle a dû défaire le nœud d’émotions négatives qu’elle ressentait au point de provoquer des crises d’angoisse et de se faire vomir.

Un psychologue l’a beaucoup aidée. « Il m’a dit : ce que vous décrivez, ce sont des symptômes de choc post-traumatique », raconte-t-elle lors d’une entrevue survenue, par hasard, le jour où la CAQ a abandonné le tramway de Québec, une nouvelle qui ne l’a pas surprise mais qui l’a déçue. En tant que députée, elle s’est battue ardemment en faveur de ce projet, et contre le troisième lien.

Aujourd’hui, l’ex-élu va beaucoup mieux. Elle a pris du temps pour elle et avec ses trois filles, dont la plus jeune. Née avec une malformation cardiaque, en dernière année de son mandat, elle se porte très bien désormais.

Mais surtout, écrit Catherine Dorion, une autre forme de thérapie des plus efficaces. « J’ai mis de l’ordre en moi, j’avais envie de profiter de l’intensité de ce que j’avais vécu pour comprendre, analyser, prendre le temps. »

Relations difficiles avec GND

Tout y passe, dans cet ouvrage intitulé Les têtes brûlées : carnets d’espoir punk, qui paraît lundi, chez Lux Éditeur. A travers ce travail d’écriture, l’ancienne députée et artiste se livre sur ces années passées dans « la bulle formatée » du Parlement, où se déroulent de longs rituels parlementaires trop souvent inutiles, estime-t-elle.

Elle décrit avoir souffert, bien plus qu’on pourrait l’imaginer. « J’avais besoin de libérer la parole, sans avoir peur », dira-t-elle souvent lors de nos entretiens, une idée qui est au cœur de son militantisme.

Ainsi, Catherine Dorion se livre sur sa relation difficile avec le chef Gabriel Nadeau-Dubois, dont elle considère les méthodes contrôlantes et centralisatrices, les jeux en coulisses. Elle lui reproche de laisser le parti tomber dans le moule des anciens partis politiques.

« Du fond de notre tranchée, une chose est désormais claire : nous ne nous aimons pas beaucoup », écrit-elle à propos de celui qui n’apprécie guère ses manières et la visibilité dont elle bénéficie.

Lors de l’adoption de la loi 21, GND lui a par exemple reproché d’avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas son premier avertissement. « Vous recevez plus d’attention que les porte-parole, ce n’est pas normal », lui a-t-il dit. « Comme on dit au théâtre : jeen coulisses. Ça ne se fait pas. J’ai besoin d’avoir moins d’impact », dit-elle.

Son objectif, a insisté l’artiste, n’est pas de rentrer dans les ischio-jambiers de Gabriel Nadeau-Dubois. «Je crois en l’intelligence du lecteur, qui saura voir les nuances», clame-t-elle. Pourtant, elle n’était pas vraiment impressionnée ni inspirée par son ancien patron.

Critique des médias

Catherine Dorion jette également un regard très dur sur les médias, qu’on ne peut critiquer sans être attaqué et démoli, dit-elle.

Certains considèrent que l’attention médiatique lui a été servie, d’autres lui reprochent d’avoir détourné l’attention de son parti. Elle rétorque qu’elle a voulu utiliser son savoir-faire artistique, comme le font les avocats et d’autres qui se lancent en politique, pour dire des choses avec force, ce qu’elle n’a pas entendu de la part des politiques. à l’Assemblée nationale.

Son combat : combattre les inégalités et les dominations multiples, celles du monde du travail trop envahissant et du rythme de vie effréné de notre société.

« Je n’ai jamais voulu penser que ce combat se déroulerait pour des choses que je trouvais aussi banales que des vêtements », explique-t-elle. Je n’ai jamais voulu créer un mouvement national autour de la lessive. Je l’ai cru quand on m’a dit qu’il n’y avait pas de véritable code vestimentaire pour les femmes en politique. Je viens d’un monde tellement ouvert.

L’oiseau en cage

Lors d’un des derniers jours où Catherine Dorion siégeait au Parlement, un député caquiste a déposé une citation de Stephen King sur son bureau. Cela résume bien, je pense, le choc vécu par l’artiste engagé en politique.

« Certains oiseaux ne sont tout simplement pas destinés à être mis en cage, c’est tout. Leurs plumes sont trop colorées, leur chant trop libre, trop beau. Alors on les laisse partir, ou alors ils s’envolent quand on ouvre la cage pour les nourrir. Une partie de vous, celle qui savait au début que c’était mal de les emprisonner, se réjouit, mais l’endroit où vous vivez se retrouve encore plus triste et vide après leur départ.

Malgré tout, Catherine Dorion ne regrette pas son passage en politique, car elle a beaucoup appris. Elle y a certes laissé un peu de naïveté, pas la totalité, explique-t-elle, mais elle en est ressortie grandie, et avec la conviction d’avoir fait de son mieux.

L’artiste remontera sur scène en février, pour une pièce sur la démocratie, un sujet qui ne cessera de la préoccuper.

karine.gagnon@quebecormedia.com

Le choc post-traumatique de l'ancienne députée Catherine Dorion



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