Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Nouvelles canadiennes

Isabelle Lessard, la plus jeune mairesse de Québec, démissionne | Feux de forêt 2023

[ad_1]

La gestion de la crise des incendies de forêt survenue au début de l’été a sonné le glas de la carrière politique de la mairesse de Chapais, Isabelle Lessard. Ces dernières semaines, des professionnels de la santé lui ont diagnostiqué ce qui semble être un choc post-traumatique.

Isabelle Lessard a présenté sa démission mercredi matin, après plusieurs semaines de réflexion. Élue sans opposition à 21 ans, son aventure politique dure deux ans. Elle déplore entre autres le manque de moyens pour aider les nouveaux élus comme elle lors de crises majeures.

Je me sentais toujours paniqué. Je n’arrivais toujours pas à dormir la nuit. J’étais constamment en mode survie, en alerte, en alerte, avec la crainte qu’une autre crise n’arrive. Cela m’a beaucoup affecté au niveau de ma santé mentale et même dans une certaine mesure au niveau de ma santé physique.elle se confie en toute sincérité.

Un été historique

Au début de l’été, les feux de forêt approchaient à quelques kilomètres seulement de Chapais. La moitié de la ville a dû être évacuée pendant trois nuits. Une période stressante pour les Chapaisiens.

J’ai dû, pour la première fois de ma vie, gérer une situation comme celle-là dès mon premier mandat à 23 ans.

C’était un peu inouï, mais surtout quelque chose auquel je ne m’attendais pas et pour lequel je n’étais peut-être pas prêt, ni armé à 100%, même si on sait que ça fait partie du métier des imprévus comme çase souvient celui dont le travail a été souligné un peu partout au Québec.

Les feux de forêt se sont approchés très près de Chapais.

Photo : Nina Grondin

Isabelle Lessard ne s’en cache pas, elle est de nature stressée et anxieuse. Le travail qui lui a été demandé au début du mois de juin a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Cinq mois plus tard, Isabelle Lessard n’a toujours pas l’impression d’avoir complètement tourné la page. Elle ressort de cet épisode avec des séquelles.

De plus, elle n’a pas pu reprendre une vie normale. L’anxiété a envahi son quotidien. Depuis la mi-septembre, elle est en arrêt de travail pour raisons de santé.

J’étais à bout de souffle. Mon médecin a vu la détresse.

En vertu de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, le mandat d’un membre du conseil municipal prend fin après une absence de 90 jours consécutifs aux séances du conseil municipal. Les élus municipaux ont toutefois le pouvoir de prolonger ce délai de grâce.

Quatre-vingt-dix jours, c’est long, ça fait trois mois, mais c’est quand même très court quand on traverse des moments difficiles et qu’il faut se remettre au top. Ce qui veut dire que j’ai une échéance devant la tête pour me remettre en pleine forme, à 100%. À partir d’aujourd’hui, je me rends compte que ce n’est pas réaliste et que je ne pourrai pas reprendre le travail en pleine forme.note le maire de Chapais.

Il était inconcevable pour l’élu démissionnaire que d’autres personnes prennent la décision à sa place.

Manque de ressources

Isabelle Lessard déplore le manque de ressources et d’aide à la disposition des politiques. Le système politique québécois n’est pas adapté lorsque les élus traversent des moments difficiles, d’après elle. C’est ce qui a renforcé sa décision de quitter la politique.

Elle cite en exemple l’absence de ce qui pourrait correspondre à un programme d’aide aux employés. En arrêt de travail depuis la mi-septembre, elle a encore du mal à savoir comment elle sera payée lorsqu’elle ne pourra pas travailler.

Pas assez d’aide pendant la crise

Même si elle a pu compter sur le soutien de son équipe durant ces semaines de travail exigeantes, elle n’a pas eu la même impression des autres niveaux politiques.

Au niveau national, je n’ai pas ressenti le soutien et l’entraide de ceux qui nous représentent plus haut que nous. Oui, ça m’a touché d’avoir des appels de certains ministères et des premiers ministres du Québec et du Canada. Ce sont des choses qui m’ont beaucoup touché, sauf que concrètement et dans l’action, cela n’a rien apporté qui nous ait vraiment aidé. C’est un peu une critique que je faisse lamente-t-elle.

Isabelle Lessard et Rémi Barriault.

Isabelle Lessard a été mise sur le devant de la scène au début de l’été lors des immenses incendies de forêt. Elle a notamment dû tenir plusieurs points de presse avec des représentants de la SOPFEU.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Elle espère que davantage de renforts seront envoyés aux communes lors d’une future crise de ce genre.

À un moment donné, je me suis senti abandonné et négligé par le système politique québécois. J’avais vraiment l’impression, je ne sais pas comment le dire poliment, qu’on s’en fout de Chapais et du Nord-du-Québec qui est en train d’être incendié.

Si Isabelle Lessard prend la parole aujourd’hui, c’est pour que la politique gagne en humanité.

Nos élus ne sont pas des machines. Ce sont des humains qui ont une vie personnelle à gérer tout au long de leur vie professionnelle. À un moment donné, il faut le comprendre. Nous devons vraiment être plus humains envers les autres. Le système politique québécois doit absolument s’adapter et apporter des changements majeurs à ce niveau. C’est indéniableplaide-t-elle.

Un voyage à faire

La jeune femme a longuement réfléchi ces dernières semaines. Le temps a fait son œuvre. Celui qui est né et a grandi à Chapais a réussi à faire la paix avec les événements et à accepter que ça fait partie de la vie.

Je le voulais tellement. Je pensais aux incendies et cela m’a mis en colère. Je me suis dit que je n’avais pas réussi à être à la hauteur, à m’en sortir. Je ne pouvais pas rester forte, faire comme si de rien n’était. J’ai ressenti beaucoup de colère face à cette situationelle explique.

Une jeune femme joue aux poches avec des personnes âgées.

Isabelle Lessard en action lors d’un tournoi de baseball de poche, une activité organisée au centre communautaire Chapais par et pour les aînés.

Photo : Radio-Canada / Romy Boutin-St-Pierre

L’avenir reste à définir pour celle qui était, avant son élection, aide-soignante auprès de personnes âgées. Une chose est sûre, les prochains mois seront consacrés à sa convalescence.

Mon objectif numéro un est de compléter mon cheminement personnel pour réussir à retrouver légèreté et joie de vivre. Après, c’est un peu poétique, je laisse à l’univers le soin de me guider sur mon prochain défi. Quand je serai prêt, de nouvelles opportunités s’offriront certainement à moi.. Elle ne ferme pas la porte à un retour à la politique.

[ad_2]

Gn Ca local

Back to top button