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Nouvelles canadiennes

La microassurance en réponse au changement climatique

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Adapter. C’est désormais le maître mot face au changement climatique. Mais comment s’en sortir lorsqu’on est petit agriculteur dans un pays émergent ? Que faire lorsque la récolte échoue à cause de la sécheresse ?

Une partie de la réponse réside sans doute dans l’assurance agricole, et plus précisément dans la « micro-assurance indicielle ». Le 2 octobre, Nestlé a annoncé avoir conclu un partenariat avec la société Blue Marble pour approvisionner plus de 800 petits producteurs de café en Indonésie, fournisseurs de Nescafé.

« En 2018, l’une de nos marques, Nespresso, a établi une première collaboration avec Blue Marble pour protéger les producteurs de café en Colombie. Nous nous sommes appuyés sur cette expérience, on vous explique chez Nestlé. Les premières années, nous couvrirons 100% de la prime d’assurance (le montant versé à l’assurance en échange d’une couverture des risques, ndlr) démontrer la valeur de l’assurance aux agriculteurs participants. »

Derrière le nom de « microassurance indicielle » se cache une mécanique fine : les dommages sont identifiés à partir de données transmises par des satellites ou des stations météorologiques. Pour évaluer les pertes, celles-ci sont comparées à un indice calculé notamment à partir des rendements des années précédentes. Un système qui évite d’envoyer un expert dans des exploitations agricoles souvent difficiles d’accès. L’indemnisation est versée automatiquement.

Cette approche pourrait être développée à l’avenir dans les économies émergentes particulièrement vulnérables aux événements climatiques extrêmes. Pour un groupe comme Nestlé, l’intérêt est double : il sécurise son approvisionnement en protégeant financièrement ses fournisseurs et il valorise son image.

Ces dernières années, certains États ont saisi l’intérêt d’un tel levier dans la lutte contre la pauvreté. En 2009, la Banque mondiale, en partenariat avec plusieurs pays, a lancé le Global Index Insurance Facility (Giif).

Depuis sa création, plus de 13 millions de polices d’assurance agricole ont été émises, avec environ 65 millions de bénéficiaires dans le monde – une petite part des 2,5 milliards de personnes qui dépendent des petites exploitations agricoles à travers la planète, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. (FAO).

Plusieurs raisons expliquent ce développement limité. Comme l’assurance agricole traditionnelle, ce système reste dépendant du soutien des pouvoirs publics : lorsque le secteur privé ne met pas la main à la poche, la prime d’assurance est souvent subventionnée par les Etats.

« L’Inde, qui a largement déployé la microassurance indicielle, a financé l’installation d’infrastructures telles que des stations météorologiques et a subventionné les primes à hauteur de 80, 90 %. Un agriculteur couvert obtient également des prêts à taux préférentiels »précise Pierre Casal Ribeiro, appui technique et gestionnaire de fonds délégué chez Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD).

Par ailleurs, la multiplication des événements extrêmes rend le calcul de l’indice plus compliqué. Et les technologies utilisées n’ont pas toujours été fiables. « Si les pluies n’ont arrosé qu’une partie d’une zone où se trouvent plusieurs exploitations agricoles, l’assurance basée sur les données de l’ensemble de la zone conclura que cette dernière n’a pas souffert de sécheresse. Une telle erreur a de lourdes conséquences : l’agriculteur ne sera pas remboursé et il perdra toute confiance dans le modèle. dit Pierre Casal Ribeiro. Les dernières avancées technologiques ont néanmoins permis de gagner en précision.

Mais la technique ne fait pas tout. Il faut encore convaincre les agriculteurs de financer leur part. « Certaines personnes sont revenues voir nos institutions partenaires en fin d’année en disant : ‘Cette saison, il n’y a pas eu de sécheresse, remboursez-moi les frais d’assurance' », explique Philippe Guichandut, directeur de l’assistance technique et des partenariats à la Fondation Grameen Crédit agricole.

« La logique de l’assurance est une façon très occidentale de penser la gestion des risques, ajoute Joan Penche, directeur des partenariats chez Sidi, entreprise fondée par le CCFD-Terre Solidaire. En Afrique par exemple, l’agriculture paysanne est diversifiée : si la récolte de maïs est mauvaise, on compensera par le sorgho cultivé sur la parcelle voisine et qui a mieux résisté. Et pendant les bonnes saisons, nous achetons des animaux que nous revendons les années difficiles. »

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