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Santé

Deux ans après sa mise en service, le scanner révolutionnaire du Centre Cardio-Thoracique ouvre le champ des possibles

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Cette technologie de pointe contribue à faire de Monaco « le fleuron de la prise en charge et de la santé des patients. »

Le 16 décembre 2021, le Centre Cardiothoracique de Monaco a inauguré son nouveau scanner révolutionnaire, l’un des premiers scanners à comptage de photons au monde. Une technologie résolument innovante, qui a complètement bouleversé le parcours de soins des patients, et qui a renforcé la place occupée par la Principauté sur la scène sanitaire internationale.

Deux ans plus tard, les résultats sont plus que positifs car, comme nous l’explique le docteur Filippo Civaia, cardiologue au centre, cette technologie offre de nouvelles possibilités jusqu’alors insoupçonnées.

Après deux années d’utilisation du scanner à comptage de photons au Centre Cardio-Thoracique de Monaco, quel bilan faites-vous ?

C’est une vraie réussite ! Nous avons pu utiliser ce nouvel outil sur environ 8 000/9 000 patients en deux ans. La moitié est venue pour des explorations purement coronaires et l’autre moitié pour des raisons vasculaires, et dans les deux cas, les résultats ont été fortement positifs.

Déjà, du fait de la qualité de l’image, en termes de résolution spatiale et temporelle, ce qui était presque inattendu ! Nous avons pu atteindre un niveau de qualité d’image auquel je ne m’attendais pas lorsque nous avons reçu ce scanner.

Ensuite, en raison de la robustesse de cette technique, qui est très fiable. Dès le début, nous avons pu surmonter certaines limites des anciens systèmes et offrir de bien meilleurs diagnostics et de meilleurs soins à nos patients.

Centre Monaco-Cardio-Thoracique
Ce nouveau scanner permet un diagnostic non invasif – © CCM – Fitte

Nous avons ainsi pu modifier le parcours de traitement grâce à cette révolution technologique qui n’est pas seulement une amélioration d’une machine déjà existante. C’est une nouvelle machine qui a permis d’ouvrir les portes de l’exploration de la maladie coronarienne, de la nature de la plaque et de l’utilisation de certains algorithmes. C’est comme avoir un tout nouveau télescope qui nous offre une toute nouvelle vision de l’univers.

Aujourd’hui, nous explorons de nouveaux domaines, nous ne savons pas exactement ce que nous allons découvrir, il faudra attendre encore un peu pour le savoir.

Vous rappelez-nous l’un des grands avantages de cet appareil pour la prise en charge des maladies coronariennes ?

L’une des préoccupations majeures des cardiologues est la maladie coronarienne. Et maintenant, nous pouvons mieux caractériser les plaques que nous avons sur les coronaires. Tout le monde les développe naturellement en vieillissant, la plupart sont bénins. Mais d’autres sont à risque, et peuvent activer un processus inflammatoire, provoquer une thrombose ou dans les cas les plus catastrophiques, entraîner la mort du patient.

Avec cette machine, nous essayons de mieux caractériser les différentes plaques, d’identifier celles qui sont dangereuses.

Vos patients sont-ils également conscients de cette révolution ?

Bien entendu, les changements sont plus compliqués à percevoir pour les patients, car cela reste très technique et professionnel.

Pour le patient, cela reste un scanner, mais grâce à notre nouveau système, nous avons réduit le nombre de coronarographies diagnostiques invasives, qui impliquent une ponction artérielle et une hospitalisation, au profit de cette exploration coronarienne non invasive.

Attention, ce système ne remplace pas complètement la coronarographie diagnostique : ce sont deux outils complémentaires ! Mais dans un premier temps, on privilégie désormais le scanner à comptage de photons. Les cardiologues qui n’en sont pas équipés ont également été sensibilisés à la qualité de cet examen, et font de plus en plus appel à nous pour leurs patients.

De même, nous avons de plus en plus de demandes de suivi de la part de patients porteurs d’un stent coronaire. Jusqu’à présent, il était difficile de l’évaluer par scanner.

Autre avancée majeure pour les patients : les personnes âgées n’ont plus besoin de recourir à la coronarographie invasive, quel que soit le degré de calcification des plaques. Même chose pour les jeunes enfants.

Cette technologie pourrait-elle être utilisée d’une autre manière ?

Nous travaillons sur de futurs domaines d’application. Le Graal pour nous, cardiologues, serait de pouvoir créer, grâce à l’analyse spectrale, une sorte de cartographie de la plaque coronaire pour identifier les plaques tueuses.

Nous espérons des technologies améliorées en 2024, mais nous ne pouvons pas encore en dire plus !

Mais ce qui compte, c’est que les champs d’exploration se sont ouverts et j’espère qu’au moment de ma retraite, je verrai les résultats des recherches que nous menons aujourd’hui. Rappelons que ce nouveau scanner est le fruit d’un travail débuté il y a vingt ans !

Le 3 novembre, des experts du monde entier étaient à Monaco pour discuter de la pathologie des artères coronaires. Quel bilan tirez-vous de cette journée ?

Le bilan est encore une fois très positif ! Cette journée nous a permis d’interagir avec des experts d’Amérique du Nord, du Canada, d’Europe, d’Asie, du Moyen-Orient, etc. Nous avons pu réfléchir ensemble à la manière d’améliorer les pratiques diagnostiques et thérapeutiques. Ce n’est qu’en discutant ensemble que nous pourrons faire avancer les choses.

Par ailleurs, en médecine, tout progrès doit faire l’objet d’une réflexion collective. C’est la force du Centre Cardio-Thoracique : chaque matin, conformément aux projets visionnaires du Professeur Vincent Dor, nous organisons une réunion médicale, à laquelle participent tous les chirurgiens et tous les médecins, pour analyser un dossier.

Et justement, avec ce nouveau scanner, pensez-vous que le Centre Cardiothoracique de Monaco, et plus généralement la Principauté, sont des acteurs majeurs de la santé sur la scène internationale ?

Monaco nous permet d’avancer plus vite qu’ailleurs. Nous avons des opportunités de progrès et de progrès dans de nombreux domaines. Nos confrères du CHPG en bénéficient également. Nous sommes à l’avant-garde et restons toujours très vigilants et passionnés pour progresser et faire de Monaco le fleuron de la prise en charge des patients, et même de la santé !



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