Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Nouvelles canadiennes

François, un attachement singulier aux territoires visités

[ad_1]

François, un attachement singulier aux territoires visités

François marquera indéniablement l’histoire de la papauté par son attachement singulier aux territoires qu’il a visités, choisis autant pour leur diversité que pour les représentations qu’ils portent. Comme pour ses prédécesseurs, le caractère universel de l’Église exige que le Pape accomplisse sa mission à une échelle véritablement planétaire. En dix ans de pontificat, François a effectué 44 voyages apostoliques à travers le monde. C’est déjà bien plus que les 25 voyages de Benoît XVI hors d’Italie. François est donc bien pape d’une Église mondiale. Mais, réflexion très novatrice dans l’histoire ecclésiale, le monde est aussi, pour François, la Terre.

Avec Laudato si’, le pape rappelle que le monde est avant tout une planète dont l’humanité doit se préoccuper dans une double dimension socio-écologique. Car, pour le chrétien, les dévastations écologiques sont une insulte à la Création, mais elles sont aussi une source d’injustice inacceptable puisqu’elles se révèlent à bien des égards très sélectives socialement en impactant les populations les plus fragiles dans les lieux les plus vulnérables. plus pauvre.

À cet égard, l’approche territoriale du pape est également très spécifique. En invitant à un décentrement des logiques spatiales de l’Église, François est le pape des périphéries territoriales (mais aussi sociales) –bien plus que des pôles de moteur électrique–, et, de surcroît, il est le pape du grand : celui des lieux et du local.

Ainsi, François invite régulièrement les fidèles à prendre en compte les territoires périphériques et il le fait lui-même. Le pape démontre, à travers ses choix territoriaux, que les périphéries ne sont pas de simples espaces en marge mais des territoires souvent négligés, voire ignorés, et dépendants des centres dominants. Les franchir revient donc à la fois à envoyer un message à la périphérie mais aussi aux centres qui le soumettent.

Apportant son soutien à la minorité catholique mongole, François profite également de sa visite à Oulan-Bator en septembre 2023 pour s’adresser indirectement aux puissances dominantes du pays, à savoir les puissances chinoise et russe – enjoignant à ces dernières de respecter les droits des États et en rappelant aux d’abord que l’Église ne constitue en aucun cas une menace politique pour Pékin.

L’attachement du Pape aux périphéries est aussi un discours de méthode afin d’établir les modes d’action de l’Église à travers un prisme résolument multiscalaire. L’action catholique part de la base autant que d’une approche théorique globale.

De plus, François a le don de créer de nouvelles territorialités, et notamment de transfigurer certaines « non-lieux » (concept notamment théorisé par les géographes Marc Augé et Michel Lussault) –ces lieux déshumanisés au cœur de la mondialisation– dans « hauts lieux » (analysé notamment par Bernard Debarbieux), porteur de sens et riche en symboles, de la parole évangélique.

En visite en Grèce en 2016, il atteint l’île de Lesbos pour rencontrer des migrants qui croupissent dans un camp de réfugiés aux frontières de l’Union européenne.

Par ailleurs, le camp de Lesbos concerne aussi une forme spatiale qui, pour le pape François, revêt une importance capitale : les interfaces – et toujours à grande échelle (celle du local). Parce que ces espaces de contact doivent incarner à la fois la promesse de l’universalité de la foi catholique et la capacité de l’Église à porter un message de paix et d’ouverture – et à lui donner vie.

A Marseille, François aimait rappeler qu’il ne venait pas en France mais dans une ville méditerranéenne cosmopolite prise dans sa dimension de carrefour migratoire et culturel. L’interface devient alors le lieu moins d’un prosélytisme religieux offensant que d’une évangélisation vécue et dont la traduction première doit être cette capacité du catholique à agir en privilégiant l’empathie et le dialogue.

Les territoires locaux sont en fin de compte pour le pape François une opportunité de vivre le message évangélique « par les actes et en vérité » (1 Jean 3, 18-24). Car c’est là, bien plus que dans l’abstraction d’un espace pris à l’échelle globale, que le chrétien confronte sa foi aux réalités du terrain.

[ad_2]
Fr1

Back to top button