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Nouvelles canadiennes

Des livres, des mots, des voix

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Des livres, des mots, des voix

« Lire, c’est vivre », proclamait dans les années 1980 un très beau programme littéraire de Pierre Dumayet et Robert Bober qui donnait la parole aux lecteurs ordinaires. En 2020, pendant le confinement, l’écrivaine et bibliothérapeute Régine Detambel a lancé une bouée sonore à destination des personnes isolées et en détresse de tous bords : patients âgés, adolescents anxieux, résidents de maisons de retraite. Des bénévoles les appellent deux fois par semaine pour leur lire à haute voix des passages de livres qu’ils aimeraient entendre. De ces échanges fertiles, aux résultats inattendus, elle tire les leçons dans un essai (1) qui plaide pour cette expérience intellectuelle, sensible, aux bénéfices réciproques de part et d’autre de la ligne. Il prolonge les vertus du conte du soir qu’attendent les enfants, ce rituel de l’endormissement dans le coton d’une voix proche.

Le rapport à l’enfance ne s’arrête pas là. Pour beaucoup, l’objet livre agit comme un doudou, un objet de transition incontournable, avec son odeur, sa chaleur, ses couleurs.

On ne lit pas de livres, on les vit, dit Régine Detambel. Les ouvrir, c’est pénétrer la mémoire de l’humanité, sa plénitude et sa fragilité. Marcel Proust considérait qu’il s’agissait  » la vie réelle « , celui qui nous révèle à nous-mêmes. Les textes littéraires, estime Régine Detambel, contiennent « nos existences alternatives, nos promesses de changement ».

Le pouvoir thérapeutique des livres n’est plus à démontrer. Sinon, pourquoi notre espèce passerait-elle autant de temps à inventer des romans, à se livrer à des fables et à des histoires pour raconter notre passage sur terre ? Lire un livre, notamment à voix haute, c’est aller au-delà du sens et s’engager dans une expérience sensorielle à travers le contact du papier, la respiration, la modulation de la voix qui résonne dans tout le corps. Pourquoi les poèmes nous fascinent-ils tant, sinon par leur rythme, leur son et leur manière d’ouvrir des mondes obscurs ?

Quelques minutes de lecture à voix haute valent une séance de relaxation et nous connectent à la communauté des vivants. Prendre un livre, l’ouvrir, le lire, guérit, guérit, assure Régine Detambel. Et la voix, par sa chaleur, son intimité, son émotion immédiatement perceptible, a des effets thérapeutiques indéniables. Autant de trésors dans cet objet de papier, dans ces pages de transmission, sur ces lignes où courent les mots qui vibrent si fort en nous, dans le silence de la conscience, où les personnages acquièrent en nous une présence si intense.

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