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Nouvelles canadiennes

Elisapie, une voix inuit qui porte loin

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Elisapie, pour son nouvel album l’inuktitut, avait formé le projet d’offrir « un espace de joie, d’abandon ou d’exaltation ». Comment mieux définir le refuge qu’offre la musique quand ses harmonies mélodieuses apportent la sérénité ? La chanteuse originaire des régions arctiques du Canada remporte haut la main son pari en reprenant en inuktitut, sa langue maternelle, dix grandes chansons pop aux orchestrations complètement réinventées.

La voix des peuples autochtones sur la scène mondiale

La chanteuse, compositrice, actrice et militante née en 1977 a grandi à Salluit, un petit village du Nunavik, la région la plus septentrionale du Québec. Sa playlist réinventée n’a rien à voir avec une appropriation culturelle, mais veut faire entendre les hits anglo-saxons d’une toute autre manière. Elisapie adopte la démarche d’un auditeur prenant une chanson pour l’intégrer à son histoire personnelle et ainsi amplifier le son des silencieux.

« Au départ, je voulais juste faire un disque de reprises, léger et agréable, redécouverte des chansons qu’on écoutait quand on était jeune dans les années 1990, explique Élisapie. Je ne savais pas que j’avais autant besoin de ce disque. L’enregistrer m’a fait pleurer et m’a rendu heureux, car il exprime toute la beauté, la légèreté et la vulnérabilité des émotions du passé.”ajoute l’artiste qui chante depuis vingt ans de la musique folk authentique en anglais ou en français.

« Ces chansons, quand on les entendait, déjà dans nos têtes on les traduisait spontanément, comme on le faisait à Paris, ou ailleurs. Ils nous tiennent tellement à cœur. » confie-t-elle. Uummati Attanarsimatsa version de Coeur de verre de Blondie, résonnant, inspiré, empreint de douceur, a été salué par Debbie Harry, la chanteuse de Blondie, qui l’a diffusé sur les réseaux du groupe new wave américain. Même reconnaissance de la part de Lars Ulrich, batteur et membre fondateur de Metallica, qui a également relayé Isumagijunnaitaungituq, une version très percussive et vocale de L’Impardonné, grand succès du groupe de métal.

La mélancolie de Pink Floyd et des communautés inuites

La beauté formelle des dix chants deInuktitut naît d’un contraste saisissant. L’étrangeté d’un langage mélodieux dont une oreille non initiée ne peut saisir un seul mot se confronte à la familiarité de mélodies qui émergent d’orchestrations différentes mais toujours reconnaissables.

On y retrouve Cindy Lauper (À maintes reprises devenu Taimangalimaaq), Reine avec Qimatsilungaune version romancée de Je veux me libérer. Chevaux sauvages des Rolling Stones se transforment en Qimmijuat. Hé, ce n’est pas une façon de dire au revoir de Leonard Cohen devient Taimaa Qimatsiniungimat, comme une ballade proche de sa version originale.

En portant la voix des peuples autochtones sur la scène mondiale de la manière la plus pop, Elisapie s’affranchit des cases qui catégorisent trop souvent les artistes issus des peuples autochtones. « Je considère ma musique comme moderne et non traditionnelle. Pour nous, artistes autochtones, c’est rafraîchissant d’être écoutés sans être enfermés dans des cases, « art communautaire », « musiques du monde », etc. Ces chants familiers représentent tous un véritable espace protégé… et partagé ! »

Les souvenirs musicaux, un rituel de guérison

Le chanteur savoure le pouvoir fédérateur de la musique. « Depuis les années où j’étais travailleur social, j’ai toujours été entouré de gens prêts à faire avancer le dialogue. J’ai toujours été « foré » (« formé, préparé », en québécois) pour être une sorte de pont entre les mondes », souligne Elisapie. Explorer vos titres préférés s’accompagne d’une mélancolie palpable. De nombreux deuils s’expriment dans Qaisimalaurittuqreprise de J’aimerais que tu sois ici de Pink Floyd, au titre révélateur, Je souhaite que tu sois ici.

Aujourd’hui âgée d’une quarantaine d’années, Elisapie porte la mémoire de proches décédés prématurément, victimes du mal-être des communautés inuites, déracinées et acculturées depuis des siècles par le Canada. Sur la couverture de son dossier, illustré d’une myriade de photos de famille, elle évoque ses cousins ​​disparus, victimes d’accidents de la route, d’incendies, ou qui se sont suicidés. « Triste, mais aussi très doux », ces souvenirs vivent dans la mémoire d’Elisapie. Par la grâce des échos de sa voix, ils s’invitent à leur tour dans nos rêves comme dans un rituel de guérison.

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