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Nouvelles canadiennes

« Israël peut contenir la menace sécuritaire, mais pas les causes profondes de cette menace »

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La Croix : L’objectif d’Israël en menant cette guerre à Gaza, « mettre fin au Hamas », peut-il être atteint ?

Xavier Guignard : Ce sont des communications de guerre. Ce mouvement islamiste palestinien est protéiforme, Israël le sait bien. L’armée israélienne veut avant tout liquider les cadres du Hamas à Gaza afin de limiter ses capacités opérationnelles, et je crois qu’elle en a les moyens.

Mais cela ne fera pas disparaître le Hamas. Car outre ses cadres et ses combattants, l’enclave palestinienne compte aussi de nombreux fonctionnaires liés au Hamas. (ce parti administre le territoire depuis 2007, NDLR)sans parler de ses nombreux partisans politiques.

Le Hamas est-il populaire auprès des Palestiniens ?

XG : Nous observons un fort soutien populaire non pas tant pour les options politiques choisies par le Hamas que pour ce que ce mouvement représente aux yeux des Palestiniens : l’une des oppositions les plus résolues à la politique menée par Israël.

Depuis plusieurs années, le désir de confrontation grandit parmi les Palestiniens et il est peu probable que cette guerre l’anéantisse. Cela se voit notamment dans l’émergence de groupes armés très peu structurés dans le nord de la Cisjordanie.

A quoi est dû cette « envie de confrontation » ?

XG : Au statu quo actuel qui est, en réalité, extrêmement défavorable aux Palestiniens. En Cisjordanie, la colonisation se poursuit et la violence des colons contre les civils ne cesse d’augmenter. A Jérusalem, la colonisation se poursuit également, et les lieux saints font l’objet d’attaques répétées, notamment depuis 2021. En Israël, la cohabitation est de plus en plus difficile entre citoyens juifs et arabes. Quant à la bande de Gaza, elle est sous blocus israélien illégal depuis dix-huit ans.

Comme de plus en plus de chercheurs, d’ONG et d’organisations internationales (Amnesty International, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés, etc.), je considère que le traitement réservé aux Palestiniens peut s’apparenter à de l’apartheid. Ces populations sont en effet soumises à des régimes juridiques et à des pratiques politiques exceptionnelles fondées sur la distinction ethnique et la ségrégation.

En menant la guerre contre le Hamas, Israël peut contenir la menace sécuritaire, mais pas les causes profondes de son existence. Le désintérêt international pour le conflit israélo-palestinien est tel, depuis dix ans, que l’attentat du 7 octobre semble perturber une situation apaisée, ce qui n’est pas du tout le cas.

Le Hamas est-il prêt à une offensive terrestre de l’armée israélienne dans la bande de Gaza ?

XG : En commettant l’attentat du 7 octobre, il ne pouvait manquer d’anticiper une réaction israélienne extrêmement forte. Et ce jour-là, le mouvement a montré qu’il était capable de monter des opérations complexes. En ce qui concerne la « des surprises » que le Hamas dit réserver à l’armée israélienne si elle entre dans Gaza, c’est de la propagande.

Ce qui est sûr, c’est qu’une opération terrestre est toujours compliquée pour une armée régulière. Le Hamas a les moyens d’infliger de très lourdes pertes à l’armée israélienne.

Certains Gazaouis ont refusé de partir vers le sud de la bande de Gaza après l’ordre d’évacuation donné par Israël le 13 octobre, et beaucoup semblent opposés à l’idée de se réfugier en Egypte – dont la frontière reste intacte. voie fermée. Pour quoi ?

XG : Un slogan populaire résonne ces jours-ci à Gaza : « Le paradis est plus proche que le Sinaï. » Autrement dit, « Nous avons plus de chances de mourir si les Égyptiens nous ouvrent leurs frontières ». Mais aussi : « Il vaut mieux mourir que de devoir quitter nos terres. »

Pour les Gazaouis, un tel départ serait vécu comme une seconde Nakba (terme arabe signifiant « catastrophe » et désignant l’exil forcé de 800 000 Palestiniens après la création de l’État d’Israël en 1948). Il y a une peur très forte d’un retour impossible.

Cela étant dit, les conditions du siège pourraient changer la donne. Pour des raisons humanitaires (ne pas mourir de faim ou se faire bombarder), certains Gazaouis accepteront peut-être de fuir.

Avec deux semaines de recul, comprenez-vous mieux les objectifs stratégiques du Hamas en massacrant 1 400 Israéliens le 7 octobre ?

XG : Par son ampleur, sans commune mesure avec ce que l’on a pu observer jusqu’alors, cette opération semble s’apparenter à une « guerre existentielle » pour le Hamas. Nous sommes très loin des habituelles attaques à la roquette lancées sur le sol israélien pour exprimer le mécontentement.

Quant aux objectifs, le Hamas en a mentionné quatre. La première ne concerne pas Gaza mais Jérusalem. La référence à la mosquée Al-Aqsa (l’attaque a été surnommée « Inondation d’Al-Aqsa, NDLR) indique que pour ce mouvement islamiste, les atteintes au statu quo dans les lieux saints de Jérusalem sont intolérables. Le Hamas a également discuté de la colonisation en Cisjordanie, du sort des prisonniers palestiniens détenus en Israël et du blocus de Gaza.

Le Hamas prône-t-il la destruction de l’État d’Israël ?

XG : Le parti n’a certes jamais officiellement reconnu Israël, mais la solution politique qu’il prône depuis plusieurs années s’apparente presque à une solution à deux États. En 2017, le Hamas a en effet amendé sa charte de 1988 pour demander un État palestinien à l’intérieur des frontières de 1967 (c’est-à-dire la Cisjordanie et Gaza, et non plus l’ensemble du territoire israélo-palestinien).

Quel regard portez-vous sur les tensions nées en France du refus d’une partie de la gauche de qualifier le Hamas d’organisation terroriste ?

XG : Je ne commente pas le débat franco-français qui répond à ses propres enjeux. Comprendre ce qui s’est passé le 7 octobre comme un acte terroriste, c’est-à-dire une attaque contre des civils dans le but de les intimider et de contraindre leur gouvernement à des fins politiques, est factuel.

Il n’en reste pas moins que désigner une organisation comme terroriste, en l’absence de définition consensuelle en droit international, est avant tout une décision politique. Le Hamas est également un parti politique et un gouvernement de fait depuis une quinzaine d’années, et il faut en tenir compte. S’il faut qualifier les actes commis par les belligérants, il faut aussi un contexte qui, à mon avis, ne se réduit pas à un conflit de civilisation ou à une guerre contre le terrorisme.

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