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Nouvelles canadiennes

La LNH, la cassette et la rébellion

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Aujourd’hui, imaginons un instant dans un monde où Gary Bettman aurait été chargé de résoudre des problèmes sociaux majeurs.

En 1955, lorsque Rosa Parks refusa de céder son siège de bus à une femme à la peau blanche, le commissaire aurait probablement attaqué les lois ségrégationnistes américaines en faisant retirer tous les sièges des bus.

Ou encore, lorsque les femmes du Royaume-Uni ont commencé à s’organiser pour obtenir le droit de vote dans les années 1920, le commissaire de la LNH aurait sans doute étudié la possibilité de retirer le droit de vote à tout le monde.

C’est ce genre de raisonnement tordu qui fait par exemple que la LNH nie encore (en 2023 !) l’existence d’un lien de causalité entre les coups à la tête et les lésions cérébrales.

Même s’il existe un large consensus scientifique sur les graves dangers que représentent les coups à la tête, les joueurs de hockey de la LNH peuvent toujours se battre à poings nus. Et dans certaines circonstances, ils peuvent légalement être éliminés par un coup d’épaule au visage au centre de la glace. Toujours selon cette logique, lorsque de tels cas se présentent, on tient la victime pour responsable de ne pas avoir levé les yeux pour voir venir son adversaire.


Depuis samedi soir donc, la LNH est aux prises avec une de ces situations folles dont elle semble parfois détenir le brevet.

Le défenseur Travis Dermott des Coyotes de l’Arizona a commis un acte de désobéissance rarement vu au hockey : il a défié un ordre de Bettman et du Conseil des gouverneurs de la ligue.

Sa faute? Pour montrer son soutien aux membres de la communauté LBGTQ+, Dermott a appliqué quelques centimètres de ruban adhésif aux couleurs de l’arc-en-ciel sur le manche de son bâton lors du match entre les Coyotes et les Ducks d’Anaheim.

La désobéissance du joueur était cependant subtile. La surface du bâton recouverte par le ruban adhésif était si petite qu’il a fallu agrandir une photographie d’une scène d’action pour le montrer. acte héroïque sur la place publique.

Appelée à réagir, de la manière la plus sérieuse, la LNH a indiqué à un confrère du site Athletic qu’elle réexaminerait le dossier. On se croirait au milieu des années 1950, à l’époque McCarthy.

Comment une ligue professionnelle qui se targue d’être inclusive a-t-elle pu en arriver à une situation aussi ridicule, attardée et scandaleuse ?


L’affaire remonte à la saison dernière. Comme c’était l’habitude depuis de nombreuses années, la plupart des équipes de la LNH tenaient, lors de leur calendrier de matchs local, des soirées thématiques visant à soutenir des groupes ou des causes telles que la lutte contre le cancer, la reconnaissance des militaires ou encore l’inclusion et le respect des communautés noires ou LBGTQ+.

Lors de ces soirées à thème, les joueurs portaient des maillots spécialement conçus pour l’occasion lors de leur période d’échauffement. Ces maillots étaient ensuite dédicacés et revendus aux enchères pour récolter des fonds.

Tout se déroulait normalement jusqu’à ce que le défenseur russe Ivan Provorov des Flyers de Philadelphie refuse de porter le maillot arc-en-ciel lors de la soirée thématique LBGTQ+ des Flyers.

La position de Provorov s’est rapidement répandue. Dans la LNH, d’autres joueurs russes ont emboîté le pas. Ils ont refusé de porter le pull aux couleurs de l’arc-en-ciel, invoquant une loi russe homophobe dont ils disaient craindre des répercussions. Des joueurs nord-américains comme les frères Eric et Marc Staal et le gardien James Reimer ont rejoint le mouvement, invoquant des raisons religieuses.

L’image d’inclusivité que voulait projeter la LNH a fait des ravages. Une chose en a entraîné une autre et des équipes comme les Rangers et les Islanders de New York ont ​​complètement abandonné l’idée de faire porter des maillots spéciaux à leurs joueurs lors de leurs soirées thématiques LBGTQ+.

À Montréal, le Canadien a également fait face à ce problème de manière décevante, comme je le rapportais en avril dernier dans cette chronique.


En juin dernier, Gary Bettman et les gouverneurs de la LNH se sont réunis pour tenter de trouver une solution à ce problème d’homophobie chez leurs employés.

Et tout simplement, il a été décidé que les équipes ne porteraient plus de maillots spéciaux lors des soirées thématiques car cette pratique était désormais source de Distractions.

Si l’on remonte à la source de cette histoire, on peut donc conclure qu’en affichant son homophobie la saison dernière, Ivan Provorov a déclenché une séquence d’événements qui fait en sorte que tous les joueurs de la LNH ne porteront plus de maillots thématiques. Ni pour faire preuve d’ouverture envers la communauté LBGTQ+, ni pour lutter contre le cancer et encore moins pour lutter contre le racisme.

Et parce que Gary Bettman ne lésine jamais sur les détails, cette décision des dirigeants de la LNH prévoyait également une éradication du fameux ruban arc-en-ciel.

La position de la LNH est donc la suivante : nous sommes inclusifs et nous avons beaucoup de bons principes. Mais nous n’y croyons pas assez pour que vous puissiez le voir sur nos patinoires.


Aux yeux de nombreux joueurs, l’interdiction d’utiliser du ruban adhésif aux couleurs de l’arc-en-ciel semblait être la goutte d’eau qui faisait déborder le vase et confirmait la déconnexion des dirigeants de la LNH.

Il est bien connu que si une loi ou une règle n’est pas justifiée ou rationnelle, elle ne sera tout simplement pas respectée. Depuis des siècles, de nombreux philosophes se posent ces questions.

C’est dans cette même veine, il y a quelques semaines, que le défenseur Jon Merrill (Minnesota Wild) soulevait une question très intéressante.

Que fera la ligue si j’utilise quand même cette cassette ? Vont-ils me virer de la patinoire ? Ou même me punir ? S’ils font ça, ils auront l’air très mauvaisa-t-il analysé, à juste titre.

Et parce que la consigne de Bettman n’est ni justifiée ni rationnelle, la LNH se retrouve désormais confrontée à son ancien préfet de discipline, le très respecté Brian Burke, qui vante la désobéissance de Travis Dermott et qui invite les autres joueurs de la ligue à l’imiter !

Et c’est là que l’histoire devient extrêmement intéressante.

Les responsables de la LNH oseront-ils sanctionner un joueur parce qu’il a fait preuve d’empathie envers un groupe marginalisé ? En termes d’image et de business, les conséquences d’une telle décision pourraient être terribles.

Et si les dirigeants de la LNH décidaient un jour de sanctionner Dermott, d’autres joueurs pourraient-ils se rallier à lui et désobéir encore plus massivement à l’ordre ? Cela aussi pourrait devenir extrêmement embarrassant.

Aux quatre coins de la LNH, il y a sans doute beaucoup de bras qui se tordent depuis samedi soir. Il est facile d’imaginer que de gros efforts sont déployés pour tenter de fermer le couvercle et d’étouffer dans l’œuf toute idée de contestation.

Pourtant, il aurait été si simple, dès le départ, de tomber dans le camp inclusif et de défendre les valeurs que la LNH, sur la place publique, prétendait défendre.

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