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Nouvelles canadiennes

la viticulture s’installe dans les Hauts-de-France

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Début octobre, le village de Neuville-Saint-Vaast, à quelques kilomètres au nord d’Arras (Pas-de-Calais), a accueilli un événement quelque peu inédit pour ses habitants. Une cinquantaine d’entre eux se sont rassemblés, lundi 2 octobre au petit matin, pour prêter main-forte à la première récolte de fruits, et participer à leur première récolte.

C’est loin de la Champagne ou du Val de Loire que Julien Dhaine a planté il y a trois ans son premier hectare de vignes, entre ses immenses champs de céréales qui entourent la commune et qui caractérisent l’agriculture de sa région. Près de 5 000 vignes de Chardonnay sur une parcelle qu’il cherchait à revaloriser et qui cultivait auparavant du blé.  » Le rendement commençait à être limité, avec des printemps de plus en plus secs « , témoigne l’exploitant.

Une cinquantaine de vignerons dans les Hauts-de-France

Vignes dans les Hauts-de-France : il y a quelques années, l’idée paraissait un fantasme ; aujourd’hui, cela devient réalité. Comme Julien Dhaine, une cinquantaine d’autres agriculteurs du nord de la France se sont lancés dans cette aventure viticole. Une petite révolution menée par le collectif « Les 130 », fondé en 2019 par Ternoveo, société de négoce de céréales appartenant à la coopérative agro-industrielle Advitam, et qui fête en 2023 son deuxième millésime.

« Le projet a été rendu possible grâce au changement climatique : la chaleur et la lumière ont considérablement augmenté au cours des dernières décennies « , observe Xavier Harlé, directeur général de Ternoveo. Selon les données de Météo France, collectées par l’Observatoire du climat des Hauts-de-France, la température moyenne a augmenté de 2,3°C entre 1955 et 2022 dans cette partie de la région (1).

« Les conditions climatiques ouvrent de meilleures perspectives à la vigne, notamment en Bretagne ou dans le nord de la France, de son côté, avance Nathalie Ollat, ingénieure à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Le climat évolue, se rapprochant progressivement de celui de la Champagne, permettant la plantation de cépages précoces. »

C’est le cas du Chardonnay, seul cépage planté par les agriculteurs du projet « Les 130 ». « Il correspond bien au Nord : facile à travailler et adapté aux sols argilo-calcaires », analyse Julien Poulin, responsable des vins chez Ternoveo.

Le Chardonnay, moins vulnérable aux variations climatiques

Adaptée aux différentes conditions climatiques, la vigne est très sensible aux changements climatiques brusques – ce qui constitue un risque plus important dans le nord que dans le sud de la France. « Toutefois, contrairement à 2022, l’année 2023 a été marquée par une grande variabilité, entre périodes humides et hausses de températures., poursuit Julien Poulin. Nous avons choisi un cépage Chardonnay, moins sensible àinstabilité que les autres cépages. »

Premier projet viticole commercial de la région, le collectif n’est cependant pas le premier à y planter du raisin. La viticulture existait depuis le Moyen Âge, notamment dans la Somme et en Picardie, avant une migration vers le sud de la France. L’épidémie de phylloxéra à la fin du XIXe sièclee siècle y a définitivement mis un terme, avant que la culture ne fasse son retour, un siècle plus tard : en 2010, des vignes réapparaissent sur des terrils près de Béthune et d’Haillicourt (Pas-de-Calais), plantées uniquement par des particuliers ou des associations.

Agriculture : la viticulture s'implante dans les Hauts-de-France

Car jusqu’à fin 2015, l’implantation de vignobles à des fins commerciales était interdite en France s’ils n’étaient pas couverts par une indication géographique (AOC ou IGP). Une interdiction levée le 1ereuh janvier 2016 par un nouveau système d’autorisation de plantation. Aujourd’hui, « Les 130 » produit ses vignes sans appellation dans quatre départements – Nord, Pas-de-Calais, Aisne et Somme.

150 000 bouteilles vendues en 2024

« C’est une bouffée d’air frais pour l’agriculture locale, estime Xavier Harlé. Cela présente une nouvelle image pour nos agriculteurs, ainsi qu’une nouvelle économie émergente.. » Pour Julien Dhaine, c’est aussi le moyen de diversifier ses productions. « La vigne est une culture pérenne et de longue durée, explique celui qui continue d’apprendre son nouveau métier de vigneron. Nous n’en bénéficions pas tout de suite : c’est principalement pour les générations futures. »

Jusqu’à présent, le projet a été un succès : « Nous avons de nouveaux candidats chaque année » se réjouit Christophe Dubreucq, directeur marketing chez Ternoveo, qui espère atteindre « 130 » participants avant la fin de la décennie. « Près de 150 000 bouteilles seront commercialisées en 2024 », il poursuit, avant de conclure, confiant : « Nous visons le triple en 2026. »

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