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Nouvelles canadiennes

dormir moins, à quel prix ?

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Il serait faux de croire que notre ambiguïté concernant le sommeil, l’un de nos besoins fondamentaux comme l’alimentation, est une lubie du 21ème siècle. « Il est la consolation des peines de nos jours ou la douleur de leurs plaisirs, Gérard de Nerval écrivait déjà en 1855 dans Aurélie.

Souvent associé à l’enfance et vu comme un accessoire, le sommeil est encore moins populaire dans notre société amoureuse de performance. Rien ne semble plus enviable que ces petits dormeurs qui se contentent de 5 heures de sommeil, ayant donc plusieurs vies en une.

Réduire son temps de repos est devenu une forme moderne d’affirmation de sa liberté et nos contemporains ne s’en privent pas. « En une trentaine d’années, les adultes ont perdu une heure de sommeil par nuit et les adolescentsjusqu’à deux heures », explique Sylvie Royant-Parola, spécialiste du sommeil et présidente d’honneur du réseau Morphée, dédié à la prise en charge des troubles du sommeil.

Des besoins différents selon les individus

Selon les enquêtes annuelles réalisées par l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance) avec la MGEN (Fonds Général de Mutuelle de l’Education Nationale), la durée moyenne de sommeil des Français est tombée en dessous de 7 heures en 2019. Une tendance à la hausse en 2023 lors de la week-end, avec une réduction de 34 minutes en moyenne.

Trop court pour beaucoup d’entre nous. « Il faut en moyenne 7 à 8 heures de sommeil pour un adulte, avec des variations importantes des besoins selon les individus et leur âge. » rappelle Yvan Touitou, chronobiologiste, membre de l’Académie de médecine et président d’honneur de l’Académie de pharmacie. Certaines catégories de population sont plus touchées par ce déficit.

« Environ 30 % des 30-45 ans, pour qui le sommeil n’est qu’une variable d’ajustement face au travail, aux enfants et à la vie sociale, dorment 6 heures ou moins, ce qui est nettement insuffisant.Sylvie Royant-Parola s’alarme. Une autre tendance inquiétante qui dure depuis des années est la diminution du temps de sommeil des enfants, y compris des plus petits, qui se couchent de plus en plus tard, même s’ils ont besoin d’au moins 10 heures de sommeil jusqu’à l’âge de 10 ans. »

La nuit recule, le temps d’activité s’allonge

Dans toutes les régions du monde, des villes comme Dakar se targuent, comme New York, de ne jamais dormir. Mais le phénomène est probablement plus ancien en Occident. « Cette réduction du temps de sommeil remonte à l’usage généralisé de l’électricité dans les années 1920 avec l’émergence de la lumière artificielle dans les foyers.se souvient Didier Cugy, médecin du sommeil et membre de l’INSV. A cela s’ajoute l’arrivée de la radio, puis de la télévision, d’abord dans le salon, puis dans la chambre principale et les chambres d’enfants. Le phénomène s’est aggravé avec l’émergence des outils numériques individuels : ordinateurs, tablettes et téléphones portables. »

La durée du sommeil n’est pas la seule à subir les conséquences de ces évolutions. « Ils ont également modifié l’architecture du sommeilpoursuit Didier Cugy. Dans la littérature des XVe, XVIe et XVIIe siècles, elle est décrite comme organisée en deux parties, avec en pleine nuit une période d’éveil propice aux échanges appelée la dorveille. La continuité du sommeil tel que nous le vivons est probablement liée à la compression de son temps. » De ce sommeil, il ne reste aujourd’hui que des réveils nocturnes.

Aux causes classiques de réduction du temps de sommeil, comme la naissance d’un enfant, s’ajoutent des évolutions de la société qui valorisent de plus en plus la réduction de la nuit et l’allongement du temps d’activité, banalisant le travail de nuit et l’ouverture d’entreprises à des conditions atypiques. heures. Dans les grandes villes, les temps de transport sont plus longs, réduisant là encore le temps de repos.

Les écrans, ennemis du sommeil

En généralisant le télétravail, les confinements ont permis temporairement d’augmenter d’une demi-heure à une heure la durée du sommeil pour les personnes travaillant à domicile, tout en amenant les autres à adopter un rythme décalé. Depuis, le brouillage de la frontière entre vie privée et vie professionnelle, pénalisant le sommeil, tend à perdurer.

Evidemment, les spécialistes pointent du doigt l’évolution des comportements individuels face aux écrans. Captifs, leurs utilisateurs ne parviennent pas à les éloigner suffisamment tôt avant de se coucher – lorsqu’ils ne dorment pas avec leur smartphone allumé à côté d’eux, incapables de protéger leur chambre. « La lumière bleue des écrans ralentit la sécrétion de mélatonine, l’hormone qui facilite le sommeilprécise Yvan Touitou. L’utilisation des écrans (jeux, réseaux sociaux…) place les personnes dans une situation d’hypervigilance qui provoque davantage d’insomnies et d’endormissements, les plus courants. »

D’autres éléments a priori bien connus ne font pas bon ménage avec un sommeil réparateur : la consommation de stimulants (café et thé évidemment, mais aussi tabac et alcool qui favorisent les réveils), un dîner trop copieux, l’absence d’activité physique régulière mais aussi pratique sportive en fin de journée qui augmente la chaleur corporelle, ou encore l’irrégularité du lever et du coucher. Le stress, le bruit, une température trop élevée ou trop basse dans la pièce augmentent les troubles du sommeil, aggravés par des facteurs sociaux tels que des temps de trajet plus longs, plus de personnes dans la même pièce, etc.

De réelles conséquences sur la santé

Ne pas dormir suffisamment a cependant de réelles conséquences sur votre santé.  » Le sommeilpermet des processus de réparation à la fois physiques et psychologiques, mais qui ne sont pas répartis de manière homogène sur sa durée, souligne Didier Cugy. La récupération physique étant une priorité, la récupération mentale intervient en fin de nuit. Le manque de sommeil réduit la capacité d’adaptation psychologique en provoquant des problèmes de mémoire, en augmentant le stress, l’anxiété et la dépression. » Mais les corps subissent aussi le poids des nuits raccourcies. « Par les dérèglements endocriniens qu’il provoque, le manque de sommeil favorise également le diabète, l’hypercholestérolémie et l’hypertension. » complète Didier Cugy.

Des études ont également démontré le lien entre le déficit de sommeil et les cancers hormono-dépendants comme les cancers de la prostate et du sein (particulièrement favorisés par le travail de nuit), l’obésité, les maladies dégénératives de type Alzheimer, les maladies cardiovasculaires et plus largement une diminution des défenses immunitaires. « Des personnes privées d’une heure de sommeil pendant une semaine ont été exposées à un virus, rapporte Sylvie Royant-Parola.

Résultat de cette étude : « 70 % d’entre eux sont tombés malades, contre 20 à 30 % des personnes d’un groupe témoin non soumis à ces privations. » Les troubles de la vigilance ont enfin un impact sur les routes et les lieux de travail. «Le risque d’accident est multiplié par huit» indique Yvan Touitou. La somnolence au volant est l’une des principales causes d’accidents mortels sur autoroute.

Sensibiliser les enfants aux problèmes de sommeil

Or, pour les spécialistes, c’est chez les enfants et adolescents que les nuits courtes sont les plus problématiques. « Alors qu’ils sont dans une situation de construction physique et mentale, le manque de sommeil se traduit par de la fatigue, de la somnolence, de l’irritabilité, des difficultés de concentration et donc de mauvais résultats », énumère Yvan Touitou.

La dette de sommeil qui les pousse à dormir davantage le week-end a les effets pervers du décalage horaire social, en retardant leurs nuits et en rendant encore plus compliqués les réveils en début de semaine. poursuit le chronobiologiste, qui appelle l’école à se saisir du sujet.

Depuis 2020, Mémé Tonpyj, un programme pédagogique gratuit, est proposé aux enseignants pour sensibiliser les élèves du CP au CE2 aux problématiques du sommeil, mais seuls les établissements associatifs s’y reprennent. L’essentiel de cette éducation incombe donc aux parents. A condition qu’ils soient eux-mêmes convaincus de l’importance d’un sommeil régulier et suffisamment long…

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Six Français sur dix ont du mal à dormir

Les Français dorment 6 heures 58 minutes en moyenne par nuit, selon la dernière enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance, réalisée avec la mutuelle MGEN.

Pendant les week-ends et les jours fériés, le temps de sommeil est passé de 8h14 en 2019 à 7h40 en 2023, en raison d’un lever plus précoce les samedis et dimanches.

Près de 8 Français sur 10 se plaignent de difficultés, et 17 % déclarent souffrir d’un trouble du rythme veille/sommeil.

Une étude récente de l’Institut national d’études démographiques (INED) montre que la présence d’enfants n’a pas le même effet sur le sommeil des pères que sur celui des mères, qui diminue à mesure que le nombre d’enfants augmente.

Selon une étude publiée en 2017 par l’Inserm, 13% des 25-45 ans considèrent le sommeil comme une perte de temps.

Selon une étude réalisée par l’institut de sondage BVA en 2019, près des trois quarts des Français se déclarent dépendants des outils connectés.

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