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Science et technologie

Intelligence artificielle : la philanthropie comme garde-fou

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Ce texte fait partie de la rubrique spéciale Philanthropie

La philanthropie a propulsé le développement de l’intelligence artificielle (IA) depuis des décennies, affirme Jean-Marc Fontan, professeur au Département de sociologie de l’UQAM. « Les premiers acteurs qui se sont intéressés à cet univers ont été les mécènes qui finançaient les chercheurs et les laboratoires dans les années 1930 », rappelle-t-il. La philanthropie d’aujourd’hui est appelée à être transformée par cette technologie. Mais il ne se contentera pas de l’adopter passivement, estime le chercheur : cela pourrait aussi nous aider à maintenir notre démocratie vivante.

Le débat sur l’avenir de l’intelligence artificielle fait rage dans l’espace public. Deux visions s’opposent : d’une part, la crainte que l’IA conduise à une dérive autoritaire et « fasse peser un grand risque pour l’humanité ». De l’autre, l’espoir que cela facilitera la vie humaine. Dans un éditorial accompagnant un dossier consacré à la question compilé par PhiLab, le Réseau canadien de recherche partenariale en philanthropie, Jean-Marc Fontan note deux approches pour tirer le meilleur parti de cette technologie : la précaution et le maintien d’une culture démocratique. « À ce niveau, les médias, les institutions universitaires et les fondations philanthropiques ont un rôle crucial à jouer dans la construction de notre avenir historique », écrit-il.

Comment les organisations philanthropiques peuvent-elles maintenir nos institutions démocratiques face à l’arrivée de cette technologie disruptive ? « En ayant eux-mêmes des pratiques démocratiques », résume-t-il. En faisant preuve de plus de transparence dans leurs activités, en veillant à ce que leur CA (conseil d’administration) soit composé de personnes qui bénéficient de leur soutien et en établissant des relations d’égal à égal avec les organismes qui bénéficient de leurs largesses, notamment. Si une fondation intègre par exemple un outil pour faciliter la sélection des projets, ces garde-fous de gouvernance permettront d’entretenir un meilleur esprit critique face aux décisions des machines. « Le problème avec l’IA, pour l’instant, c’est que tout est programmé par les humains, donc on transfère les préjugés, la conception du monde », rappelle celui qui est codirecteur du PhiLab.

La philanthropie a aussi un rôle à jouer pour financer et soutenir les organismes qui permettent de garder un œil critique sur l’IA et de défendre les populations qu’elle pourrait nuire, estime Jonathan Durand Folco, professeur agrégé à l’Université Saint. -Paul d’Ottawa. « Par exemple, Data For Black Lives, une ONG issue du mouvement Black Lives Matter, utilise le Big Data (big data) pour recenser les cas d’injustice ou de discrimination et les usages néfastes de l’IA. »

Gestion automatique

Qu’en est-il des activités quotidiennes d’une fondation ? Seront-ils bientôt automatisés ? Jean-Marc Fontan ne l’espère pas. « Même si l’outil peut aider, il doit rester un débat entre humains pour que les décisions soient prises en cohérence avec les objectifs de l’organisation. »

Malgré les dérives potentielles, le chercheur se réjouit des avantages promis par cette nouvelle technologie. « La grande beauté de l’IA, c’est qu’elle peut nous fournir rapidement beaucoup d’informations », note-t-il. Il imagine un outil permettant de créer une cartographie d’une population ou d’organisations intéressées par une cause donnée. «Nous pourrons définir un projet qui sera beaucoup plus en adéquation avec les besoins», résume Jean-Marc Fontan. Tout cela va dans le sens classique de l’outil au service de l’humain. »

Pour bénéficier de ces avantages, plusieurs changements devront être apportés, estime le chercheur. Parmi les fondations, le chercheur souhaite voir la collectivisation de données fiables. « De nombreux projets sont financés, mais on entend rarement parler des résultats. Nous pourrions avoir une base de données recensant les difficultés rencontrées pour mieux identifier les erreurs et être plus efficace. »

Du côté des entreprises technologiques, il faudra intégrer un peu de doute dans l’outil. « Nous devons présenter l’information en mettant les données en perspective. La machine donne une réponse, elle doit indiquer qu’elle se base uniquement sur des avis, qu’il n’y a pas d’études sur le sujet. Ces éléments peuvent nous aider à décider si nous y prêtons attention. »

Jonathan Durand Folco, de son côté, pointe du doigt une étude de 2019 notant que « seulement 6 % des organisations (communautaires québécoises) utilisent des algorithmes ». Malgré les avancées fulgurantes de l’IA, son intégration au sein des organisations philanthropiques n’est sans doute pas pour demain. Tant mieux : cela peut, nous l’espérons, se faire délibérément.

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales de Devoir, relatif au marketing. L’écriture du Devoir n’y a pas participé.

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