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Nouvelles canadiennes

« La prostitution des mineurs touche toutes les couches sociales »

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La Croix : Comment la sociologie envisage-t-elle la prostitution des mineures en France ?

Hélène Pohu : On observe un phénomène protéiforme qui concerne les adolescentes issues de milieux sociaux, économiques et culturels variés, et dans lequel les mineures prédisposées à se prostituer présentent bien souvent des vulnérabilités communes. Il peut s’agir d’un environnement familial fragilisé, d’un abandon scolaire, de violences physiques ou psychologiques, mais surtout, presque systématiquement, d’une confrontation traumatisante à la sexualité.

Ensuite, deux éléments clés agissent comme facteurs de risque. Tout d’abord, l’exposition aux réseaux sociaux numériques est un impondérable. Vient ensuite la fugue, un comportement à risque où les adolescents – des jeunes filles pour la plupart – ont besoin d’argent pour financer leur fuite. La consommation de drogues aggrave leur vulnérabilité. Sans ressources, ces mineurs sont enfermés dans un cercle vicieux où leurs services sexuels sont négociés en guise de compensation.

Quel rôle jouent les réseaux sociaux ?

HP : Par nature, les réseaux sociaux démocratisent la présentation de soi, facilitent la mise en relation avec des inconnus et fluidifient les rencontres. En fait, ce sont des accélérateurs et leur utilisation incontrôlée multiplie les risques, car il est évident que les réseaux sociaux facilitent le recrutement des proxénètes. L’hypersexualisation des corps est valorisée, les pratiques sexuelles commercialisées sont banalisées, et tout cela déforme complètement le regard des adolescents sur la sexualité.

Combien de mineurs cela concerne-t-il en France ?

HP : Le chiffre de 7 à 10 000 mineurs se prostituant en France a été retenu dans la campagne nationale de prévention « Je gère ! », portée par le gouvernement en 2022. Mais cette estimation est bien en deçà de la réalité, car la majorité des situations ne sont pas portées devant la justice ni signalées à la cellule de collecte et de traitement des informations inquiétantes (Crip).

Récemment, l’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE) évoquait le chiffre d’au moins 15 000 mineurs concernés, mais cela reste également une estimation. Seule une enquête dite nationale de « victimisation » permettrait de quantifier le phénomène avec précision.

Pourquoi cette augmentation ?

HP : D’abord parce qu’il y a une demande et que certains clients – dont les comportements relèvent de la pédocriminalité – recherchent de très jeunes filles. Par ailleurs, pour les proxénètes, la vulnérabilité de ces adolescentes en fait des cibles de choix : créer une emprise est plus facile lorsque la dépendance financière et psychologique est accrue.

Parfois, les proxénètes sont eux-mêmes mineurs et ne connaissent pas la portée juridique de leurs actes. Il peut s’agir d’un petit ami qui va peu à peu demander des faveurs sexuelles pour obtenir un peu d’argent et procéder insidieusement à prostituer sa copine. Il peut aussi s’agir d’une amie qui se prostitue et qui sera obligée de recruter à son tour.

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PODCAST – Prostitution des mineurs, le témoignage de Bao

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