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Nouvelles canadiennes

La Castafiore, diva ridicule ou cœur tendre ?

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Hergé l’a si bien représentée, avec sa permanente blonde, sa silhouette plantureuse, sa gestuelle hyperbolique et son narcissisme explosif. Et surtout sa propension à lancer hardiment les premiers bars du plein air de Marguerite dans le Faust de Gounod dès que la situation l’exige… ou ne l’exige pas.

« Ah ! Je ris de me voir si belle dans ce miroir” devient pour les héros des albums de Tintin cri de ralliement ou, plus souvent, incitation à la fuite, le capitaine Haddock partageant avec Milou une profonde aversion pour les roucoulements de la Castafiore. Son seul véritable admirateur est le professeur Tournesol : l’avantage d’être malentendant…

La version originale du Joyaux de la Castafioretel qu’Hergé l’avait conçu sous forme de feuilleton pour le journal Tintin, entre juillet 1961 et septembre 1962 (1). En le feuilletant, l’amateur d’opéra est invité à réexaminer ce personnage de diva haut en couleur.

Caricaturale, excessive, horrifiante, la soprano, synthèse fictionnelle de diverses divas célèbres, renvoie-t-elle une image négative ou au contraire touchante de la chanteuse lyrique ? A l’instar des Dupond/ts qui cantonnent la police à intervenir trop tard et au mauvais moment, notre chère Bianca ne jette-t-elle pas une telle dose de ridicule sur l’art vocal qu’il aura du mal à se faire accepter ? remettre?

Excessif mais courageux

La réponse serait certainement « oui » si la chanteuse ne faisait pas preuve de courage et d’ingéniosité lorsqu’il s’agit de défendre ses amis contre des méchants impitoyables (en Sceptre d’Ottokar Ou L’affaire du tournesol). De quoi redorer son blason.

Il faut aussi reconnaître que sa gorge généreuse recouverte de perles cache un cœur sensible. Le charisme d’un vieux chien de mer du capitaine Haddock fait naître en elle des émotions de jeunesse. Un penchant très peu réciproque, le marin le craignant bien plus qu’une flotte de pirates sanguinaires !

Tyrannique avec sa femme de chambre Irma ou son pianiste Wagner, la soprano au vibrato terrifiant est une femme déterminée, qui trace sa route dans un monde masculin : presque le seul personnage du sexe dit faible à s’imposer dans l’univers Tintinesque. Diva d’âge moyen, elle appartient au monde d’hier ; mais femme forte, elle invite, de manière comique, à franchir le seuil d’une ère nouvelle, comme l’analyse si finement Benoît Peeters dans sa biographie d’Hergé (2).

Ridicule ou sublime ?

Bien sûr, le Faust de Gounod et, particulièrement, l’air des joyaux, que toute soprano devait inscrire à son répertoire à l’époque d’Hergé, en prennent un coup, cristallisant les excès de l’opéra, rappelant combien la frontière est ténue entre le sublime et le grotesque .

Avec presque un demi-soupir, le rire de Marguerite ravit ou exaspère. La Castafiore incarne ainsi, pour notre plus grande joie, les paradoxes d’un genre musical critiqué pour ses bizarreries et ses exubérances. Mais qu’on adore pour ces mêmes bizarreries et ces mêmes exubérances.

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