Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Nouvelles canadiennes

La guerre juste n’existe pas en droit international

[ad_1]

La guerre juste n’existe pas en droit international

Les attaques et les massacres perpétrés par le Hamas contre le territoire israélien et contre des civils ont déclenché une nouvelle phase d’un conflit armé existentiel qui dure depuis la création de l’État d’Israël et qui l’oppose à l’État palestinien dont l’existence à l’intérieur de frontières spécifiques n’est toujours pas résolue. La réponse militaire israélienne à Gaza est autorisée par le droit international de légitime défense et par le droit des conflits armés, mais uniquement dans le cadre de règles impératives concernant la conduite des hostilités et l’accès aux secours pour les populations civiles.

C’est à ce moment précis de l’histoire que la situation locale et mondiale a basculé dans une escalade cacophonique de positions qui invoquent le droit international, la souffrance et les crimes pour soutenir une légitimité plus large du recours à la force contre un ennemi criminel et terroriste. Mais c’est aussi le logiciel des souffrances des civils de Gaza, victimes du blocus et des bombardements israéliens, qui alimente à son tour la justification du recours à la violence par les groupes armés palestiniens. Ce logiciel de souffrance atteint la limite des capacités humaines et sociales et nous enferme dans une spirale de violence politique et militaire meurtrière.

L’importance accordée aux qualifications criminelles commises par les deux parties est stérile à l’heure où mort et désinformation se heurtent sur le champ de bataille. La gravité de la situation exige que chacun, et particulièrement les dirigeants politiques, ne se trompe pas dans son combat, ne se trompe pas dans ses droits. Le droit pénal ne ressuscite pas les personnes ni les peuples. L’urgence est donc d’invoquer dès maintenant le droit qui peut les empêcher de mourir.

L’objectif du droit international humanitaire, également appelé droit de la guerre et droit des conflits armés, n’est ni la paix ni la justice. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle a intégré l’obligation de secours humanitaire dans toutes les formes de conduite des hostilités. Il abolit la notion de guerre juste en affirmant que quelle que soit la justesse de la cause défendue et la nature de l’adversaire, l’usage de la force était limité et devait permettre une aide humanitaire. Ce droit ne promet pas le paradis, mais il fournit un langage et un cadre communs permettant aux civils et aux travailleurs humanitaires de coexister sur le champ de bataille et de survivre aux conflits. Le rôle des organisations humanitaires n’est pas de croire au droit ou de pleurer sa violation ; c’est le demander au quotidien, aux armées ou aux groupes armés qui contrôlent les territoires et les populations. Ces règles n’appartiennent pas seulement aux humanitaires ou aux victimes, elles relèvent avant tout de la responsabilité de tous les États.

Il est tentant de faire semblant de punir. Il peut paraître anodin de réussir à faire passer quelques camions de secours via Rafah. Mais la première responsabilité de tous les États est de respecter et de faire respecter le droit international humanitaire. Nous savons tout ce qui oppose les États et les divise au sein de l’ONU, mais il est indécent de noyer l’impératif humanitaire en le subordonnant à un marchandage politique plus large. Le droit international humanitaire exige d’autoriser l’entrée à Gaza de biens essentiels à la survie de la population et du personnel humanitaire et médical. Cela nécessite également de limiter le recours à la force pour éviter des pertes civiles. L’argument de la présence de combattants parmi les civils n’autorise pas à traiter un espace urbain comme une cible militaire. Le droit international humanitaire interdit la prise d’otages mais ne permet pas que les secours soient conditionnés à leur libération.

La gravité de la situation nous impose de ne pas commettre d’erreur au combat et donc de ne pas commettre d’erreur en droit. Le droit humanitaire constitue l’un des rares langages communs assumé par des puissances qui s’affrontent également sur tous les autres sujets. Le soutien de la Russie, de la Turquie et de la Chine au respect du droit humanitaire dans le conflit en cours à Gaza n’est pas un pur cynisme mais un hommage au pragmatisme de ce droit, à son utilité face au vertige du chaos, ainsi qu’une preuve qu’il n’appartient pas seulement à l’Occident.

Il est inquiétant que ce droit reste perçu uniquement dans sa dimension répressive et qu’il alimente des discours désillusionnés sur son incapacité à punir les crimes. Cette paresse d’enfants gâtés de la paix nous prive d’un outil puissant pour continuer à penser et agir dans un monde fragmenté et violent.

L’échec de la communauté internationale n’est pas celui d’organismes comme l’ONU mais réside dans la constitution de blocs d’États divisés, entre ceux qui ne reconnaissent pas l’existence de l’État d’Israël et ceux qui ne permettent pas à la Palestine d’exister dans un cadre reconnu. les frontières. Ce n’est donc pas la légitime défense mais l’existence même des Etats concernés qui est en jeu dans cette double guerre existentielle qui doit être reconnue et gérée comme telle.

[ad_2]
Fr1

Back to top button