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Génocide au Rwanda : le procès d’un ancien médecin s’est ouvert à Paris

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Un sixième procès lié au génocide des Tutsi au Rwanda s’est ouvert en France : un ancien médecin rwandais, Sosthène Munyemana, accusé d’avoir participé aux massacres de 1994, a commencé à comparaître mardi devant la cour d’assises de Paris.

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Placé sous contrôle judiciaire, ce gynécologue à la retraite, âgé de 68 ans, est jugé pour génocide, crimes contre l’humanité, participation à un accord en vue de la préparation de ces crimes, ainsi que pour complicité, et risque une réclusion criminelle. pour la vie. Il conteste les faits.

Il s’agit de la plus ancienne affaire instruite en France, au nom de la compétence universelle de la justice française, sur des faits liés à ce génocide qui a fait plus de 800 000 morts entre avril et juillet 1994, selon l’ONU.

La première plainte contre Sosthène Munyemana, parti dans le sud-ouest de la France après les massacres de cette année-là, a été déposée à Bordeaux (sud-ouest) en 1995, débouchant sur l’ouverture d’une information judiciaire.

De longues enquêtes

La durée de l’enquête s’explique notamment par la « nécessité de mener des enquêtes à l’étranger », la « création de la cellule crimes contre l’humanité » du tribunal judiciaire de Paris en 2012 seulement, ainsi que le « blocage des relations institutionnelles entre la France ». et le Rwanda entre 2009 et 2012 », a détaillé le président de la cour d’assises, Marc Sommerer.

Le gynécologue, considéré comme une personnalité notable de la région de Butare (sud du Rwanda), est soupçonné d’avoir contribué à la rédaction d’une motion de soutien au gouvernement intérimaire mis en place après l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana, qui a encouragé les tueries. et dont le Premier Ministre, Jean Kambanda, était un de ses amis proches.

Il est également accusé d’avoir participé à un comité de crise ayant mis en place des barrières et des patrouilles au cours desquelles des personnes ont été arrêtées avant d’être tuées.

Enfin, il est accusé d’avoir détenu la clé du bureau du secteur de Tumba, où les Tutsi étaient enfermés, parfois pendant plusieurs jours et dans des « conditions indignes », selon l’accusation, avant d’être exécutés.

Sosthène Munyemana a soutenu tout au long de l’enquête que le bureau du secteur servait de « refuge » aux Tutsi qui cherchaient un lieu de protection.

« Nous souhaitons (…) qu’il soit reconnu que le docteur Munyemana non seulement n’a participé d’aucune façon au génocide, mais qu’il a lui-même été sérieusement menacé par les tueurs du génocide puisqu’il était un Hutu modéré », a déclaré aux journalistes Me Jean-Yves Dupeux, qui le défend avec Me Florence Bourg, lors d’une suspension d’audience.

Au total, plus d’une centaine de particuliers et huit associations se sont constitués parties civiles pour le procès et près de 70 témoins doivent être entendus.

Après que le président a lu son rapport sur les faits reprochés à l’accusé, ce dernier, vêtu d’une chemise rayée bleue et d’une veste grise, a indiqué qu’il « mettrait de l’ordre » dans certaines choses « au fur et à mesure ».

Ses avocats ont déploré le fait que certaines parties civiles témoigneraient au procès sans avoir été entendues au préalable lors de l’instruction.

« Inégalité des armes » ?

Ils ont dénoncé une « inégalité manifeste des armes » au détriment de la défense et exigé que des enquêtes soient menées sur ces témoins.

La cour d’assises a rejeté cette demande, qui avait été qualifiée par l’un des deux procureurs généraux de « purement dilatoire », ayant « pour seul but de refuser le débat judiciaire et de demander le report de ce procès ».

Arrivé en France où vivait déjà son épouse en septembre 1994, père de trois enfants, Sosthène Munyemana, gynécologue de formation, a travaillé comme médecin urgentiste dans le Sud-Ouest avant de se réorienter vers la gériatrie.

Visé par un mandat d’arrêt international émis par les autorités rwandaises, sa demande d’asile a été rejetée en 2008, mais la justice française a refusé en 2010 de l’extrader pour qu’il soit jugé dans son pays.

Six hommes ont déjà été condamnés en France pour leur participation au génocide, avec des peines allant de 14 ans de réclusion criminelle à la réclusion à perpétuité. Trois d’entre eux doivent encore être jugés en appel.

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