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Nouvelles canadiennes

des élections à l’ère de la désinformation

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Un nouveau gouvernement national populiste est sur le point d’être formé dans un pays de l’Union européenne. Cette fois, en Slovaquie, pays voisin de l’Ukraine, de la Pologne et de la Hongrie. Vainqueur des élections législatives du 30 septembre, le parti Smer-SD n’a obtenu que 23% des voix mais il est arrivé premier et devrait pouvoir créer une coalition.

Son président, Robert Fico, a déjà été deux fois chef du gouvernement, cumulant dix ans au pouvoir. En 2018, il avait dû démissionner face aux accusations de liens entre son parti et la mafia calabraise.

« Menace pour la démocratie »

Cette fois, il a été pris en flagrant délit pendant la campagne électorale. Il n’était pas le seul et la présidente de la République, la centriste Zuzana Caputova, s’en était émue avant les élections. Elle a condamné le « le recours à des émotions comme la colère, voire la haine, aux émotions négatives en général »depuis plusieurs semaines, notamment sur les réseaux sociaux. « Les médias sociaux sont un nouveau phénomène qui menace, dans une certaine mesure, la démocratie, et pas seulement en Europe centrale »elle a ajouté. « Et nous négligeons la question de leur régulation démocratique. »

Durant la campagne, Robert Fico a évoqué le risque de fraude électorale sans preuve – un procédé emprunté à l’ancien président américain Donald Trump. Il a décrit comme « fascistes » autorités de Kiev et ont approuvé le discours du Kremlin sur la guerre en Ukraine. Il a profité de la peur des migrants et a dénigré les minorités sexuelles LGBT. Les électeurs ont été inondés de messages de désinformation, provenant de sources nationales et étrangères, notamment de Russie. Les analystes ont désigné trois principaux coupables : le Smer-SD et deux autres partis nationalistes, la Republika et le Parti national slovaque.

Cette séquence électorale en Slovaquie a ainsi répliqué un modèle décrit en 2019 par le politologue Giuliano da Empoli, auteur d’un ouvrage essentiel pour comprendre l’articulation du populisme national et des réseaux sociaux : Les ingénieurs du chaos (1). L’auteur montre comment les partis extrémistes profitent bien plus que les acteurs politiques modérés de l’utilisation de plateformes numériques telles que Facebook ou YouTube et y déclenchent des manifestations. « épidémies de rage et de ressentiment ».

En effet, les algorithmes sont conçus pour retenir l’attention des utilisateurs le plus longtemps possible. Pour ce faire, les émotions négatives – indignation, peur, perception de préjudice, victimisation, insulte, polémique, etc. – sont les plus efficaces.

Additionnez la colère

Le thème de l’immigration apparaît souvent comme le plus prometteur. Mais toute colère est bonne à prendre et à décupler : ressentiment contre les élites, thème complotiste d’un gouvernement mondial secret, rejet de « Bruxelles »… La technologie du web permet de cibler individuellement les utilisateurs en temps réel en fonction de leurs craintes ou de leurs attentes. Les profiteurs du chaos n’ont pas besoin de travailler sur la cohérence de leurs discours : il leur suffit d’additionner tous les votes en colère et de les capter le jour du scrutin.

La défaite des centristes en Slovaquie peut bien entendu aussi s’expliquer par des raisons politiques. Mais la déstabilisation dont a été victime ce pays doit servir de signal d’alarme. Cette situation peut se reproduire partout, y compris en France.

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