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Nouvelles canadiennes

il n’y a pas de limite d’âge pour la vie au château

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Le Château des Rentiers

par Agnès Desarthe

L’Olivier, 224 p., 19,50 €

En remontant le temps sur les traces de ses grands-parents maternels, Agnès Desarthe fait revivre la rue du Château-des-Rentiers, ce quartier populaire du 13e quartier de Paris. Boris et Tsila, du haut du huitième étage, voulaient croire en la communauté unie des habitants, dont la plupart étaient, comme eux, des réfugiés d’Europe centrale.

Une vie de rêve, en quelque sorte, malgré les épreuves : « Personne n’était riche. Tout le monde avait souffert. Certains poignets portaient une série de chiffres tatoués. » Et l’auteur recueille les confidences des habitants. Et aussi ceux de ceux qui reviennent de l’enfer : « L’expérience des camps de concentration est incommunicable. C’est une histoire racontée à des sourds par des muets. » Lorsqu’ils retrouvent la voix, c’est pour exprimer l’espoir : « La mort, pour eux, n’était pas ce vers quoi ils marchaient mais ce à quoi ils avaient échappé. » Ceux qui reviennent ont pu imaginer une sorte de phalanstère de survivants.

Voyage d’une vie

Agnès Desarthe ne compile pas les informations, elle se laisse plonger dans une histoire qui devient la sienne : « Je ne peux m’empêcher de parler de ce que je ne connais pas. Le peu d’informations dont je dispose, je l’oublie et je n’essaye pas de les retrouver. Je ne fais pas le voyage à Auschwitz, je ne sais pas où se trouve Drancy exactement. » Tendre et chargé d’émotion, ni un roman ni un récit, le texte intimiste est à la fois joyeux et fragmenté : « J’ai l’impression qu’il me manque des personnages, des noms, des lieux, des liens. »

Si c’est l’histoire d’une génération, c’est aussi le parcours d’une vie, celui d’Agnès Desarthe : « De mon point de vue, ils étaient au centre du monde (…) à mi-chemin entre l’immeuble où je suis né et le lycée que j’allais fréquenter. » Ainsi apparaît-elle, tissant avec dérision quelques remarques personnelles : «Souvent, je pense à ce que j’écrirais si j’écrivais et c’est bien mieux que ce que j’écris quand j’écris. »

Par petites touches, Agnès Desarthe compte le temps, s’inquiète de l’âge qui vient, jusqu’à grignoter l’appétit de vivre. Peut-être que les anciens du Château des Rentiers pourront inspirer les utopies d’aujourd’hui : « J’aimerais imaginer une communauté solidaire de personnes âgées vivant dans un lieu dédié », elle écrit. Vivez pleinement, restez debout… Comme un pied de nez à la vieillesse à venir… Peut-être. «Mais au lieu de cela, nous nous asseyons sur une chaise le matin, mettons nos mains sur nos genoux et ne faisons rien jusqu’à la tombée de la nuit. »

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