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Juste entre toi et moi | Dans le fil des pensées de Gregory Charles

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Le personnage de théâtre musical qui ressemble le plus à Gregory Charles ? L’épouvantail dans Le magicien (1978), la version noire de Magicien d’Oz. Mais contrairement à cette créature fictive, Gregory possède bel et bien un cerveau.




« A 55 ans, je suis toujours ce gamin émerveillé, curieux », confie celui qui présentera l’émission 7, une célébration du répertoire de la comédie musicale, à la Place des Arts du 15 au 19 novembre. « Le personnage de l’homme de paille, il souhaite avoir un cerveau, oui, mais ce qu’il souhaite avant tout, c’est comprendre. Et je veux tout savoir, je veux comprendre. » Il nous le prouvera au cours des trois prochaines heures.

A peine arrivé au studio, Gregory Charles s’installe au piano et improvise quelques accords de jazz. Puis, après deux heures d’interview, alors que les micros étaient éteints, le musicien, animateur et producteur se tenait toujours devant moi, me racontant sa récente excursion, en mars dernier, sur le chemin de Compostelle.

Juste entre toi et moi | Dans le fil des pensées de Gregory Charles

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, COLLABORATION SPÉCIALE

Gregory Charles, en entretien complet avec notre journaliste

Traduction : La vie de Gregory Charles est si riche et si remplie qu’il lui est possible de parler pendant deux heures sans évoquer une quelconque réalisation récente dont quelqu’un d’autre se vanterait constamment.

Comme dans son spectacle inoubliable Des airs de toidiffusé de 2001 à 2009 sur les ondes de ce qu’on appelle alors la Première Chaîne de Radio-Canada, Gregory Charles est intarissable et insère des parenthèses entre parenthèses dans chacune de ses anecdotes sur Stevie Wonder, l’écriture de son succès. Je pense à toi ou la vie sexuelle de ses parents. Ses réflexions sur la musique, l’éducation ou la foi sont souvent accompagnées de références à l’univers de Marvel, Star Trek ou à l’homme des cavernes.

Quand je rentrais à la maison et que ma mère me demandait ce que j’avais appris pendant la journée, ça me prenait toujours 20 minutes (pour lui dire).

Grégory Charles

Ne te tais pas

A ce Grégory étonné que l’on connaît depuis Le débrouillard Un Grégory indigné s’est ajouté ces dernières années. C’est ce Grégory qui a pris fait et cause, en avril 2022, pour une réforme en profondeur de notre système éducatif, dans un entretien accordé à son collègue Alexandre Pratt. Une sortie dont l’artiste avait été largement critiquée, mais qui avait au moins le mérite de placer l’éducation au centre de l’agenda médiatique pendant une bonne semaine.

Est-il satisfait de l’impact de cet article ? « Notre réflexion collective n’a pas du tout avancé sur ce sujet, alors suis-je satisfait ? Non », répond celui qui s’inquiète plus que jamais non seulement de l’abandon scolaire des garçons, mais aussi des conséquences sociales tentaculaires de cet échec. « On m’a beaucoup dit : ‘On t’aime, Grégory, mais sur les sujets sérieux, tu devrais fermer les yeux.’ »

Une suggestion à laquelle il refuse de se conformer.

« Le Québec d’aujourd’hui, qui craint l’étranger, l’aurait profondément peiné », écrit-il à propos de son défunt père, Lennox, dans Un homme comme lui (Éditions La Presse), une longue lettre adressée à sa fille sur la vie de son grand-père, qui, avant d’arriver au Québec et d’y militer pour la souveraineté, a défilé aux côtés de Martin Luther King et manifesté avec Harry Belafonte.

Malgré cet héritage paternel, il lui a fallu quelques années pour mesurer l’impact de sa propre présence à la télévision québécoise sur sa communauté, même s’il a lui-même parfois subi les conséquences du racisme : au début des années 1990, le jeune d’une vingtaine d’années a perdu son premier contrat avant la diffusion de l’émission parce que le sponsor a refusé d’apposer son imprimatur sur un projet mené par une personne noire.

Juste entre toi et moi | Dans le fil des pensées de Gregory Charles

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, COLLABORATION SPÉCIALE

Grégory Charles

Ce fils né d’un père trinidadien et d’une mère québécoise s’en souvient sans amertume, presque comme si ce racisme avait quelque chose de bon enfant, de moins nuisible que celui qui s’exprime aujourd’hui. Sent-il une montée de l’intolérance ?

En tant qu’observateur, je sens une montée de l’intolérance, mais aussi en tant que citoyen. Bien sûr, les réseaux sociaux y sont pour quelque chose, mais j’ai quand même passé les 45 premières années de ma vie à me sentir totalement chez moi et les 10 dernières à me faire dire quotidiennement que je devrais retourner dans mon pays.

Grégory Charles

Le Québec a beau être « un coin de paradis en termes de relations avec les étrangers », il est de notre responsabilité d’apprivoiser ce que Grégory considère comme un instinct.

« Notre nature en tant qu’être humain est de discriminer, c’est notre premier réflexe », estime-t-il. Quand on se dispute avec quelqu’un, on cherche sa différence, pour lui donner une fessée. Cela demande un effort éducatif, un effort intellectuel, un effort émotionnel, de compassion, pour surmonter cela. Le plus grand danger est de ne pas reconnaître que nous sommes ainsi. »

Jamais seul

Gregory Charles s’exprime beaucoup en paraboles – ses parents étaient après tout très religieux – et m’a raconté ceci, après notre entretien, à propos de Compostelle, une aventure dans laquelle il s’est lancé dans l’espoir de rencontrer des gens, sans savoir qu’en mars, les chemins y sont déserts.

Un jour, alors qu’il s’apprêtait à faire sa valise et à rentrer au pays sans avoir atteint son objectif, Grégoire croisa des pèlerins marchant en sens inverse du sien, à qui il leur dit qu’ils étaient les premiers humains qu’il rendait visite. traverse depuis le début de son voyage.

Après avoir mangé un morceau en sa compagnie, ces inconnus devenus ses amis lui disent qu’ils repartiront avec lui les kilomètres qu’ils avaient déjà parcourus, histoire de ne pas le laisser seul.

En quoi croit Gregory Charles ? « Dans des instants pleins », dit-il, dans ces quelques secondes fugaces de bonheur pendant lesquelles la laideur, la violence et la souffrance semblent ne plus exister. Gregory croit qu’il y a toujours quelqu’un, quelque part, pour vous accompagner.

Trois citations de notre entretien

Sur son admiration pour les autres artistes

« C’est vrai que souvent, quand je suis avec des artistes, il y a une chance que je connaisse mieux leur répertoire qu’eux-mêmes. Mais j’échangerais les milliers de chansons que j’ai en tête contre avoir écrit deux chansons de Michel Rivard ou de Pierre Lapointe. J’échangerais toutes mes connaissances musicales contre le génie de Vincent Vallières, Ariane Moffatt, Paul Piché ou Richard Séguin. »

Sur l’importance de lutter contre l’injustice

« Mon père m’a toujours dit qu’une petite injustice est une grande injustice et que si nous n’essayons pas de les réparer toutes en même temps, nous n’y parviendrons jamais. »

À propos de la Karkwa

« Je ne sais même pas s’ils savent à quel point je suis fan et combien de fois je les ai vu jouer. Karkwa est un groupe comme Yes ou Emerson, Lake & Palmer, c’est un groupe de cette force. (…) Je souhaite à tout le monde, surtout à ceux qui disent qu’il faut protéger notre culture, de prendre une soirée pour écouter Karkwa de A à Z. C’est génial. »



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