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Nouvelles canadiennes

« Il y a eu clairement un échec des services de renseignement israéliens »

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La Croix : Le Hamas a choisi de lancer son offensive 50 ans après le début de la guerre du Kippour, le 6 octobre 1973. Quels symboles voyez-vous derrière cet anniversaire ?

Frédérique Schillo : Il existe un parallèle évident susceptible de créer un choc psychologique en Israël. Nous sommes presque 50 ans jour pour jour, c’est aussi un jour de Shabbat, comme lors du déclenchement de cette guerre du Kippour, et c’est la fête qui marque la fin des fêtes de Souccot. Cette attaque surprend par son intensité, avec ce barrage massif de roquettes et ces incursions terrestres, et aériennes avec des drones. Ce mur de 6 mètres à la frontière avec Gaza, que Tsahal présentait comme imprenable, a été percé très facilement au bulldozer. Nous voyons des images de terroristes parcourant les villes et les kibboutzim autour de Gaza, allant de maison en maison pour tuer, brutaliser et prendre des civils en otages.

C’est un choc comme à Yom Kippour pour l’opinion publique, mais tout compte fait, car à Yom Kippour, l’exploit de Sadate et de l’armée égyptienne a été de traverser le canal de Suez. C’était la dernière grande bataille entre forces conventionnelles contre Israël, la plus grande bataille de chars depuis la Seconde Guerre mondiale, on n’en est pas encore là : on parle d’une dizaine de terroristes qui ont infiltré le territoire israélien. Mais la stupeur, sinon de même intensité, est de même nature. On voit les habitants appeler à l’aide, demander où sont les soldats, pourquoi il n’y a pas eu de réponse de l’armée de l’air, une contre-attaque.

Faut-il y voir un échec des services de renseignement et de l’armée ?

FS : Cet attentat rappelle aussi Yom Kippour de ce point de vue et le sentiment de vulnérabilité qu’il génère chez les Israéliens. Il y a eu clairement un échec de l’armée et des services de renseignement. Il y a cinquante ans, les services pensaient que les Arabes avaient été tellement humiliés en 1967 qu’ils n’oseraient pas. On retrouve cette même conception : le Hamas ne veut pas la guerre, il ne sait pas se battre, il n’est pas assez sophistiqué… Il y a le même mépris pour les Palestiniens qu’il y avait à l’égard des troupes arabes en 1973.

Il y a aussi un échec technique pour les services de renseignement : le Hamas a mené des exercices militaires ces derniers jours et de la même manière, il y a 50 ans, Sadate a pu faire passer son armée par le canal de Suez parce qu’elle s’était massée à couvert près du canal. de manœuvres militaires. Les services ont apparemment pris ces exercices à la légère et n’ont pas considéré que cela pouvait signifier le lancement d’une offensive.

Dans quelle mesure le Hamas a-t-il « profité » de l’affaiblissement politique du gouvernement israélien, contesté dans la rue depuis janvier, notamment par d’anciens soldats et réservistes ?

FS : La vulnérabilité d’Israël ne vient pas du fait que certains réservistes voulaient faire grève et menacer de ne plus servir dans une démocratie antilibérale. La vulnérabilité vient aussi du fait que ceux au pouvoir ont baissé la garde et se sont retrouvés coincés dans une réforme judiciaire menée par un gouvernement d’extrême droite, avec des suprémacistes juifs qui ont jeté de l’huile sur le feu, sans comprendre que la société était en crise. fissuration. Nous sommes dans une crise sociale sans précédent, et c’est cette fragilité que les manifestants ont pointé du doigt en disant : « Nous sommes des millions à manifester contre cette réforme depuis janvier, l’État est fragilisé, les économistes tirent la sonnette d’alarme ; la start-up nation déménage… » 169 anciens chefs militaires et services de sécurité, de défense et de renseignement avaient alerté, estimant qu’il fallait mettre un terme à cette réforme et se recentrer sur les vrais problèmes.

Les ennemis d’Israël pourraient profiter de cette fragilité, comme en 1973 ; Sadate et Assad ne cherchaient pas une guerre d’anéantissement, ils voulaient récupérer les territoires perdus de 1967. L’Égypte voulait provoquer un choc psychologique qui stupéfiait Israël et obligeait les Américains à intervenir. C’était une opération politique pour provoquer des négociations. Aujourd’hui aussi, nous sommes dans une opération très tactique. Ce barrage de roquettes est une manière de détourner l’attention, de prendre des otages et de rétablir un rapport de force par la peur. C’est une guerre psychologique comme en 1973.

Cette opération a cependant remobilisé les réservistes qui contestaient le pouvoir de Netanyahu. Est-ce une aubaine pour le gouvernement qui va retrouver une forme d’union sacrée ?

FS : On serait tenté de croire que c’est du pain sacré pour Nétanyahou, car il n’est jamais meilleur que lorsqu’il revêt les habits d’un chef de guerre. Les manifestations, à la fin des fêtes religieuses, reprendraient en force, tout comme le bras de fer entre gouvernement et opposition. Evidemment, il pourra souffler sur le plan interne : aussitôt, les Frères d’armes, ces leaders de la contestation des réservistes de Tsahal, ont dit qu’il fallait se lever. Chaque conflit pousse à unifier la société israélienne. Mais le bilan humain est déjà si lourd, les échecs du renseignement militaire si graves et les appels des habitants si forts que Netanyahu ne peut échapper à un examen minutieux. Son répit s’annonce être de courte durée.

Comment cette opération résonne-t-elle à l’heure du rapprochement entre Israël et l’Arabie Saoudite en vue d’une éventuelle normalisation ?

FS : Ce type d’opération est une manière de contrecarrer les accords d’Abraham, avec les États dits modérés du Golfe, et demain peut-être avec l’Arabie saoudite à travers les États-Unis, pour se renforcer avec l’axe Hamas-Hezbollah-Téhéran. Les accords d’Abraham n’empêchent pas ce type d’opération ; Il faudra scruter les réactions des États du Golfe face à la réponse de Tsahal.

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