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Nouvelles canadiennes

François, l’utopie d’une Église universelle au risque du schisme

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« A Marseille, mais pas en France » : La déclaration du pape François à propos de son voyage dans la cité phénicienne à l’occasion des Rencontres méditerranéennes a fait – comme on pouvait s’y attendre – faire grincer des dents. La réserve était néanmoins cohérente avec le parti, attesté par la liste des 44 voyages pontificaux hors d’Italie, d’accorder la priorité à ses visites dans des Églises éloignées du centre romain, en situation minoritaire et parfois précaire dans des pays multiconfessionnels ou dans des pays majoritairement non -Les pays chrétiens, plutôt que les Églises européennes « historiques ».

On connaît la considération de ce pape venu d’Amérique latine pour les communautés que ces Églises ont souvent tendance à considérer – malgré la répression dont elles sont elles-mêmes aujourd’hui soumises dans leurs propres sociétés – comme les marges d’une catholicité dont elles croient toujours être le centre. L’insistance sur la reconnaissance de la diversité des cultures ou la place qu’il accorde, lors de ses voyages, aux échanges interreligieux font, à cet égard, partie intégrante du plaidoyer inlassable de François pour une justice due à toutes les « périphéries » du monde social.

Pourtant, dans ce domaine, la métropole méditerranéenne avait de quoi l’attirer. Marseille, une ville cosmopolite, violente et conviviale à la fois, en prise avec la longue histoire des mouvements de population en Europe – et un rivage où aujourd’hui les pauvres arrachés à leurs terres et jetés sur les chemins de la migration par la violence des troupeaux du néolibéral l’ordre et la catastrophe climatique grandissante – apparaît comme un lieu d’écho naturel à l’appel à une prise en charge responsable et solidaire de la « maison commune », fil conducteur de sa prédication depuis l’encyclique Laudato si’.

Un espace de rêve pour incarner l’utopie

Allons plus loin : entre Nord et Sud, entre Est et Ouest, multiculturelle et multireligieuse, Marseille offre, à bien des égards, un espace de rêve pour affirmer une fois de plus le renouveau du rapport entre catholicisme et universalisme que le pape jésuite œuvre à réaliser. , théologiquement parlant, l’un des axes de son pontificat.

De ce point de vue, l’appel à honorer la pluralité culturelle et l’équité au sein même de l’Église va plus loin qu’un avertissement éthique adressé à la suffisance des « grandes Églises » occidentales ou qu’une recommandation pastorale d’ouverture à la diversité du monde : il participe dans une reconfiguration ecclésiologique majeure, qui place à l’horizon de l’accomplissement de l’Église, non pas l’englobement uniformisant de tous les peuples placés sous sa gouvernance « jusqu’aux extrémités de la terre », mais la réalisation dynamique, à inscrire concrètement dans l’histoire , d’une communion fraternelle réunissant ces peuples, dans leur diversité, en un seul Peuple.

La vocation universelle de l’Église

Expliqué dans l’encyclique Fratelli tutti, cette approche renouvelée de la vocation universelle de l’Église arrache la notion de « mission » à l’imaginaire de conquête ou de reconquête : elle la renvoie à une manière d’habiter le monde en vue d’un bien commun, indissociable de la dimension communautaire et spirituelle. réalisation promise par le christianisme. Le pape François lui-même est d’accord : l’avènement de ce « style chrétien » (1) qui nécessite « Penser et travailler comme des frères peut sembler une utopie irréalisable ».  » Nous préférons, il ajoute, croyez que c’est un rêve possible parce que c’est le rêve même de Dieu. Avec son aide, c’est un rêve qui peut commencer à se réaliser aussi dans ce monde” (2).

L’utopie rêvée a-t-elle une chance de devenir une utopie pratiquée, impliquant concrètement tous les laïcs, hommes et femmes ? La démarche synodale lancée par le Pape il y a deux ans, et qui entre aujourd’hui dans sa phase finale, va, en principe, dans cette direction. Une chose est sûre cependant : cette ecclésiologie de communion ne peut prendre forme que dans une forme de communalisation catholique diasporique, pluraliste et inclusive, qui contredit directement la logique cléricale, centralisatrice et impériale du système romain auquel l’institution s’identifie. .

Enterrement des réformes

Comme le Synode sur l’Amazonie en a fourni une démonstration éclairante avec l’enterrement de la réforme, pourtant limitée, des ministères exigée par la situation des communautés locales, l’inertie de ce système et la puissante organisation des forces hostiles à sa restauration. questions se combinent efficacement pour conjurer la moindre brèche susceptible de faire entrer du jeu dans cette logique. Placé sous la menace constante d’un schisme, le pape François semble souvent annuler les progrès qu’il avait initiés.

La sociologie a longtemps étudié ce destin fatal des utopies, prises entre l’hostilité extérieure qu’elles suscitent et l’avilissement auquel elles finissent par consentir. Il n’en reste pas moins qu’ils ont, tout au long de l’histoire, anticipé et préparé de nombreuses ruptures politiques, culturelles et religieuses majeures. Le sort de « pontificat utopique » de François n’est pas scellé.

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