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Nouvelles canadiennes

« Etre un héros n’est pas une instruction qu’on peut donner »

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Il est 12h20, devant un lycée parisien, dont le directeur souhaite qu’il ne soit pas identifiable, pour des raisons de sécurité. Ce bel établissement historique accueille 1 200 étudiants dans le Quartier Latin, dont plus de 700 élèves de prépa. A priori il ne faut donc pas le ranger dans la catégorie des lycées à risque, susceptibles d’accueillir les élèves les plus en difficulté dans le système scolaire ou les plus décrocheurs. Avec ses hauts murs infranchissables, elle semble imprenable.

Cependant, assurer votre sécurité est un défi. « Chaque établissement a ses faiblesses, résume le principal. A la campagne, certains ont des hectares de parc qu’il est impossible de sécuriser complètement, en ville on a des contraintes architecturales. »

Ici, c’est la porte unique qui concentre les inquiétudes. Il s’agit d’une haute porte en bois à deux vantaux datant tout droit du 19ème siècle. Chaque jour, à 8h20, 12h20, 13h20 et 16h20, 1 200 élèves le traversent dans un sens ou dans l’autre. Ce flux ininterrompu de 7h45 à 22h en semaine, du fait du rythme particulier des classes prépa, est alimenté par une configuration complexe : l’établissement est réparti sur deux bâtiments situés de part et d’autre d’un carrefour, ce qui oblige le les étudiants doivent constamment faire des allers-retours de l’un à l’autre.

L’équivalent d’un Airbus

« On transporte l’équivalent de passagers sur un Airbus, sans avoir autant d’espace que dans un aéroport ! « , résume le principal. Pour l’instant, le directeur adjoint se tient à la porte et vérifie la carte d’identité de chaque jeune. Chacun sait ce qu’il doit faire : les élèves, de bonne grâce, montrent ce sésame. Le directeur adjoint les contrôle. « Montrez-moi votre carte à l’endroit, s’il vous plaît, cela me fait gagner du temps », « Vous publierez une photo plus grande d’ici la rentrée, s’il vous plaît. » « C’est pas un peu vieux ? » « , constate-t-il, tandis qu’un jeune homme lui montre une photo d’identité de lui à 10 ans…

Pendant une demi-heure, il met en place un ballet bien pratiqué : alternativement une trentaine d’élèves sortent déjeuner puis une trentaine qui, à l’inverse, rentrent à la cantine. Le tout en prenant soin de ne pas bloquer la circulation dans la ruelle ni créer d’attroupement sur le trottoir, comme l’exige le plan Vigipirate.

« Les surveillants ne sont pas disponibles »

Officiellement, ce n’est pas le rôle du directeur ou de son adjoint d’assurer eux-mêmes ce contrôle. « Cependant, nous n’avons pas d’autre choix car nos deux surveillants ne sont pas disponibles. Ils sont à la cantine à ce moment-là. Le soir, ils assurent un soutien scolaire pour les élèves les plus en difficulté », raconte le proviseur qui a demandé au rectorat de recruter un surveillant supplémentaire. « C’est de l’aide humaine dont nous avons le plus besoin » il insiste.

Mais il a également demandé un « diagnostic de sécurité » à la région Île-de-France, compétente en matière de bâtiments. Parce que le lycée ne répond pas à certaines normes. « Avec Vigipirate, il faudrait fouiller les sacs de tous ceux qui entrent dans l’établissement, mais comment voulez-vous cela ? Cela prendrait beaucoup de temps et des files d’attente se formeraient sur les trottoirs, très exigus, voire dans la rue, ce qui bloquerait la circulation automobile. » Pour la même raison, il serait impossible d’installer des tourniquets ou des portails à l’entrée de cet établissement.

D’autres limitations sont également pointées : la loge de la conciergerie a une vue en partie obstruée sur la rue. C’est elle qui doit ouvrir aux visiteurs tout au long de la journée, mais elle ne peut compter que sur la caméra de vidéosurveillance qui filme en permanence le trottoir. Autre problème : les classes sont censées pouvoir être fermées de l’intérieur pour s’y barricader depuis 2015, mais elles n’ont jamais vu leurs serrures changées. « La région le sait mais cela coûterait très cher, car nous avons un grand nombre de classes », soupire le réalisateur.

« Former les gens à avoir les bons réflexes »

Alors comment rassurer les familles et le personnel ? « Mon rôle est de former au mieux les gens pour avoir les bons réflexes en cas de problème et de transmettre nos besoins à la région et au rectorat, mais je ne vois vraiment pas comment on pourrait transformer les établissements en bunkers. Je ne peux pas non plus demander au personnel de prendre des risques si un jour un problème survient. Être un héros n’est pas une instruction que je peux donner. »

Le matin même, ce type d’échange était au menu d’une réunion des directeurs d’Île-de-France autour de Valérie Pécresse. « On s’est tous dit que l’idée de la région Rhône-Alpes de s’équiper d’un logiciel de reconnaissance faciale aux abords de l’établissement était une fausse bonne idée, car l’agresseur pourrait très bien être un de nos étudiants. Et ce contrôle humain est resté le pivot de tout. »

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