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Nouvelles canadiennes

En Argentine, la tentation du populisme

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« Laissez-les tous partir ! » C’est avec ce vieux slogan populiste que Javier Milei s’est imposé sur le devant de la scène politique argentine pendant la pandémie. Économiste, ancien chanteur de rock, expert habitué des plateaux de télévision, cet homme de 52 ans a éclaté en dénonçant le confinement et « caste politique ». Elu député en 2021, il ne quitte plus la scène depuis. Au point d’être aujourd’hui bien placé pour prendre les rênes du pays, lors de l’élection présidentielle dont le premier tour se tient ce dimanche 22 octobre.

Adoubé par l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro, admirateur de Donald Trump, proche du mouvement d’extrême droite espagnol Vox, Javier Milei partage avec d’autres dirigeants populistes de la planète leur rejet de la classe politique traditionnelle. Mais son meilleur allié est la tragique répétition de l’Argentine, terre du sud habituée aux crises cycliques : comme en 2001, comme à la fin des années 1980, le pays est une nouvelle fois à bout de souffle, frappé de plein fouet par une inflation galopante. « Les prix changent si souvent qu’ils sont écrits à la craie sur des ardoises »témoigne Juliette Dumont, directrice du Centre franco-argentin d’études avancées en sciences sociales à l’Université de Buenos Aires. « Javier Milei est le candidat qui en a marre. » En septembre, les prix ont augmenté de 12,7 %, battant un record vieux de trente-deux ans. En un an, ils ont bondi de 138 %.

Cette valse des étiquettes met à mal le pouvoir d’achat et le moral de la population. Aujourd’hui, plus d’un habitant sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté. Dans ces conditions, le président sortant Alberto Fernández a décidé de ne pas se présenter, laissant sa place à son ministre de l’Économie Sergio Massa, sorti vainqueur des primaires de la coalition de centre-gauche au pouvoir. Les sondages lui donnent environ 30% d’intentions de vote, le plaçant au coude à coude avec Patricia Bullrich, qui porte les couleurs de la droite, mais derrière Javier Milei (33% des intentions de vote). «  ­Patricia Bullrich a été ministre de Mauricio Macri, le président conservateur au pouvoir de 2015 à 2019, elle représente la continuité, comme Sergio Massa », analyse David Copello, chercheur franco-argentin en sciences politiques à l’université CY Cergy Paris. « C’est Javier Milei qui apporte le changement.» Avec une arme symbolique de séduction massive : la tronçonneuse, tendue à bout de bras lors des réunions de démembrement de l’État, accusé d’être la cause de tous les maux du pays.

Javier Milei se démarque des nombreux autres populistes apparus ces dernières années en défendant une vision cohérente. « C’est un doctrinaire », résume David Copello. Cet économiste qui aime se définir comme un « anarcho-capitaliste » consacre une passion sans limite aux libertaires de l’école de Chicago. Ses chiens peuvent en témoigner : ils portent les prénoms de figures de cette école, à commencer par Milton, un hommage à Milton Friedman, inspirateur du modèle ultralibéral mis en œuvre au Chili sous la dictature d’Augusto Pinochet.

Car pour Javier Milei, la solution à tous les problèmes de l’Argentine, c’est le marché. Il promet de mettre fin à une multitude de ministères, à commencer par ceux de l’environnement, de la culture ou encore des droits des femmes, et de privatiser à tout prix. Avec lui, tout doit disparaître. Même le peso, monnaie nationale, que Javier Milei avait promis d’enterrer en cas de victoire, pour laisser la place au dollar. « C’est un discours qui séduit vraiment les jeunes, les travailleurs du secteur informel, qui voient l’Etat comme un obstacle », résume Juliette Dumont. Au fond, c’est une forme de révolution que Javier Milei propose aux électeurs en colère. Volontairement provocateur, les cheveux ébouriffés, le « lion », qui est son emblème, rêve de bouleverser l’Argentine. Pas sûr toutefois qu’elle laissera cela se produire.

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